Des milliards de dollars de transactions sont effectués chaque jour à travers des systèmes d’information financiers qui représentent à la fois des dépenses et des délais conséquents, mais aussi des fraudes et des cyberattaques.

Le paiement mobile sans contact avait déjà bouleversé le monde traditionnel du paiement – et de la banque – en donnant la possibilité aux utilisateurs possédant un smartphone de payer chez les commerçants en posant simplement le téléphone sur un terminal de paiement. Simplicité, efficacité et sécurité. C’est l’intégration de la technologie HCE, fournissant une représentation virtuelle des cartes de paiement, qui permet d’utiliser les commandes NFC d’un smartphone afin d’effectuer des transactions. Des solutions innovantes et de nouveaux acteurs ont donc pu émerger comme Apple avec l’Apple Pay.

Cependant, le temps dessine un nouveau paysage technologique en finance. L’apparition de la technologie blockchain notamment, considérée comme la plus importante innovation depuis internet, ainsi que la réglementation PSD2 qui entre en vigueur en janvier 2018, montrent des perspectives nouvelles pour les banques et annoncent l’arrivée de nouveaux acteurs.

La technologie blockchain a été connue à travers la controversée monnaie électronique « bitcoin », qui permet des opérations financières sans intermédiaire, ici les banques centrales. La blockchain est une base de données internationale non centralisée, fonctionnant en réseau et communiquant des informations par bloc à intervalles de temps réguliers tout en restant connectés les uns aux autres. Les informations sont vérifiées et sécurisées grâce à la cryptographie et les nœuds de stockage.

La particularité des crypto-monnaies, qui utilisent aujourd’hui au mieux cette technologie blockchain, est l’importance des acteurs « minant » la monnaie, qui permet d’une part la création du réseau connecté, décrit auparavant, et d’autre part la création de la monnaie. C’est en effet l’unique moyen de créer de la crypto-monnaie, contrairement aux monnaies traditionnelles et leurs banques centrales. Il est bien entendu important de souligner la différence entre les différentes crypto-monnaies existantes à ce jour, puisque chacune d’entre elles possèdent leurs propres business model et leurs propres valeurs.

Par nature et par destination, la blockchain permettrait de réduire les fraudes et les cyberattaques effectuées sur les bases de données, actuellement centralisées, des institutions financières.

Parallèlement, la directive bancaire PSD2 ou Payment Service Directive 2, initiée par la Commission Européenne, intègre la notion d’open banking permettant l’ouverture des données clients à des prestataires tiers au sein de la zone Euro (SEPA). Cette directive met donc fin au monopole des services de paiement détenus par les banques et permet l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs, principalement les fintech (Finance et Technologie). Les API’s vont être au cœur de l’open banking puisqu’il s’agit de la technologie qui va permettre les flux de données clients entre les acteurs du marché. Une API est une interface informatique programmée pour permettre à un logiciel d’offrir des services à d’autres logiciels.

Quand la réglementation favorise la technologie, les innovations ne sont plus incrémentales mais disruptives. En effet, il ne s’agit plus de développer le système actuel en intégrant une technologie innovante, comme nous avons pu l’expérimenter avec le paiement mobile sans contact. Il s’agira cette fois de voir émerger de nouveaux business models. Et pourquoi pas imaginer les banques offrir un système de paiement basé sur la technologie blockchain en créant des partenariats, garantissant ainsi une sécurité plus grande contre les fraudes et cyberattaques, sans frais et à une échelle mondiale.

La conclusion concernant les banques et le paiement est donc déjà actée mais elle n’est pas encore figée. Une technologie nouvelle mais non réglementée, la blockchain, dépasse l’offre de l’ensemble des acteurs d’un secteur. Les institutions, aujourd’hui européennes, cherchent à y faire face avec une réglementation permettant l’ouverture de marché à d’autres acteurs, principalement les fintechs, pour pousser des innovations disruptives sur ledit marché. La réponse de l’environnement, c’est-à-dire les banques, les clients, les entreprises, les organisations etc. pourront nous donner une vision du paysage à venir. Pragmatiquement, une réglementation ne peut forcer le changement, nous pouvons très bien imaginer des entreprises privées utiliser les crypto-monnaies pour leurs échanges.

Par Mounia Sayah consultante du cabinet ADWAY

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