Les Echos – 24 avril 2017 :

Se transformer, se moderniser, pour mieux innover aujourd’hui et demain, dans un environnement toujours plus concurrentiel : les évolutions qui résultent de ces changements dans l’entreprise impliquent une nécessité constante de réadapter les modes de développement des compétences.

La formation est ainsi plus que jamais concernée à travers la digitalisation de ses méthodes d’apprentissage, qui mettent les collaborateurs au coeur de leur propre parcours apprenants et en font les acteurs de leur montée en compétences.

La formation, du collaborateur au « collabor-acteur »

85 % des entreprises accordent une grande importance à l’apprentissage et au développement des salariés, celui-ci étant de plus en plus perçu comme un levier pour favoriser leur engagement.

Ainsi, les firmes tendent à développer de nouvelles manières de responsabiliser leurs équipes pour qu’elles prennent en main leur plan de développement personnel. Le principal changement concerne le passage de programmes d’apprentissage interne vers des plateformes innovantes d’auto-formation : has been, les sessions descendantes, au cours desquelles les formateurs faisaient défiler d’innombrables slides à leurs formés. Aujourd’hui, les organisations cherchent à rendre le collaborateur autonome dans la gestion de son parcours pour atteindre ses objectifs professionnels.

Le « descendant » laisse place au collaboratif

La formation doit accompagner les profondes mutations digitales que vivent les entreprises : restructurations, nouveaux métiers, nouveaux modes de travail…

Elle n’est plus un événement isolé, les firmes doivent mettre en place une architecture multimodale, alliant présentiel et distanciel, avec l’intégration d’activités digitales et d’ateliers de co-construction.

Grâce à l’évolution des technologies et des équipements, la connaissance est maintenant disponible partout et à tout moment. À ce titre, les approches collaboratives et participatives se développent, notamment avec le partage de bonnes pratiques sur les réseaux sociaux d’entreprise. Les activités liées à la formation sont aujourd’hui tournées vers l’alimentation de plateformes d’apprentissage en ligne où les formés peuvent facilement trouver les supports nécessaires à leurs besoins : vidéos, tutoriels, modules e-learning, etc.

La connaissance ne descend plus, elle circule.

On retient…

20 %
de ce qu’on lit

30 %
de ce qu’on entend

40 %
de ce qu’on voit

50 %
de ce qu’on dit

60 %
de ce qu’on fait

90 %
de ce qu’on voit, entend, dit et fait

Des outils digitaux pour fluidifier le parcours des apprenants

Le formé est donc plus que jamais placé au coeur du dispositif de formation. Il acquiert des savoirs via les nouvelles technologies et dispose de contenus beaucoup plus adaptés à ses besoins.
Les grandes universités américaines (Harvard, Stanford…) ont été les premières à révolutionner le rôle de l’enseignant en intégrant des pratiques digitales, via les MOOC (Massive Open Online Courses). Mi-2016, l’organisme français Abilways s’en est inspiré et a lancé un MOOC conçu spécialement pour smartphones, avec des quizz ludiques, des vidéos courtes d’experts et des partages entre formateurs et apprenants.

Un prérequis à l’intégration de ces nouvelles technologies : l’apprenant doit savoir naviguer entre les différents modes d’apprentissage et maîtriser l’utilisation des nouveaux outils – ce qui implique d’être autonome au milieu d’une masse d’information. Les organisations doivent donc accompagner les salariés dans cette démarche.

L’Hexagone à la traine…

Selon l’université américaine MIT, uniquement 29 % des sociétés internationales utilisent les outils digitaux, 45 % sont en pleine transformation digitale et 26 % n’en seraient qu’à leurs débuts. Les organisations se doivent donc de faire évoluer leurs méthodes d’apprentissage à travers leur transformation digitale si elles ne veulent pas être dépassées.

En France, sur les 100 plus grands groupes français, uniquement 3 peuvent être considérés comme leaders digitaux…un faible résultat ! Selon le baromètre Cegos 2016, les modules e-learning sont utilisés par 37 % des entreprises françaises contre 52 % au niveau européen et les classes virtuelles pratiquées dans 33 % des entreprises françaises contre 43 % en Europe.

Si nous voulons créer de la valeur et assurer un accroissement de notre performance, il est urgent, pour nos organisations, d’intégrer le digital pas seulement au sein des processus de formation, mais également dans notre fonctionnement, notre culture, nos stratégies pour ainsi assurer notre développement. D’après une étude du Cabinet Accenture*, la performance digitale du secteur des télécommunications en France, identifié comme le plus avancé, détient un score de 2,4 (sur 4) contre 3,6 pour l’Espagne, 3,4 pour l’Allemagne et 3 pour l’Italie et la Grande-Bretagne.

Vers de nouvelles perspectives : la ludo-pédagogie

Tester et valider ses connaissances par le jeu : voilà une pratique qui se développe de plus en plus au sein des dispositifs de formation, dans l’optique d’allier apprentissage et plaisir pour les populations formées.

Cette nouvelle approche favorise une démarche ludique pour les apprenants (simple jeu de plateau ou jeu high tech, notamment à travers des quizz interactifs conçus via des outils comme Kahoot ! ou Socrative) pour mieux appréhender les nouvelles notions et valider les connaissances. Les avantages des enseignements gamifiés sont triples : favoriser la cohésion et la motivation des équipes, optimiser leur montée en compétences et développer leur créativité.

Ces nouveaux types de supports permettent d’une part de mettre en pratique les enseignements de façon immédiate en amont de leur application au « terrain » et ainsi détecter les points de non-compétences afin d’agir avant que l’erreur ne se produise et d’autre part de générer de l’amélioration continue au sein des équipes.

À travers l’utilisation de ces mécanismes du jeu dans un objectif d’apprentissage, (se) former devient et deviendra un jeu d’enfant…

Par Sophie Bouskila consultante Senio du cabinet ADWAY

* Analyse de la performance digitale des 100 plus grandes entreprises françaises effectuée sur la base de 117 critères repartis en 4 principales dimensions : stratégie de transformation, expérience client, Développement & Production, Stratégie & Opérations.

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