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L’Afrique, prochain Eden des investisseurs ?

Les Echos – 28 octobre 2016 :

La complexité des produits financiers, la régularité des crises financières et la sur-réaction des marchés ont fini par rendre complexes les métiers de l’investissement. La limitation des marges de manœuvre induite a entraîné les investisseurs à chercher de nouvelles opportunités. Parmi elles, le continent africain qui initie depuis peu une dynamique d’investissement grâce à ses atouts encore mal connus.

Alors, l’Afrique parviendra-t-elle à tirer son épingle du jeu et se positionner comme le nouvel Eden des investisseurs ?

L’Afrique comme marché frontière

L’Afrique comme marché frontière c’est-à-dire comme futur marché émergent est déjà une réalité. Les marchés frontières sont des zones géographiques dotées de croissance, avec des places financières établies, mais caractérisées par des capitalisations et une liquidité faibles.

Alors que le FMI prévoit pour 2017 une croissance de 4 % en Afrique subsaharienne et de 3,3 % en Afrique du Nord, les prévisions en Occident peinent à atteindre ces niveaux. On attend 1,9 % en Europe et 2,6 % aux États-Unis. En 2060, l’Afrique totalisera 2,8 Mds d’habitants pour 10 Mds à l’échelle mondiale. Certains groupes ont déjà intégré cette croissance démographique et le pouvoir d’achat qui en découlera. En 2015, Burger King, Heineken ou la Fnac ont fait le choix de l’Afrique de l’Ouest.

On compte 26 bourses sur le continent. Les principales (hors Afrique du Sud) sont celles de Casablanca (Maroc) et de Lagos (Nigéria). Les performances de leurs indices sont élevées : 17,47 % (Nigéria), 71,76 % (Égypte), 26,23 % (Ghana). Sur la même période en 2014, le Dow Jones et le CAC affichaient 9,21 % et 0,34 %.

Les sommes levées progressent de 6 Mds $ en 2013 à 12,7 Mds $ en 2015, mais restent inférieures aux niveaux observés en Occident (93 Mds EUR sur Euronext en 2014). Mais le potentiel d’évolution est grand grâce à l’accroissement des besoins de financement induits par la croissance record.

L’émergence de pôles régionaux

Le rapprochement de plusieurs bourses comme celles de Casablanca (484 Mds$ de capitalisation) et de Maurice en 2014 ainsi que la création de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRMV : 11,394 Mds $) regroupant les pays de l’UEMOA illustre la volonté de créer des pôles financiers compétitifs. Citons le Nigéria (82.813 Mds $), le Ghana, le Kenya ou l’Égypte comme les pôles dominants du continent. Contrairement aux bourses occidentales, peu de sociétés sont cotées et ce sont de grands groupes qui détiennent une part importante de la capitalisation des bourses.

Pour se financer, les sociétés non cotées passent par ces grands groupes. L’exemple le plus parlant est celui de Dangote Industrie qui détient plus d’un tiers de la capitalisation boursière de la bourse de Lagos. Malgré leur statut de marché frontière, des acteurs financiers occidentaux sont prêts à y investir, à la recherche de rendement. Ainsi, l’attractivité des pôles est double et se traduit par le développement des places financières et des investissements de type private equity.

L’attractivité des pôles

En 2015, 290 fusions / acquisitions ont été comptabilisées. Les secteurs privilégiés étant des secteurs défensifs : services financiers, ressources naturelles, biens de consommation, industrie et Technologie Media Telecom (TMT). Dernièrement, Orange a acquis l’opérateur mobile Tigo (un des principaux opérateurs télécom en Afrique de l’Ouest).

La société française a aussi pris une participation dans Africa Internet Group à hauteur de 75 MEUR. Autres groupes français concernés, VINCI Construction Grand Projet et Bouygues Travaux Publics, qui ont remporté via un consortium avec deux sociétés égyptiennes la construction d’une ligne de métro au Caire, contrat de 1,1 Md EUR.

Les célèbres fonds de private equity américains comme Blackstone, KKR et Carlyle ont dès 2014 pris part à l’engouement en investissant des sommes colossales dans plusieurs pays. Récemment, la banque d’affaires Lazard a ouvert un département de conseil financier dédié à l’Afrique subsaharienne. Sachant que la Banque Mondiale a établi que d’ici 2020, les besoins en financement d’infrastructures de l’économie atteindront 90 Mds $/an, l’investissement suivra une hausse durable.

En Eden en sommeil

Les places financières deviennent attractives elles aussi. En 2013, en Europe, 3 Mds EUR d’encours étaient investis dans les marchés frontières. La décorrélation des places africaines par rapport aux places occidentales et asiatiques est un atout pour la diversification des portefeuilles. Les produits financiers proposés par les bourses sont moins sophistiqués que sur les places occidentales, limitant ainsi les risques de spéculation et de contagion à l’économie réelle.

En Europe et aux États-Unis, l’économie financière a pris le dessus sur l’économie réelle, et avec elle un risque de contagion élevé en cas de crise. Les assets managers commencent à proposer à leurs clients des investissements sur les valeurs africaines via des ETF sur le MSCI Frontier Market. En ce sens, l’Égypte fait figure de leader avec 75 fonds de placement en bourse.

Malgré tout, plusieurs ombres persistent : les pôles financiers africains sont pénalisés par le manque d’investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnie d’assurance). Le nombre de transactions comptabilisées même s’il est en augmentation reste faible, et crée un manque de liquidité dissuasif. Handicaps récurrents : le manque de stabilité politique, les difficultés de l’application du droit et la corruption freinent la volonté d’investir.

En somme, les facteurs et les indicateurs du développement sont visibles et donnent des signaux positifs même si des obstacles demeurent. Il faut que le développement via un renforcement de l’économie ait un effet stabilisateur sur les politiques. Peut-être contribuera-t-il prochainement à l’instauration d’un cadre légal uniformisé ? Ces étapes sont nécessaires afin que l’Afrique renforce son attrait et s’érige enfin en tant qu’Eden des investisseurs.

Par Amandine Boulay consultante senior du cabinet ADWAY

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Malgré l’accord, le Ceta est un échec démocratique pour l’Europe

Les Echos – 27 octobre 2016 :

La Wallonie a longtemps refusé le Ceta. Cela illustre à quel point l’UE peine à négocier des accords commerciaux correspondant aux attentes de ses populations.

C’est presque fait, et ce fut difficile. Une position commune de la Belgique sur le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta) a été arrêtée, ce qui pourrait permettre sa signature prochaine , a affirmé ce jeudi 27 octobre le Premier ministre belge, Charles Michel. La Wallonie, une région belge, avait opposé son veto à un accord sur le Ceta.

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Signature électronique : une avancée juridique mais une confiance à bâtir

Le Journal du Net – 27 octobre 2016 :

Avec l’entrée en vigueur du règlement eIDAS, pour « electronic Identification, Authentification and trust Services » en juillet dernier, la signature électronique a vécu une véritable révolution.

Une avancée avant tout juridique

Ce règlement harmonise le statut juridique de la signature électronique entre les Etats membres de l’Union européenne et établit une liste de Prestataires de Service de Confiance (PSCo) qui se doivent de garantir l’authenticité de la signature électronique.

Reconnue depuis 2004 comme ayant la même valeur juridique qu’une signature manuelle, la signature électronique en elle-même, est un processus plus sécurisé que la signature manuelle. Il est en effet possible de détecter systématiquement toute modification à posteriori d’un document signé électroniquement, chose qu’il est difficile de prouver dès lors qu’il s’agit d’un document physique.

Cependant la grande clé de la confiance réside dans l’authentification du signataire. Cela est particulièrement vrai dans le cadre d’une signature électronique à distance, opération durant laquelle une des parties signataire ne peut être identifiée en « face à face » par une personne habilitée à attester de sa véritable identité.

La signature électronique à distance, un levier considérable pour les organisations

La signature électronique, qui représente un réel levier pour la digitalisation des entreprises est un enjeu de taille pour des secteurs tels que les banques ou assurances. Ces industries sont en effet de plus en plus confrontées à des nouveaux compétiteurs utilisant des processus dématérialisés de souscription à distance.
L’utilisation de signature électronique à distance devient, d’un point de vue commercial, la clé de voûte juridique des processus de souscription ou de contractualisation à distance. Par exemple, tandis qu’il faudrait imprimer, signer, scanner et renvoyer un document dans le cadre d’une signature manuelle, ce qui retarderait la finalisation d’une transaction ou l’obtention d’un service de plusieurs semaines, la signature électronique permet de réduire ces délais à quelques minutes, voire secondes, en créant un réel argument commercial pour des industries de plus en plus souvent soucieuses d’améliorer l’Expérience Client.

Au-delà de l’Expérience Client, la sécurité

Il est peu probable cependant que l’argument de l’Expérience Client l’emporte sur celui de la sécurité en matière de souscription ou de contractualisation à distance car, même si la signature électronique est réputée plus fiable et sécurisée que la signature manuelle, les méthodes d’authentification à distance restent le principal élément permettant la confiance des utilisateurs.

Face à ce défi, les méthodes d’authentification ne cessent d’évoluer avec l’arrivée de nouvelles technologies. Si la vérification des empreintes digitales ou de l’iris semblent presque d’un usage commun, il faut désormais compter sur une multitude de nouveaux moyens permettant l’identification d’une personne à distance. La biométrie joue bien évidemment un rôle central dans ces nouvelles solutions. Il est désormais possible d’identifier une personne par son empreinte vocale ou par la signature de son rythme cardiaque mais également par la reconnaissance du réseau veineux de sa main. Certaines sociétés telles Mastercard ou Amazon se penchent d’ores et déjà sur des solutions permettant la validation d’une transaction par l’envoi d’un selfie permettant d’assurer l’identité d’une personne à distance.

Des risques liés à l’utilisation de la biométrie comme moyen d’authentification

Ces technologies, bien que sophistiquées ne sont pas à l’épreuve des fraudeurs ou hackers et il faut noter que si ces informations biométriques sont dérobées, elles ne peuvent pas être modifiées, ce qui complexifie la mise en échec d’une usurpation d’identité.

Potentiellement, chaque objet que nous touchons porte nos empreintes digitales et une voix peut être enregistrée à chaque conversation, que cela soit dans un espace public ou même dans une sphère privée via le piratage des appareils équipés de micros.

Il est probable que ces données biométriques attisent la convoitise d’individus mal intentionnés et que ce formidable levier pour les entreprises que représente la signature électronique à distance soit mis à mal par les tentatives de fraudes à l’encontre de cette industrie balbutiante.

Une confiance qui se bâtira avec le temps

Cette problématique peut être mise en parallèle avec l’introduction de la carte bleue au début des années 70. Le processus était considéré peu fiable et sujet à la fraude ce qui pouvait pousser les utilisateurs à conserver leur carnet de chèque ou les espèces comme un moyen de paiement privilégié. Il va sans dire qu’aujourd’hui la carte bleue est considérée comme suffisamment sûre et son caractère sécurisé n’est plus remis en question.
Avec l’introduction de la réalité virtuelle dans la sphère des particuliers et des entreprises, l’idée d’une identification face à face « à distance » n’est plus un concept si éloigné de notre temps et il est probable qu’avec le temps, la signature électronique gagnera elle aussi ses lettres de noblesses et sera considérée à terme, comme plus sécurisée que la signature manuelle.

Par Antoine Saudray consultant senior du cabinet ADWAY

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Reserved Alternative Investment Fund (RAIF)

On 14 July 2016, the Luxembourg Parliament has voted a new law for the purpose of creating a new type of alternative investment fund, the Reserved Alternative Investment Fund (the “RAIF”). The RAIF law is dated 23 July 2016 and has been published in the Luxembourg official gazette on 28 July 2016. This law offers a mechanism “directly inspired” by the current available fund regimes.

The introduction of RAIF regime seeks to widen the range of investment vehicles available in Luxemburg, offering a new option to the initiators of Luxembourg AIF project.

As a RAIF is an unregulated alternative investment fund, it is not subject to the Luxembourg financial supervisory authority’s (Commission de Surveillance du Secteur Financier, the “CSSF”) prior clearance nor to its prudential supervision. In concrete terms, this means that the launch of a RAIF is not subject to the CSSF approval and that nor its issuing document, neither its articles of incorporation, nor its directors have to be approved by the CSSF. RAIFs may immediately be marketed upon incorporation. This is a significant step towards faster “time to market”.

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Une transition réussie vers IFRS 9 : de l’importance d’une coopération accrue des Fonctions Risques et Finance

Finyear – 25 octobre 2016 :

Le 24 juillet 2014, l’International Accounting Standards Board publiait la version finale de la norme « IFRS 9 – Instruments financiers » visant à remplacer la norme « IAS 39 – Instruments financiers : comptabilisation et évaluation » en réponse à la crise financière.

La version finale de la norme IFRS 9 regroupe 3 phases :

  • Classification et évaluation
  • Dépréciation
  • Comptabilité de couverture

Les normes IAS 39 et IFRS 9 définissent le traitement comptable des instruments financiers et impactent donc très fortement les bilans des établissements bancaires.

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E-réputation et guerre de l’information : êtes-vous déjà mort ?

En 1995, on comptait en moyenne une connexion internet supplémentaire toutes les secondes. Ce chiffre explique assez bien l’omniprésence d’internet dans les foyers. Rapidement les entreprises y ont vu un moyen de se rapprocher de leurs clients et ont ainsi toutes développées des sites. Internet a beaucoup évolué depuis ces débuts, et de nouvelles approches sont nées : le big data, l’IoT, les campagnes de mailing et même le hacking. Lieu de rencontre, d’échange et de liberté, la « toile » est aujourd’hui plus que jamais l’emblème du siècle. Le marché virtuel étant devenu tout aussi attrayant pour les entreprises que le marché réel, en sous-main c’est une réelle guerre qui s’y opère. Le mot guerre prend ici tout son sens puisqu’il s’agit de conquérir des parts de marché, de concentrer sa puissance de tire sur une cible identifiée, ou même d’essayer de mettre son concurrent à mort. Cependant, bien que cette guerre reste « la continuation de la politique (de la stratégie) par d’autres moyens » (Vom Kriege – Clausewitz) elle se présente plus comme une guérilla que comme un affrontement classique de puissances. En effet, aujourd’hui, sur internet si les shareholders (Actionnaires) restent relativement bien identifiés, les stakeholders (Parties prenantes) sont, quant à eux, beaucoup moins visibles. En effet, essayer de mapper les parties prenantes pour une entreprise comme Mc Donald’s semble titanesque et probablement impossible. Cependant, ce sont bien des petits groupes de pression dispersés dans le monde (parfois moins de 5 personnes) qui, en diffusant une vidéo sur l’élevage des poulets servis dans les restaurants de la marque, l’ont obligée à « se mettre au vert ».

On entrevoit ici la difficulté de la gestion de l’E-réputation. Une information donnée, peu importe sa source, sa date, ou sa véracité peut glorifier ou détruire une entreprise. C’est donc bien une guerre de l’information que se livrent actuellement les entreprises par E-réputation interposée.

La seule question à vous poser est donc : que dit-on de moi sur Internet ? Ou plus exactement, suis-je déjà mort ?

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Le Chief Data Officer va-t-il prendre le pouvoir dans les banques ?

Les Echos – 13 octobre 2016 :

Les enjeux et investissements autour de la gouvernance et de la gestion des données au sein des établissements bancaires prennent aujourd’hui une importance croissance. De l’exploitation de leur qualité dépend l’accroissement de l’efficacité opérationnelle. Le régulateur ne s’y est pas trompé en multipliant les textes encadrant leur utilisation.

Le volume exponentiel des données est un vrai défi auquel les banques doivent répondre, mais comment ? Comment doivent-elles se transformer et s’adapter afin d’en optimiser le traitement ?

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Assureurs et comparateurs, main dans la main pour relever le défi de l’expérience client

Qu’il s’agisse de trouver des billets d’avion, une nouvelle banque ou encore une mutuelle, le recours à des comparateurs de prix est aujourd’hui une habitude installée chez les consommateurs. Le marché français de l’assurance n’échappe pas à cette évolution des modes de consommation : le premier comparateur du secteur est arrivé sur le marché l’an 2000. Un nouveau modèle qui bouleverse les codes et obligent les compagnies d’assurance à s’adapter…

Comment fonctionne le modèle des comparateurs ?

Le premier objectif des comparateurs est d’attirer les consommateurs et générer du trafic sur leur site, notamment via un marketing online offensif et des campagnes de publicités à la télévision. Ils touchent ensuite une commission sur le nombre de clic générés sur leur plateforme vers les sites des assureurs. Un mode de rémunération « coût-par-clic » plutôt payant pour Stanislas Di Vittorio, directeur général d’Assurland : « Nous sommes rémunérés au moment où le prospect prend contact avec l’assureur. Sur l’auto, nous recevons entre 15 et 20 € en moyenne par prospects», déclaration Argus de l’assurance 15 mai 2015 n°7409-7410.

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Moyens de communications : tous égaux ?

Le Journal du Net – 19 septembre 2016 :

Nous avons tous, au moins une fois dans notre vie, été la cible d’une offre télémarketing, que ce soit dans le cadre de prospection, satisfaction, fidélisation… Ces méthodes sont devenues banales au fil du temps. Mais qu’en est-il pour les pays moins développés, tels certains pays africains ?

Qui n’a jamais eu envie de raccrocher au nez de ce télé-conseiller vous proposant ce nouveau mobile à un prix sacrifié, ou n’a jamais soufflé devant ces dizaines de mails publicitaires reçus quotidiennement ? C’est vrai, le marketing est présent partout : télévision, téléphone, e-mailing, SMS, affiches publicitaires, tracts, messages radios,… Mais lorsque les médias sont moins développés, comme dans la plupart des pays d’Afrique, quels sont les procédés mis en place ?