Le Journal du Net – 3 juillet 2017 :

Avec le développement des technologies d’intelligence artificielle, la révolution du travail a déjà commencé.

Si vous appréciez le cinéma, vous avez peut-être vu le dernier film de Hugh Jackman, Logan. Le film se passe en 2029 et l’on peut y découvrir une vision du futur proche imaginée par le réalisateur James Mangold et la présence de machines agricoles autonomes et de camions sans chauffeurs.

Une semaine à peine après la sortie du film, Fedex, le géant américain du fret, demanda au gouvernement américain la création d’un organisme de régulation, à l’instar de l’aviation, pour les camions autonomes [1]. En effet, cette technologie avance à grands pas et les conducteurs parcourant des millions de kilomètres pourraient voir leur métier remplacé par des machines… La fiction devient désormais réalité.

La même semaine, un autre article donne de quoi rester pensif : au Japon, le deuxième pays le plus robotisé au monde (300 robots pour 10 000 employés) le taux de chômage est tombé à 2,8%, sous le seuil du plein emploi [2]. Les entreprises de manufacture et de service qui tournaient auparavant 24h sur 24 en sont réduites à diminuer leurs horaires, faute d’employés disponibles pour assurer l’activité. L’explication de ce phénomène est démographique : la population en âge de travailler (15-64 ans) diminue de 500 000 par an.

Enfin, depuis quelques années, IBM progresse dans l’évolution de son programme Watson. Lancé dans les années 2000, il développe la puissance de l’intelligence artificielle sous la forme d’un logiciel permettant de corréler instantanément des millions d’éléments sur Internet comme des articles Wikipédia, des unes de journaux, des tendances social media et plus encore. Ce qui rend Watson unique, c’est l’apprentissage des réactions humaines face à tout type de stimulant sur un environnement connecté (ordinateur, terminal de carte bancaire, smartphone,…). Watson est présent dans les secteurs de la médecine, de l’industrie, de la cuisine, et même de la musique [3].

En France, l’avenir de l’intelligence artificielle est très prometteur puisqu’on y compte aujourd’hui pas moins de 340 start-ups et 5 500 chercheurs [4] dans ce domaine. Selon un communiqué d’Accenture, cette technique devrait permettre d’augmenter de 20% la productivité en France d’ici 2035[5]. Certaines entreprises se sont déjà lancées, comme le Crédit Mutuel qui a mis en place un outil de tri automatique d’emails à destination de ses conseillers.

Il est indéniable qu’avec des machines capables d’améliorer les conditions de travail, voire de remplacer les humains dans certaines tâches, cette révolution va changer notre quotidien au travail.

Ce qui va changer exactement

Pour comprendre ce qui va changer dans le monde de l’entreprise, il faut d’abord se demander de quelle façon l’intelligence artificielle permettra de réduire les coûts.[6] Si la révolution industrielle a brisé la barrière de la production de masse, et que la révolution numérique a supprimé les contraintes des calculs arithmétiques, cette nouvelle révolution de l’intelligence artificielle apportera la puissance de la prédiction.

Auparavant, les ordinateurs, les calculs arithmétiques, les plaquettes de présentation, les designs techniques et le traitement de texte étaient réalisés par des individus. La technologie a écrasé le coût de ces activités. Que va donc changer l’intelligence artificielle ? La prédiction. Autrement dit, la possibilité d’utiliser l’information dont vous disposez afin de générer de l’information que vous ignorez encore.

Le principe de l’intelligence artificielle consiste à prédire des actions à l’aide de la donnée à disposition, pour ensuite en tirer des résultats et les intégrer à celle-ci. Cela constitue un cycle d’apprentissage parfait, pour enseigner par exemple à un camion à quel moment il est nécessaire de freiner et de quelle façon. De ce fait, les tâches jusqu’à aujourd’hui réalisées par des hommes, comme approvisionner le stock des grandes surfaces, prédire la probabilité qu’un individu demandant un emprunt bancaire fasse faillite, conduire une voiture ou même détecter une maladie, pourront être réalisées par des machines.

Par Félix Reyes consultant senior du cabinet ADWAY

  • [1] Financial Times. Leslie Hook. FedEx Freight calls for US self-driving truck regulations, 11/04/2017, accédez ici
  • [2] Quand le Japon manque de chômeurs. YANN ROUSSEAU, Les Echos, 06/04/2017, accédez ici
  • [3] Dans les coulisses de « Not Easy ». IBM France, 18/01/2017, accédez ici
  • [4] Chausson, Cyrille, « Salon AI Paris : des usages qui se dessinent, des chercheurs et des start-up », 07/06/2017, accédez ici.
  • [5] COMMUNIQUÉ DE PRESSE, Accenture, 12/12/2016, accédez ici
  • [6] What to Expect From Artificial Intelligence, MIT Sloan Management Review, Ajay Agrawal, Joshua S. Gans, and Avi Goldfarb, 02/2017. accédez ici

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