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Projet d’EPR au Royaume-Uni: Pourquoi le gouvernement pousse-t-il autant EDF ?

20 minutes – 30 mars 2016 :

Le gouvernement a annoncé que la décision finale d’EDF concernant la construction de deux EPR en Angleterre serait prise début mai…

EDF réunit ce mercredi son conseil d’administration et la rencontre s’annonce électrique. Les administrateurs doivent discuter investissements alors que l’entreprise est au plus mal : en 2015, son bénéfice net a été divisé par trois, son endettement a pulvérisé des records et elle s’est même fait éjecter du CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris.

2016 ne commence pas mieux : Thomas Piquemal, le directeur financier du groupe,a claqué la porte début mars. Pour une raison simple : la santé d’EDF est, selon lui, trop fragile pour qu’elle se lance dans le projet d’Hinkley Point, c’est-à-dire dans la construction de deux réacteurs EPR en Angleterre. Piquemal aurait à tout le moins souhaité que l’Etat, qui détient près de 85 % d’EDF, renforce son soutien financier alors que ce chantier est évalué à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros).

« Ces EPR créeront des emplois en France »

Cet engagement lui paraissait d’autant plus légitime que l’exécutif pousse EDF à réaliser ce projet. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, ne cesse de vanter « la qualité de cet investissement », tout comme le président François Hollande.

Pourquoi une telle ferveur ? « Le gouvernement pense déjà aux retombées de ce futur contrat en termes de prestige et de communication : il pourra se targuer de pérenniser la filière électronucléaire française en lui trouvant de nouveaux débouchés à l’export », répond Eric Bonnel, directeur associé du groupe de conseil en stratégie Square. « Même si ces EPR seront construits en Angleterre, ils créeront des emplois en France », renchérit François Lévêque, professeur d’économie à Mines ParisTech et auteur de Nucléaire On/Off – Analyse économique d’un pari (éditions Dunod).

Pour Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières à l’Université Paris Dauphine, « le projet britannique est celui qui est censé rétablir la crédibilité de l’EPR alors que ce type de réacteur a été mis à mal par les chantiers de Flamanville et de Finlande ».

Mais l’expert prévient : « L’État doit bien apprécier le risque qu’EDF se trouve déstabilisé par ce projet et garder à l’esprit que nous ne sommes plus au XXe siècle : les Etats européens disposent d’une capacité limitée à soutenir leurs champions nationaux face à des difficultés sérieuses. »

Pour l’instant, si le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait recapitaliser EDF, il a pris un seul engagement véritable, celui de percevoir ses dividendes 2015 sous forme d’actions plutôt qu’en cash. Ce qui est loin d’être suffisant d’après Eric Bonnel : « Il faut voir à quel point l’Etat pompe habituellement les dividendes d’EDF – même les fonds d’investissement n’en prélèveraient pas autant ! Le gouvernement met vraiment l’entreprise en péril, d’autant plus qu’il l’empêche d’augmenter ses tarifs réglementés ».

Et si le projet coulait EDF ?

Dans ces conditions, EDF devrait-elle renoncer au projet d’Hinkley Point ? « Si elle construit ces EPR en respectant le calendrier et le budget, l’investissement sera rentable puisque les Anglais se sont engagés à acheter l’électricité produite au même prix pendant 35 ans, et ceci même lorsque le prix sur la bourse de l’électricité serait deux ou trois fois inférieur », répond François Lévêque. Mais « si le chantier prend deux ou trois ans de retard, la rentabilité sera tuée », complète Eric Bonnel.

Le passé est pour l’instant peu éclairant : seuls trois projets d’EPR ont été menés dans le monde. « A Flamanville et en Finlande, les délais et les coûts ont été explosés, mais pas en Chine », résume Eric Bonnel, avant d’ajouter : « En Angleterre, EDF est censée installer 1.600 MWh en 72 mois. Le délai est court, mais souvenons-nous du réacteur de 1.200 MWh que l’entreprise était parvenue à construire en 48 mois seulement. Le problème, c’est que c’était en 1990 et qu’une génération de salariés est depuis partie à la retraite… EDF a perdu en compétences ».

Et les investisseurs doutent. EDF a réussi à convaincre un seul partenaire – le Chinois CGN – et elle se retrouve à devoir financer seule les deux tiers du projet. Les syndicats s’inquiètent : et si le projet d’Hinkley Point finissait par tuer EDF comme les EPR finlandais ont eu la peau d’Areva ?

Les experts plaident pour un statut quo d’au moins six mois, le temps de retravailler le financement et de laisser passer le référendum britannique sur le « Brexit », prévu le 23 juin. « Si le Royaume-Uni venait à sortir de l’UE et à dévaluer sa monnaie, le projet se transformerait en gouffre financier pour EDF », avertit Eric Bonnel.

Mais du temps, EDF n’en aura pas : le projet d’Hinkley Point est au menu du conseil d’administration de ce mercredi et le gouvernement assure que la décision finale sera prise début mai. « J’ai l’impression qu’il veut aller vite pour avoir une belle publicité à nous vendre avant la présidentielle », se désole Eric Bonnel.

— Céline Boff

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Le rapport de la Cour des comptes sur La Poste annonce-t-il la fin du métier des facteurs tel que nous le connaissons ?

La Cour des Comptes, dans un rapport publié mercredi 10 février 2016, épingle, entre autres, le groupe La Poste et plus particulièrement son modèle de distribution du courrier et son centre de coûts fixes que représentent ses facteurs.

Les Sages de la rue Cambon, gardiens des finances publiques (l’Etat détient trois-quarts du capital de La Poste, le reste étant détenu par la Caisse des Dépôts) pointent du doigt, en filigrane, les pertes opérationnelles grandissantes à venir de son activité de distribution de courrier.

Si le rapport pointe de nombreux axes d’amélioration dans le circuit de distribution, comme l’inadéquation de l’organisation de la journée de travail de ses facteurs par rapport aux attentes de ses clients (distribution en dehors des heures ouvrées), ce dernier aurait également pu citer explicitement les mutations fondamentales auxquelles le Groupe est confronté : la croissance exponentielle du commerce en ligne dans un univers de distribution très fortement concurrentiel et la désintermédiation humaine, à moyen-terme, de la livraison des produits entre les fournisseurs et leurs clients, principalement en milieu résidentiel péri-urbain et rural, au profit de la dronisation, avec le projet ambitieux de sa filiale GeoPost.

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Transaction pénale : la corruption se paie

Les Echos – 22 mars 2016 :

La loi « Sapin » qui sera présentée en Conseil des ministres le 30 mars prochain annonce une innovation dans le droit pénal des affaires : les faits de corruption commis par les entreprises pourront se régler par une transaction alignée sur le chiffre d’affaires.

La perspective d’un procès pour corruption mené contre une entreprise va devenir théorique. Mais les bons comptes ne feront pas forcément les bons amis : l’entreprise fautive devra intégrer un surveillant externe.

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Michelin ou l’exemple d’une diversification moderne

L’argus – 21 mars 2016 :

Abandon progressif de l’activité poids lourd, déploiement massif sur la Toile… Adrien Aubert, senior manager chez Vertuo Conseil, décrypte la stratégie adoptée par Michelin au cours des derniers mois.

Le fabricant français de pneumatiques Michelin a annoncé une réorganisation de ses activités dans son berceau historique de Clermont-Ferrand, qui va provoquer la fermeture de l’atelier de rechapage poids lourds d’ici fin 2017. Au total, 494 postes (sans départs contraints) vont être supprimés. Cette restructuration survient quelques mois après avoir l’annonce de la fermeture des usines de Fossano (Semi finis) et de Pneu Laurent (Rechapage Poids Lourd), filiale basée à Oranienburg en Allemagne, en fin d’année 2016, tandis que les activités du site de Ballymena (poids lourd), au Royaume-Uni, cesseront en 2018.

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Transformation digitale de la banque privée, une nécessité et de multiples opportunités

La transformation digitale bouleverse largement les banques de détail, mais le phénomène ne semble pas percoler vers les Banques Privées.

Pour beaucoup la Banque Privée reste pour longtemps encore un domaine où l’importance du rendez-vous avec le conseiller financier allié à l’âge moyen respectable des clients préserve durablement de toute irruption de smartphones, réseaux sociaux et autres « disruption ».

Si la pratique démontre que le modèle traditionnel est encore dominant, surtout en Europe, l’analyse des usages et les évolutions sociétales démontrent cependant que la nécessité de repenser en profondeur le modèle se fait de plus en plus nécessaire, voire pressante.

L’impératif de transformation digitale pour la Banque Privée n’est pas fondé sur un effet de mode ou sur un quelconque mimétisme avec la banque de détail ; Pour la Banque Privée, la transformation digitale est une évolution nécessaire pour proposer une offre de offre de produits et services qui reste en adéquation avec les changements du cadre législatif, l’apparition de nouveaux concurrents et qui soit surtout aligné avec les attentes des clients et les usages induits par l’évolution des technologies et le glissement démographique.

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Par Geoffrey Laloux, Senior Consultant du cabinet Initio Brussels

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Renault, l’éternel phénix

La Tribune – 25 février 2016 :

Victime de l’Etat actionnaire ? Victime de ses syndicats ? Renault serait en réalité victime d’une ambition inconstante. En effet, après une année 2015 marquée par des échanges houleux entre l’Etat, son partenaire nippon et le reste de sa structure actionnariale, l’année 2016 démarre fort mal pour la marque au losange, dont l’une des stars des ventes européennes, le Captur, trahit une politique d’investissements techniques minimalistes.