Les banques d’aujourd’hui sont des organisations de plus en plus complexes, s’inscrivant dans un environnement fortement impacté par les évolutions technologiques et les obligations réglementaires. Il leur est donc impossible de ne pas subir l’influence de ce contexte dans leurs choix stratégiques.

Des nouvelles technologies qui façonnent le paysage bancaire

Avec le développement des nouvelles technologies (Smartphones, tablettes tactiles, Wi-Fi,…), les banques ont dû répondre à de nouvelles attentes de la part des consommateurs en leur proposant des canaux de distribution innovants plus adaptés à leur mode de vie. L’émergence des outils et services de « banque à distance » leur a permis de suivre une stratégie multicanale, multipliant ainsi les points de contact avec leurs clients : portails internet, assistance mobile,… en complément des agences traditionnelles. Cependant, elles doivent ajuster en permanence leur offre afin de rester dans la course en matière d’innovation. En évoluant, les nouvelles technologies ont également obligé certaines plus « classiques » à créer cette génération de banques dites « 100% en ligne » comme Hello Bank ! pour la BNP Paribas ou Boursorama pour la Société Générale.

Les évolutions technologiques ont permis à l’ensemble des acteurs du secteur de diversifier leur offre, mais elles ont aussi encouragé l’apparition d’une nouvelle nature de concurrents que sont les FinTech. Ces start-up s’appuient sur une expertise technique de dernier cri, très adaptable pour proposer des services bancaires encore plus innovants et à des prix toujours plus attractifs. Pour faire face à ce phénomène, les grands établissements historiques font eux-mêmes de plus en plus le choix de collaborer avec ces start-up pour bénéficier de leur savoir-faire et de leur flexibilité afin de garantir leur positionnement et rester dans l’ère du digital. C’est dans ce cadre que BNP Paribas a hébergé, pendant quatre mois, huit start-up pour travailler sur plusieurs problématiques comme l’expérience client, la cyber-sécurité ou encore la refonte de certaines procédures en interne. Et avec plus de 1362 FinTech réparties sur 54 pays en 2016 (ParisTech Review : Fintech in infographics : the global landscape in 2016 – 09/06/2016), les banques ont intérêt à s’armer pour faire face à des défis toujours plus nombreux en matière d’innovation.

Alors oui, les évolutions technologiques ont eu un impact positif pour les consommateurs puisqu’elles ont poussé les banques à innover et à se montrer plus à l’écoute de leurs clients en vue de leur proposer de nouveaux produits et services. Mais qu’en est-il de l’évolution de la réglementation ?

Des réglementations et des décisions politiques au cœur des stratégies

L’évolution du cadre législatif et réglementaire, accentué par le phénomène de mondialisation, a une conséquence directe sur les orientations stratégiques des établissements bancaires. En effet, en France, leur activité est encadrée par plusieurs organismes de contrôles indépendants qui veillent à ce qu’ils respectent les règles auxquelles ils sont soumis.

D’autre part, ces réglementations sont directement liées aux décisions politiques. Depuis le 23 juin dernier et le vote des britanniques en faveur du Brexit avec 51,9% des voix, de nombreuses questions se posent quant au futur des banques anglaises mais également sur l’avenir de leurs homologues françaises et européennes implantées au Royaume-Uni. Après un premier choc en bourse résultant de ce référendum, chacune cherche désormais la meilleure décision à prendre : quitter le Royaume-Uni pour s’implanter au sein de l’Union Européenne ou rester ? Délocaliser une partie des activités ? Dans tous les cas, les modalités de sortie auront forcément un impact sur les orientations stratégiques des établissements implantés outre Manche. Au préalable de l’annonce du Brexit, l’incitation des banques anglaises à voter pour le « Remain » sous peine de les voir faire leurs bagages démontre l’importance des contextes politiques et économiques dans leurs décisions; et vice versa, des choix qui influencent à plus ou moins long terme l’environnement dans lequel elles évoluent.

Enfin, décisions politiques et réglementations peuvent parfois représenter un frein dans le développement des établissements bancaires, les contraignant souvent à engager d’importantes dépenses pour adapter leur système d’information et réviser leurs procédures en vue de répondre aux nouvelles exigences. Leur nouveau dilemme entre intérêt économique et obligations réglementaires…

Un environnement qui influence la stratégie des banques… et inversement

De nombreux facteurs externes peuvent les inciter à suivre des chemins différents de ceux qui étaient initialement prévus. Elles doivent, par conséquent, définir une stratégie assez flexible sur le long terme afin de s’adapter plus facilement à un environnement en constante évolution, et pourquoi pas arriver à en tirer parti et se démarquer des concurrents.

Alors, même si l’évolution de l’environnement force les acteurs bancaires à reconsidérer leur positionnement stratégique, ces nouvelles décisions jouent un rôle non négligeable dans les évolutions à venir voire dans leur anticipation. Dès lors, les banques systémiques ne sont-elles pas l’exemple de la réciprocité de l’influence de l’environnement sur la stratégie du secteur ?

Par Laury Arechavaleta consultante du cabinet ADWAY

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