Comment développer l’intrapreneuriat, éviter la fuite des cerveaux, favoriser le dynamisme des entreprises et leur croissance ?

« Je monte ma start-up ! ». Qui n’a pas aujourd’hui dans son entourage une personne qui a, ou va créer, sa propre entreprise ? L’aventure tente de plus en plus de jeunes actifs mais pas seulement, on comptabilise plus de 12 000 start-up crées en Île-de-France d’après le magazine Capital (c’est plus que Londres ou Berlin). Les barrières psychologiques sont tombées, les carrières dans les grands groupes séduisent de moins en moins, les étudiants qui entrent dans le marché du travail ont aujourd’hui des envies de liberté, d’être leur propre patron et rêve de success story à la Airbnb ou BlaBlaCar qui a réussi à lever 117 millions d’euros en 2015. Venir travailler en jean/tee-shirt dans des bureaux cools à la déco « hypsterisante » faite de meubles chinés, où les réunions se font autour du babyfoot est devenu un symbole de réussite.

L’échec est également moins stigmatisé, entreprendre semble aujourd’hui plus valorisé que de ne rien tenter.

Les barrières matérielles également sont moindres : il s’est développé un écosystème très favorable à la création d’entreprise, avec le développement des incubateurs qui accompagnent les start-up et qui croulent sous les demandes (+de 600 chaque mois pour certains). On peut citer entres autres The Family, la Halle de Xavier Niels ou Numa.

Le succès de projets tels que Blablacar, Dropbox, Drivy, Leetchi basés sur des idées simples et pas forcément révolutionnaire participe aussi au phénomène.

Certaines entreprises surfent déjà sur ce momentum pour à la fois développer des projets innovants en interne et dans le même temps retenir des talents.

Si les Groupes du digital sont depuis longtemps favorables à l’intrapreneuriat (Gmail de Google en est un des exemples les plus connus), l’initiative séduit de plus en plus les autres secteurs et notamment la Banque/Assurance. La Big Factory au sein de Natixis ou DigitalForAllNow de la Société Générale qui vise à développer les idées innovantes sélectionnées par le groupe ou encore AXA qui a installé son Lab directement à San Francisco pour être au plus près des nouvelles tendances en sont des exemples.

Les salariés participant à ces projets sont incités à remonter leurs bonnes idées lors de campagnes dédiées.
Il existe également des partenariats entre entreprises et jeunes pousses : les premières proposant une structure et s’offrant en retour à la fois une bouffée d’air frais et une possibilité de prise de participation.

Pourquoi ne pas aller plus loin ? Ne pas se contenter de lancer des grandes campagnes de recueils d’idées mais permettre à tout moment à quiconque de laisser exprimer leur fibre créative et innovante, en proposant leurs idées de start-up : en un mot développer l’intrapreunariat !

Comment ?

La valorisation du statut d’entrepreneur associé aux moyens que peuvent mettre à disposition les entreprises pour accompagner les projets sont des leviers qui doivent favoriser l’intrapreunariat.

En revanche, un individu peut se demander : pourquoi mettrais-je mes idées et mon énergie au service de mon entreprise quand je pourrais la développer en dehors ?

La question fondamentale de la rétribution se pose alors.

Une des pistes pourrait être la mise en place de plateformes de financement participatif (Crowdfunding) en interne : l’intrapreneur et porteurs du projet pourraient devenir actionnaires de leur « intra start-up ».
Ce système permettrait à chaque salarié d’investir dans un projet auquel il croit et dont il connait l’initiateur, ce qui a un effet rassurant. Des études ont en effet prouvé que les projets proposés sur les plateformes de Crowdfunding sont quasi-exclusivement financés non pas par une communauté de bienfaiteurs mais par des proches, on appelle cela « le Love Money » (Sur KissKissBankBank, seulement 1% des contributions proviennent d’anonymes).

De manière générale, cela contribuerait à renforcer le sentiment d’appartenance au groupe tout en proposant des idées d’investissement dans lesquelles chaque salarié pourrait prendre une participation, investir son plan épargne entreprise et s’ouvrir l’accès à l’économie collaborative qui ne serait plus simplement un concept vague et lointain.

A chacun de devenir l’acteur principal des réussites de son entreprise et plus globalement de l’économie.

En France, Mazars via son Lab a lancé un système proche : Le crowfunding entre différentes Business Units dans le but de favoriser le partage d’idées et les synergies entre ses différentes entités.

Une unit peut investir dans un des projets proposés et ainsi contribuer à sa mise en œuvre rapide.

Pour aller plus loin, un groupe pourrait également prendre des participations dans le projet ou inversement rétribuer le porteur du projet en participation (lui reverser un certain % des gains réalisés) en fonction du caractère professionnel ou personnel du projet.

Le type de gouvernance à mettre en place pour la sélection des projets et leur analyse peut être plus ou moins lourd en fonction de la structure et taille de l’entreprise.

L’entreprenariat est déjà un mode de fonctionnement encré dans la société, l’intrapreunariat peut devenir le statut de demain si cet élan est favorisé par l’entreprise et surtout initié et soutenu par les salariés eux-mêmes. Tout système permettant de créer une dynamique positive, inculquer la culture de l’innovation et la valoriser justement encouragera cette démarche.

Par Séverine Saing, Consultante Senior du cabinet VERTUO Conseil

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