Le business des objets connectés est en pleine expansion depuis deux ans. Il y a aujourd’hui 10 milliards d’objets connectés en circulation et on estime qu’en 2020 il y en aura 20 milliards à travers le monde.

On trouve toutes sortes d’objets connectés : du sac à main au réveil en passant par le réfrigérateur connecté il y en a pour tous les budgets, toutes les envies et tous les besoins. Même si les ventes du plus connus d’entre eux, la montre connectée, ont baissé ces derniers mois, les objets connectés entrent de plus en plus dans notre quotidien et tendent à impacter le secteur de la santé. On voit apparaître de nombreux objets tels que les balances, fourchettes, brosses à dents, piluliers ou encore vêtements connectés qui permettent de contrôler son état de santé. Les données, issues de ces objets, sont collectées, analysées et permettent aux utilisateurs d’une part de pouvoir améliorer leurs habitudes alimentaires ou sportives et d’autre part de prévenir les crises cardiaques, l’hypertension et même la dépression.

L’émergence de ces objets pousse les acteurs du monde de la protection sociale et de l’assurance à innover et à proposer des offres en adéquation avec les nouveaux besoins des consommateurs. On voit d’ailleurs apparaître de plus en plus d’AssurTech : des start-up spécialisées dans le monde de l’assurance et de nombreuses mutuelles proposant maintenant le remboursement ou des tarifs préférentiels pour l’achat d’objets connectés. Cette démarche vise à faire adopter l’utilisation des objets connectés à leurs clients afin de leur proposer dans un second temps des offres “Santé connectée”. Le groupe mutualité Pasteur, va ouvrir un nouvel espace dédié à la santé connectée. Selon Thierry Lorente, directeur général du groupe : « La Villa M constituera un lieu unique pour tout savoir en temps réel de la médecine des 4P (prédictive, préventive, personnalisée et participative) ». De son côté, Axa a bouclé en 2016 une levée de fonds de plus de deux millions de dollars pour le compte de la start-up « Wellth » qui développe une application qui aide les patients à changer leurs habitudes suite à un problème de santé afin d’en prévenir de futurs. L’entreprise a aussi investi dans la start-up Biobeats qui propose un programme de coaching personnalisé à partir des données issues des smartphones et objets connectés.

Toutes ces informations collectées sont des mines d’or pour les organismes de protection sociale et les assurances qui pourront anticiper les problèmes de santé et ainsi renforcer la prévention pour les clients à risque et proposer des offres personnalisées en analysant toutes les données envoyées par leurs clients.

Cependant, avec la collecte de toutes ces informations, une autre facette tend à émerger : la modulation des tarifs des mutuelles en fonction des données issues des objets connectés avec une personnalisation des offres de santé poussée à l’extrême. La question des données de santé est un enjeu majeur qui inquiète les consommateurs et les clients. En effet, les données personnelles, notamment les données de santé, sont sensibles et la crainte d’un mauvais usage ou du vol de ces informations reste omniprésente. A noter qu’une donnée devient une donnée de santé « dès lors qu’elle est susceptible de révéler l’état de santé de la personne » . Par ailleurs, des normes existent et les groupes de mutuelles, assurances et de protections sociales sont extrêmement réglementés quant au stockage de ces données. En effet, ils doivent les héberger chez des prestataires agréés par le Ministère de la santé. A l’heure actuelle, selon les lois en vigueurs « Lorsque les données ont trait à des paramètres physiologiques, même partagées par l’utilisateur avec son cercle d’amis, ces données n’engagent que lui. Elles ne sont soumises à régulation que si elles sont en relation avec un dossier médical ou un dispositif médical ».

La réglementation reste encore floue entre les données issues des objets connectées et les données de santé et même si les innovations permettent de faciliter l’accès à certaines informations ou actes de prévention qui permettent d’écarter ou prévenir certains problèmes de santé, les consommateurs doivent rester vigilants quant à la récupération de leurs données issues des objets connectés uniquement dans un but marketing.

Par Lisa Denys consultante du cabinet ADWAY

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