De nos jours, la génération Z plus communément appelée Millenials rivalise d’ingéniosité pour tirer son épingle du jeu et attirer l’attention des recruteurs. Le temps du CV triste et très formel n’est plus, la lettre de motivation manuscrite complètement passée aux oubliettes tout comme le démarchage téléphonique… à l’heure des réseaux sociaux, du real time marketing, les jeunes diplômés arrivant sur le marché du travail ont les dents longues et vont jusqu’à révolutionner une approche jusqu’ici assez poussiéreuse du recrutement à la française. Analyse d’un phénomène de société qui au-delà de la forme nous pousse à une interrogation plus profonde : que veulent les jeunes en 2017 ? quelle est leur vision sur le recrutement et leur approche quand à celui-ci ? sont-ils vraiment prêts à tout et y-t-il une réelle disruption avec les autres générations ?

Entre Y & Z : plus qu’une génération, un siècle d’écart

On a beaucoup débattu sur la génération née dans les années 80 et ayant grandi avec le chômage comme épée de Damoclès sur la tête, ayant conscience que contrairement à leurs parents, ils ne passeraient pas toute leur carrière dans la même société et seraient même surement amenés à changer de métier au cours de leur vie en cotisant pour une retraite dont ils ne verraient surement jamais la couleur. Une génération en transit dans une société ayant connu une explosion d’innovations tel que l’avènement d’Internet qui a révolutionné tous les codes… jusqu’à leur rapport au travail. Une génération en transit et en rupture avec celles des années 70, une génération souvent qualifiée de sacrifiée et de paradoxale : moins de provocation, plus de compromis aussi bien au travail qu’à la maison pourrait être une des caractéristiques majeures. Une génération qui peaufine son CV et son image sociale sur les réseaux professionnels comme LinkedIn avec une approche très professionnelle mettant en avant le nombre d’années d’expérience et leur école comme un coup de tampon validant leurs compétences. Une génération qui a gravi les échelons à la sueur de son front en ne comptant souvent pas ses heures, en ayant souvent connu stages, interims, cdd avant le tant attendu cdi. Une génération Y qui est aussi la première à mal accepter la hiérarchie, cherchant toujours le pourquoi du comment. Et voilà qu’arrive sur le marché, les jeunes de la génération « millenials » : zappeurs, impatients, connectés H24 et aussi audacieux, ils viennent donner un coup de pieds dans la fourmilière avec une approche qui frôle parfois le politiquement correct mais dont l ‘adage « le culot, ça paie ! » se démontre. Hédonisme et immédiateté, facilité, sentiment d’intégration et gratification immédiate – leurs valeurs se heurtent à un marché du travail morose, saturé, instable, routinier bien loin de leur idéal de fun et d’épanouissement permanent. La première génération « digitale native » nourris à Snapchat, Youtube, Netflix, Instagram plus qu’aux médias classiques – se passe de mode d’emploi et la stabilité professionnelle n’est plus la quête du saint graal mais plus une véritable légende urbaine.

Rentrer dans le moule ou le casser ?

Ainsi voit-on apparaître une nouvelle approche de la recherche d’emploi à grands coups de créativité, de hashtags, de posts tapageurs sur les sites sociaux professionnels n’hésitant pas à interpeller son propre réseau, des influenceurs et décideurs afin de créer du buzz autour d’une photo du tout jeune diplômée vantant ses mérites et ses envies… Une tendance qui inverse l’offre et la demande. Les jeunes ont bien compris qu’au lieu d’aller chercher un emploi et de répondre à des centaines d’offres, il fallait aussi que l’on vienne les chercher car les millenials savent jouer des codes de l’image plus que leurs ainés. Ils ont le sens de la compétition puisque 42% avouent vouloir travailler dans une entreprise « qui n’embauche que les meilleurs » à défaut de devenir leur propre patron comme leurs icônes Steve Jobs ou Mark Zuckerberg. Postuler est devenu un nouveau terrain de jeu et leur CV, de vraies œuvres d’art rivalisant de créativité et de design ; ils cherchent donc à accumuler les « like » sur leurs profils pros convaincus que leur notoriété sociale leur permettra de trouver leurs futurs employeurs … mais la forme est-elle le reflet du fond ? Cette génération vivant dans le virtuel arrive-t-elle à convaincre lors d’un entretien en face à face où rentrent alors en compte des critères au-delà de la cosmétique de la candidature : personnalité, analyse, présentation, pertinence … et une fois ayant intégré l’entreprise, comment gère-t-elle son pire ennemi : l’ennui ? Certaines entreprises ont d’ores et déjà compris le potentiel des futurs cadres de demain et à l’instar d’Engie, favorisent la mise en place d’initiatives personnelles au sein de l’entreprise ou jouent les incubateurs de start-ups pour dynamiser leur image et attirer ces jeunes talents. Ils essaient également de réduire au maximum le temps de recrutement pour capter au plus vite les potentiels.

On se rappelle en 2015, la DRH de Michel & Augustin et sa tentative de recrutement dans le métro. Cela a créé de l’émulation et fortement inspiré la jeune génération qui n’hésite plus à se balader avec son CV collé sur son sac-à-dos ou d’aller beaucoup plus loin avec des CV vidéos à faire pâlir Spielberg ou à user de stratagèmes plus farfelus pour parvenir à leur fin comme d’incruster leur CV dans une livraison de déjeuner avec une approche très directe « la plupart des CV finissent dans la poubelle. Le mien finira dans ton estomac »… Ce n’est donc pas tant la nouvelle génération qui doit s’inquiéter de son devenir professionnel mais peut-être bien ses aînés qui risquent d’avoir du mal à suivre ce mouvement et devra faire valoir sur son expérience et ses compétences face à créativité et connectivité… l’avenir nous le dira !

Par Peggy Jeanneton, Consultante Senior du cabinet ADWAY

 

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