Les Echos – 5 octobre 2017 :

Le secteur bancaire joue un rôle actif et déterminant dans le financement de l’économie et dans les transactions entre les agents économiques. Après une longue période de stabilité avant les années 2000, le monde des paiements doit aujourd’hui s’adapter aux nouveaux modes de consommation dans un contexte d’innovation et de renforcement de la concurrence.

Les banques sont en premières lignes de ces évolutions. Dans un environnement déjà peu favorable du marché en raison de taux bas voire parfois négatifs, de la pression persistante de la réglementation depuis la crise de 2008, du plafonnement des commissions d’interchange et de l’augmentation des investissements pour se conformer aux contraintes réglementaires, la DSP2 fragilise encore davantage les acteurs bancaires.

Des évolutions en cours depuis plusieurs années

L’industrie des paiements est en mutation. Autrefois réservée aux seules banques, elle s’est ouverte, avec l’avènement d’internet, aux nouveaux acteurs que sont les prestataires de services de paiements.

L’Europe aspire à créer un véritable marché des paiements et la DSP2 est la suite logique des précédentes réglementations sur l’adoption de la monnaie unique, sur la création du SEPA et l’harmonisation des moyens de paiements.

Si les toutes premières réglementations portaient spécifiquement sur la monnaie fiduciaire et la création de l’euro, la DSP1 sur les systèmes de paiements tels que les virements, les prélèvements et les paiements par carte, c’est donc fort logiquement que la DSP2 s’attaque aux services de paiements en ligne et aux prestations associées à l’environnement bancaire qui est de plus en plus digital.

Après une longue période de déni où les banques ont plutôt cherché à lutter contre ces nouvelles réglementations arguant des risques importants sur la sécurité et l’authentification des transactions, elles rentrent maintenant dans une phase d’acceptation, de quête de sens et de croissance.

Le processus de désintermédiation du secteur déjà bien entamé

Le processus de désintermédiation est d’ores et déjà entamé pour le secteur bancaire avec l’arrivée de nouveaux acteurs plus innovants, agiles et prédictifs.

À n’en pas douter, pour beaucoup de fintechs, la véritable innovation ne provient pas de la technologie, mais des usages en réinventant l’acte de payer et en s’adaptant à de nouveaux contextes d’achat et d’utilisation des comptes bancaires.

Elles savent aussi, mieux que n’importe quels acteurs, tirer le meilleur parti des données et les exploiter en proposant des services innovants à forte valeur ajoutée et correspondant aux nouveaux besoins et usages des utilisateurs.

Cette nouvelle directive reconnait le rôle de ces nouveaux acteurs et leurs garanties des droits pour faciliter l’accès aux informations des clients bancaires. Les banques ont tout intérêt de les considérer comme de futures partenaires ou challengers plutôt que des concurrents.

Le moment d’agir, après il sera trop tard

Plus de temps à perdre du point de vue du secteur bancaire, les évolutions sur les services de paiements portées par la DSP2 sont structurantes et libèrent l’accès à toute la richesse des données qui ne sont plus pour très longtemps le monopole des banques. Cela implique pour elles a minima une adaptation de leur système d’information et de leur organisation, et au mieux, la réorientation d’une partie de leur business model.

Par François-Xavier Autric et Grégory Marmont du cabinet Tallis Consulting

 

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