Les dernières élections américaines ont vu la montée au pouvoir d’un champion de la classe ouvrière américaine. Bien qu’étant issu du monde des affaires, Donald Trump a promis à ses électeurs populistes une Amérique plus forte et plus riche, au travers d’actions contre la mondialisation et l’immigration. Les Etats-Unis, première puissance économique depuis des décennies, ont depuis été détrônés par la Chine. Le nouveau président américain dénonce cette situation comme provenant de l’incompétence des précédentes administrations à freiner l’avancée rouge sur le monde économique. Les hostilités sont lancées…

De grandes ambitions

Depuis sa campagne présidentielle, Donald Trump n’a cessé de clamer que l’Amérique est abusée de toute part par ses partenaires commerciaux internationaux. Il dénonce en particulier la Chine et le Mexique, à qui il attribue la balance commerciale déficitaire américaine. Pour l’une à cause de ses produits inondant le marché américain et l’autre, pour les délocalisations d’industrie vers un coût du travail plus faible. Il propose, pour y palier, de revoir tous les accords internationaux signés par les anciennes administrations, ainsi que la politique douanière et de réduire l’immigration pour sauvegarder les emplois américains.
Vers une autarcie à l’américaine ?

Même si beaucoup doutent de sa capacité à mettre en œuvre ces mesures lourdes, force est de constater que Donald Trump a tout de même sorti les USA des accords TTP (Trans-Pacific Partnership) comme il l’avait promis. Il s’agit d’accords longuement négociés par l’administration Obama (2008-2016) pour créer la plus grande zone de libre-échange au monde (environ 40% du PNB mondial) avec pour partenaires onze pays dont le Canada, le Mexique, le Japon, l’Australie, Singapour, le Vietnam, la Malaisie, le Chili, la Nouvelle Zélande et Brunei.

Il a de même, avec plus ou moins de succès, réussi à durcir la politique d’accueil des réfugiés avec son décret interdisant l’accueil sur le sol américain des ressortissants de sept pays à majorité musulmane. Il songe à présent à se pencher sur les accords NAFTA (North America Free Trade Agreement) et parle même d’une refonte, voire une sortie de l’OTAN. Ces nombreuses prises de position unilatérales lui valent d’être boudé par ses partenaires internationaux. A tel point qu’au dernier forum de Davos (forum économique mondial), le président chinois était reçu comme le champion du libre-échange et discute à présent ouvertement avec Angela Merkel des conditions d’une économie mondiale ouverte.

La Chine, ce grand méchant rouge

Pékin a pourtant toujours été un partenaire économique de Washington. Les deux économies sont interdépendantes depuis de nombreuses années : L’une profitant d’un imposant marché et l’autre d’un accès à la technologie et aux techniques de production moderne. Mais c’était encore vrai il y’a 30 ans, quand la Chine était sous développée. Aujourd’hui, elle dispose de tout l’éventail technologique et des moyens de production nécessaires pour concurrencer les économies dites modernes.

Et l’histoire ne s’arrête malheureusement pas là. En plus de disposer d’avantages comparatifs comme des normes réglementaires peu contraignantes et un coût du travail relativement faible, la Chine est régulièrement accusée de jouer de pratiques commerciales déloyales. On pense entre autre à la baisse artificielle du niveau de sa monnaie, des subventions à l’exportation, la contrefaçon etc.

La Chine, locomotive du monde économique

Malgré tout, le dernier forum de Davos a clairement montré que le reste du monde se tourne vers la Chine pour décider de l’avenir du commerce international. Et pour cause, la chine est le premier exportateur mondial et second importateur mondial. Sa dépendance au commerce extérieur la place en première ligne pour lutter contre l’avancée du protectionnisme.

Une guerre commerciale est-elle envisageable ?

La Chine était, jusqu’en Décembre dernier, le premier créancier des Etats-Unis. En d’autres termes, chaque mois, elle fournissait la moitie´ des fonds permettant aux USA de maintenir leur déficit commercial. Pékin détient aujourd’hui 1 115 milliards de dollars de bonds du trésor américain. Une chute de l’économie américaine aurait donc des conséquences dramatiques sur la sphère financière chinoise. Raison qui explique en partie l’apaisement des tensions entre Washington et Pékin ces dernières semaines.

Un futur encore incertain

Cependant souvenons-nous de cette citation de Charles de Gaulle : «Les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.». La cour faite par l’Union Européenne à la Chine pendant le forum de Davos, 41,3 milliards de dollars de dette américaine vendus par la Chine après les élections américaines, Pékin qui tend à réduire sa dépendance au commerce extérieur et faire remonter la valeur de sa monnaie : Tous ces évènements laissent entrevoir que même si peu croit en une possible guerre commerciale, tous ne souhaitent pas être pris au dépourvu. Sommes-nous en train d’assister à la naissance de deux blocs économiques ? Pour l’heure, l’administration Trump ne compte que peu d’alliés de poids, si on ignore la Russie. L’opinion publique américaine voit d’ailleurs d’un mauvais œil la relation Poutine-Trump (Cf la démission récente de Michael Flynn, Conseiller à la sécurité nationale). Il serait avisé pour Washington de se réconcilier avec le reste du monde. De la politique du nouveau président américain nous n’avons vu que le bâton, il est peut-être temps de songer à la carotte. Affaire à suivre…

Par Stéphan Eyoum, consultant du cabinet ADWAY

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