Après les cas de dopages russes et l’accumulation d’affaires dans le sport, la question de renforcer les réglementations, d’affirmer la place des institutions et leur capacité de sanction doit être posée. Après la banque-finance et ses milliards d’actifs, le « sport-business » et ses dérives doit-il subir lui aussi une profonde mutation ?

L’Euro 2016 de Football en France et les JO à Rio, ces fêtes du sport mondialement suivies nous ont procuré de belles émotions en ces temps troubles. Pour les pays hôtes, ce sont des retombées financières, mais aussi des polémiques. Un exemple, l’exclusion des JO 2016 d’athlètes russes suite à la découverte de fraudes et tromperies organisées par leurs fédérations et le gouvernement.

Cette affaire ne fait que confirmer une tendance à l’augmentation des scandales sportifs ces derniers temps : dopage, attributions malhonnêtes, paris illégaux ou fraude fiscale. Nous sommes face à des évènements mondiaux et multi-disciplines qui prennent de l’ampleur. Face à cette situation, un parallèle pourrait être fait avec la crise de 2008. Ces scandales financiers ont fini par conduire à une refonte du secteur de la finance : un changement des mentalités complété par la mise en place de gendarmes garants du bon déroulé des activités.

Il est possible que la bulle éclate un jour

L’Industrie du sport crée chaque année des centaines de milliards de revenus sur la billetterie et le merchandising. Elle représentait 3% du commerce mondial en 2013. Cette dimension doit forcer l’économie du sport à ne plus être engluée dans de telles affaires pour éviter l’implosion.

Quel constat faudrait-il faire sur ces dernières années de scandales sportifs ? Quelles solutions, empruntées au monde bancaire, pourraient être utilisées ? Qui pour remettre en cause les règlementations actuel ?
Une course existe sur les substances illicites : créateurs de produits dopants face aux services de contrôle. Les premiers sont toujours en avance sur les seconds. Les acteurs de ces affaires affirment être les victimes d’un système où le sportif n’est qu’une variable d’ajustement. En continuant la comparaison avec le milieu bancaire, un besoin d’indépendance des institutions de contrôles et une augmentation de leur capacité à agir doivent être mis en œuvre pour inverser la tendance.

De nombreux organismes de contrôle du monde sportif existent comme le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et l’Agence Mondiale Antidopage (AMA). Le champ d’action du TAS reste limité aux litiges concernant des parties ayant une convention d’arbitrage en faveur de celui-ci. Quant à l’AMA, elle n’a qu’un rôle de supervision, sans pouvoir de sanction et pourra si nécessaire après détection d’un cas de dopage faire valoir son droit d’appel devant le TAS. Ces agences restent méconnues du grand public et ne semblent pas assez peser dans l’échiquier mondial du sport quand il s’agit de faire passer des messages forts. Preuve en est, leur décision de laisser les fédérations de chaque sport décider de la suspension des sportifs russes lors des JO 2016.
Un renforcement de leurs budgets, des contrôles et moyens d’agir est nécessaire pour endiguer ces scandales. Des mesures répressives doivent être prises par ces institutions avec notamment des radiations à vie, des sanctions financières, des poursuites pénales voire la suspension d’un système plutôt qu’un athlète.
Ce besoin d’expertise devra conduire à une refonte du système, ainsi qu’à une réflexion sur la création d’un régulateur central indépendant regroupant l’ensemble des disciplines avec des antennes nationales dissociées des fédérations et des états, à la question près de son financement.

Une Inspection Générale du sport ?

Ce « gendarme du sport » pourrait regrouper des médecins, juristes et économistes indépendants. Ils travailleraient en coopération avec les polices locales, pourraient se déplacer pour des missions de contrôle. Il prendrait la forme d’une « Inspection Générale » garante du bon respect des réglementations en vigueur. Ils pourraient obliger chaque institution à un devoir d’éthique et de morale avec le suivi qui s’impose afin de limiter un risque d’image néfaste quand une affaire est révélée.

Le sport doit redevenir l’occasion de se retrouver autour de passions et partager des moments uniques. Il doit être la réalisation d’années d’entrainement pour les athlètes. Dans ce nouveau monde du « sport-business », avec toujours plus de règlementation, l’enjeu sera de redonner ses lettres de noblesse au mot « plaisir ».

Par Charlie Rozpeczny Consultant Senior du cabinet ADWAY

Sources :

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s