Il eut été logique de penser que les rapports entre ces grandes entreprises françaises, fleurons industriels internationaux, et ces petites pépites championnes de l’innovation étaient clairement définis. Les grands groupes sous-traitent l’innovation aux dites startups, et dans certains cas, elles les internalisent directement via un rachat.

Seulement, la réalité n’a jamais été aussi simple pour tout le monde et nous verrons qu’aujourd’hui les rapports ont tendance à s’améliorer dans le temps bien que le rapport ne soit pas équitable.

Des échanges parfois difficiles

Dans un premier temps, la problématique était souvent liée aux différences de process. Les délais de traitement ne sont pas les mêmes dans une tour de la Défense que dans une petite entreprise où tous les collaborateurs travaillent (voire vivent) dans la même pièce.

Concrètement, les délais de paiement des services achats qui glissent sont une catastrophe pour la trésorerie des startups et ont causé plus d’une fermeture de startup.

L’autre problématique est plus marginale mais tout autant gênante : certains grands groupes ‘s’inspirent’ beaucoup trop de startups. Il suffit d’interroger un moteur de recherche pour trouver les témoignages de fondateurs qui ont fait les frais d’une concurrence déloyale de la part d’institutions privées ou publiques ayant proposé un service ou produit similaire.

Des relations qui se rationalisent et s’améliorent

Depuis quelques années, nous constatons une nette amélioration des relations et les échanges se multiplient, et plus important encore, leur nature se diversifie.

D’un point de vue commercial, une rationalisation des accords est en train de s’opérer. Les deux parties sont conscientes de l’avantage d’une telle collaboration : le grand groupe peut proposer un nouveau service (en interne comme en externe) et pour la startup, [étant donné la taille de la commande provenant du groupe], cette manne financière est équivalente à une levée de fonds. Et puis, pour une startup, ça ne fait jamais de mal d’accrocher le logo d’une boîte du CAC 40 sur sa page de référence clients…

La startup Setkeeper (qui développe un outil de gestion de projet spécialisé pour les professionnels du cinéma) compte parmi ses premiers clients EDF et la SNCF. EDF utilise la plateforme de gestion de pré-production en interne pour la réalisation de ses films institutionnels. La SNCF, quant à elle, propose aux sociétés de production clientes de Setkeeper ses gares comme lieux de tournage. SNCF est donc devenue un véritable partenaire de Setkeeper. Ce genre d’accord est gagnant pour les deux parties et auraient été difficilement envisageable il y a quelques années sans cette confiance entre cadres des grands groupes et entrepreneurs.

De nouveaux types d’échanges apparaissent

Concernant la problématique des process, c’est aux deux parties de sécuriser la trésorerie.
Un autre type d’échange est aussi en train d’émerger : le transfert de connaissances. Par nature, certaines startups sont à la pointe d’une technologie, souvent parce qu’elles l’ont développées elles-mêmes. De plus en plus de grands groupes vont à la rencontre des ces ingénieurs entrepreneurs pour échanger sur un sujet pointu. C’est le cas de la startup Smiirl qui développe un boitier connecté qui comptabilise les fans Facebook pour les commerçants retails. Spécialiste des problématiques liées aux objets connectées, le CTO de Smiirl, Romain Cochet est allé échanger de manière informelle avec les ingénieurs d’Orange qui travaillent évidemment sur des problématiques similaires mais à des fins différentes. En échange de quoi, Smiirl a pu bénéficier des conseils et du carnet d’adresse d’Orange lorsqu’ils cherchaient une usine en Asie.

Un dernier type de transfert est aussi en train d’émerger, il concerne le domaine du management. Depuis quelques années, on peut lire sur des offres d’emploi ces deux mots ‘Ambiance Startup’ comme s’ils étaient le graal des cadres salariés. Bien qu’il ne soit pas impossible d’insuffler agilité et décontraction à son organigramme multi-strates, il est peu probable que l’ambiance corporate d’un grand groupe soit aussi « cool et détendue » que dans les startups. Mais ces échanges ont un impact bénéfique sur les deux parties. D’une part, le management des grands groupes gagne en souplesse, et à l’inverse, les startups se structurent plus facilement au contact des grands groupes.

Les Incubateurs se multiplient et facilitent les échanges

Enfin, des rapprochements sont également effectués via les structures d’accélération et les incubateurs.

Historiquement, les incubateurs étaient justement créés par des grands groupes qui mettaient une partie de leurs locaux et de leur moyens à disposition d’une ou plusieurs jeunes entreprises évoluant dans le même secteur d’activité. Mais de nouvelles structures ex-nihilo sont apparues et sont ouvertes à tous les secteurs d’activités.

Paris a lancé le programme ‘Paris Incubateur’ et a aménagé plusieurs espaces dans Paris où des immeubles accueillent plusieurs startups.

Il y a, par exemple, un incubateur pour les startups innovant dans le secteur de la santé et de la médecine dans le quinzième, un autre à Nation accompagne les jeunes pousses évoluant dans l’industrie de l’innovation Internet.

Le modèle de l’incubateur lié à un groupe a donc évolué. L’exemple idéal est l’incubateur de Neuilly Nouveaux Média. Initié en 2006 par Jean Christophe Fromantin, cet incubateur est porté par un ensemble de grands groupes dont chacun hébergent une startup gracieusement pendant 23 mois.

Cet échange est gagnant-gagnant pour les groupes et les startups. D’une part les dirigeants et les salariés sont au contact d’une startup et la voient évoluer jours après jours. Jérôme Boucheron, PDG du groupe de conseil Square et Président de l’incubateur avoue que son équipe et lui se prennent une claque dès qu’ils voient l’approche innovante et pragmatique ainsi que l’agilité de ces jeunes.

De l’autre côté, les entrepreneurs, en plus de bénéficier des échanges avec les salariés ainsi que du carnet d’adresse d’un grand groupe, sont aussi ravis de disposer d’un cadre de travail aussi prestigieux. Organiser une rencontre avec un client est beaucoup plus simple dans de telles conditions. L’autre avantage, tout aussi évident, est le transfert de compétences. Benjamin Zenou, Fondateur de Simplifield, incubé chez Neuilly Nouveaux Média, explique qu’il a reçu de précieux conseils stratégiques de la part des cadres de Square notamment lors de ses premiers recrutements.

Un autre type d’échange est aussi en train d’émerger : le transfert de connaissances. Par nature, certaines startups sont à la pointe d’une technologie, souvent parce qu’elles l’ont développées elles-mêmes. De plus en plus de grands groupes vont à la rencontre des ces ingénieurs entrepreneurs pour échanger sur un sujet pointu. C’est le cas de la startup Smiirl qui développe un boitier connecté qui comptabilise les fans Facebook pour les commerçants retails. Spécialiste des problématiques liées aux objets connectées, le CTO de Smiirl, Romain Cochet est allé échanger de manière informelle avec les ingénieurs d’Orange qui travaillent évidemment sur des problématiques similaires mais à des fins différentes. En échange de quoi, Smiirl a pu bénéficier des conseils et du carnet d’adresse d’Orange lorsqu’ils cherchaient une usine en Asie.

Un dernier type de transfert est aussi en train d’émerger, il concerne le domaine du management. Depuis quelques années, on peut lire sur des offres d’emploi ces deux mots ‘Ambiance Startup’ comme s’ils étaient le graal des cadres salariés. Bien qu’il ne soit pas impossible d’insuffler agilité et décontraction à son organigramme multi-strates, il est peu probable que l’ambiance corporate d’un grand groupe soit aussi « cool et détendue » que dans les startups. Mais ces échanges ont un impact bénéfique sur les deux parties. D’une part, le management des grands groupes gagne en souplesse, et à l’inverse, les startups se structurent plus facilement au contact des grands groupes.

Et demain ?

Finalement, il y aura toujours des grands groupes et des startups et il y aura toujours des échanges dont certains ne se dérouleront pas au mieux. Mais il y a un statut qui émerge depuis quelques années qui réconcilie les grands groupes avec la philosophie des startups.

Il s’agit de l’intrapreneuriat. Le concept sur le papier est simple : une entreprise crée en son sein une seconde entreprise en nommant à sa tête un des ses employés. Ce détail juridique a, en fait, un véritable impact sur le projet et les Hommes qui le portent. Un des meilleurs exemple est LeBonCoin qui a été co-fondé par Olivier Aizac à l’initiative de Spir Communication (Groupe Sud Ouest) et Schibsted (une entreprise de petites annonces Norvégienne).

Avec cette nouvelle génération de jeunes diplômés qui rencontrent des difficultés sur le marché du travail, et qui fait preuve d’un grand intérêt pour la création d’entreprise, la mise en place d’une bourse financée à la fois par l’état et l’entreprise accueillante est beaucoup plus pertinente que cette “Aide à la Recherche du Premier Emploi” récemment annoncée par le gouvernement. Officiellement elle est censée aider en attente du premier job ; elle ne semble, au final, n’être qu’un chômage avant l’heure.

Si on considère qu’une startup créé 12 emplois en moyenne, même si ce chiffre semble légèrement optimiste, cette solution est tout de suite plus prometteuse pour inverser la fameuse courbe du chômage !

Par Corentin Allard consultant senior du cabinet ADWAY

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