Le rôle des têtes dirigeantes est souvent dédié à l’établissement de grandes orientations. Ces entreprises, sont parfois soumises à beaucoup de règles et de directives sans trop pouvoir apporter de nouvelles idées dans leur fonctionnement.

Ces trajectoires tracées uniquement par la Direction n’obstruent-elles pas l’innovation et la prise d’initiative des employés ?

Alors comment les provoquer ? Ces prises d’initiatives ne doivent-elles d’ailleurs pas être prises au plus près du terrain, donc du client ?

Satisfaction du client est un terme pourtant au cœur du business de chaque entreprise.

LES IDEES TOMBENT SOUVENT « D’EN HAUT », EN PARTICULIER EN FRANCE

Les expatriés français se rendent vite compte que le modèle anglo-saxon ou encore asiatique favorise l’initiative et donc l’innovation. A cela une raison : leur modèle à la méritocratie et non à l’acquis et au rang social. Ce système est sans conteste un accélérateur de prise d’initiative que nous pouvons leur envier… Un rapport de La Tribune souligne d’ailleurs que la plupart des entreprises les plus innovantes sont américaines, puis asiatiques (classement dominé par les entreprises présentes dans le secteur numérique).

Pourquoi la place laissée à la prise d’initiative en France est-elle si limitée ? Pourquoi, à l’heure où les grands groupes s’organisent en mode matricielle, n’y-a-t-il pas la place à un canal de communication spécifique entre dirigeants et salariés permettant l’échange d’idée ?

Une « communication managériale » ou encore « hiérarchisée» présente dans les grands groupes, peut étouffer cette prise d’initiative, des idées sont détournées ou réappropriées, sous couvert d’être la propriété d’un service ou d’un département.

Ainsi, certaines entreprises comme Areva mettent en place des boîtes à idées accessibles à tous leurs salariés. Ces idées peuvent être de toute ordre : de l’innovation incrémentale (amélioration d’un produit), de l’innovation de rupture (changement de concept) jusqu’à de l’innovation économique (changement opéré sur un produit à vendre, sur le marketing affairé…). A cela un seul prérequis : Le concepteur de l’idée est le responsable de sa mise en place.

VERS UN NOUVEAU MODÈLE ORGANISATIONNEL ?

La tendance est à l’extrême « satisfaction client » : émergence des systèmes de notation attribuée par les consommateurs, diversification de segments des entreprises, course à l’innovation…). Pour répondre à ces exigences, certaines entreprises mettent en place un modèle bien connu et peut être déjà obsolète « la méthode AGILE ». Celui-ci doit permettre de satisfaire le client en livrant rapidement et régulièrement de la valeur ajoutée. D’autres entreprises mettent en place des ateliers « Kaizen » : chaque travailleur est alors incité à réfléchir sur des améliorations innovantes.

Une autre organisation du travail, et peut être plus efficace, consiste à mettre en place des petites entités composées d’employés au profil diversifié. Ces différentes équipes concernées sont alors « cross départements ». Un canal de communication transverse est mis en place pour « valider » les idées d’un point de vue stratégique et budgétaire par la Direction, sans passer par les multiples couches managériales. Les organisations des entreprises de moyenne taille seraient donc l’avenir pour être « compétitive » car elle représente un compromis entre la souplesse des petites entreprises et le rassemblement de multiples compétences.

INCUBATEURS ET OPEN INNOVATION : ÉMERGENCE D’UNE NOUVELLE INDUSTRIE

INCUBATEUR + OPEN INNOVATION = INNOVATION POUR LES GRANDS GROUPES

  • 224 incubateurs français recensés au niveau des régions, des écoles et des entreprises.
  • BNP Paribas ambitionne d’accompagner 150 start-up par des programmes d’accélération de 6 mois
  • Le village de l’innovation et le nom donné à la pépinière d’entreprise créée par le Crédit Agricole

Les incubateurs (structure d’accompagnement de projet d’entreprises), ces pépinières d’idées, sont devenus un véritable courant de mode, tout comme l’open-innovation (modèle fondé sur le partage et la coopération d’entreprise). Ces structures se multiplient autant au sein des grandes entreprises que dans les grandes écoles, les régions, les villes… Et sont généralement composés de jeunes.

Chaque partie y trouve son compte : les grands groupes peuvent profiter de l’agilité et de la dynamique des start-up (ainsi que la prise de décision rapide et efficace), les start-up peuvent profiter d’un réseau, d’un soutien stratégique et parfois financier de la part des grands groupes. Cependant, faire fleurir ces start-up n’est pas un acte gratuit. Ces start-up sont souvent à la solde de ces grandes entreprises qui, au travers de l’appropriation du capital, récupère les fruits et les lauriers de leurs travaux.

Comprenons-le, l’approche top-down a vécu son temps et n’est plus suffisante aujourd’hui. L’activité d’incubation est presque devenue indispensable aux développements des grands groupes. La notion de « création de valeur » est plus que jamais présente. La nouvelle génération est bien décidée à changer rapidement les modèles organisationnelles et à relever le défi de l’innovation, à la condition que l’on mette à leur disposition tous les moyens nécessaires (diplôme d’entreprenariat, moyens financiers…).

L’enjeu pour des grandes entreprises est donc de s’adapter rapidement, au risque de laisser leurs talents créer leurs propres entreprises à partir de leurs initiatives.

Par Aurore Garnier consultante senior du cabinet VERTUO conseil

Source : Rapport tribune, 28/10/2014, 9:43 « Les 50 entreprises les plus innovantes du monde »

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