Magazine Sports Stratégies – avril 2018 :

N’avez-vous pas toujours regretté d’avoir vécu les deux buts de Zinedine lors de la Finale de 1998 ailleurs que sur votre canapé ? Vous pouvez être le prochain à dire : j’y étais !

Avec 1 milliard de téléspectateurs devant la Finale de la Coupe du monde en 2014, nous pouvons prévoir que cet événement ultramédiatisé va de nouveau constituer une véritable opportunité pour de nombreux acteurs. Car au-delà des footeux, la cible se compose également de patriotes et supporters sociaux. Ainsi, le Sport Business a explosé ces quinze dernières années. Pour exemple de cette évolution exponentielle, les droits TV reçus par la FIFA en 2014 s’élevaient à environ 3,2 milliards d’euros.

Alors que cet événement planétaire tend à rassembler les foules, les moyens de diffusion deviennent paradoxalement individualistes. Désormais, Internet couplé avec des avancées technologiques telles que les smartphones ou tablettes, permet aux fans de suivre l’actualité sportive, visualiser en live les rencontres et faire des paris à leur guise. Ils étaient 280 millions à suivre les matchs sur leur mobile en 2014. Une opportunité pour le Sport Business, de lancer une offre qui s’adaptera aux besoins de chaque supporter.

LIVELIKE ET RÉALITÉ VIRTUELLE

Parmi les derniers services novateurs, nous nous sommes penchés sur l’offre d’une société d’application, qui propose d’assister aux matchs depuis la loge présentielle ou derrière les buts, tout en restant confortablement assis sur son canapé. LiveLike n’ayant rien communiqué sur ce sujet, on pourrait tout de même imaginer vivre la Coupe du monde comme si l’on était en Russie via une application de Réalité Virtuelle TF1 ou BeIN (détenteurs des droits en 2018 et 2022). Ainsi, l’audience de ces chaînes pourrait visualiser les rencontres (en live ou en replay), avec plusieurs angles de caméra personnalisables tout en ayant un accès aux statistiques et aux faits marquants. Pour compléter, la plateforme LiveLike allie RV et expérience sociale afin de garder l’esprit de cohésion et d’échange entre supporters. L’immersion proposée est familière avec celle des jeux vidéo, excepté que ce contenu sportif est novateur et gratuit.

Si la VR existe depuis des décennies, le marché était plutôt orienté vers les professionnels (aéronautique, santé…). Le grand public n’a été la cible directe qu’à partir de 2016, lors de la commercialisation de casques VR à prix plus compétitifs (Samsung Gear VR, Oculus Rift.).

Avec 3,7 millions d’unités écoulées en 2017, la plupart des acheteurs étaient des gamers, soit une population niche. Toutefois, la diffusion d’événements live est en phase de devenir une part de croissance du marché VR pour particuliers. Répondre à un besoin d’émotions à la demande sera le principal objectif de l’industrie du divertissement qui, grâce à cette technologie va décupler l’intensité du ressenti recherché par ses utilisateurs.

« Le Tournoi se déroulera dans les stades de 11 villes diférentes et le casque permettra d’en visualiser un maximum sans un quelconque déplacement »

LA RÉALITÉ VIRTUELLE DANS LES STARTING-BLOCKS

La médiatisation sportive n’a cessé de croître grâce au développement des moyens audiovisuels. Réciproquement, en 2018, la Coupe du monde pourrait avoir un impact sur la démocratisation de la VR compte tenu de la cible élargie de cet événement médiatique planétaire.

Même si le principal frein à l’achat est financier, un casque VR est plus rentable (409 € en moyenne) que le coût d’un voyage en Russie pour voir un seul match (685 € minimum). D’autant plus que le Tournoi se déroulera dans les stades de 11 villes différentes et le casque permettra d’en visualiser un maximum sans un quelconque déplacement.

De plus, l’acquisition du casque permettra par la suite un usage élargi à d’autres occasions. L’industrie du divertissement est fortement en train d’exploiter ce vecteur : sport (Roland-Garros diffusé par France TV et développé par LiveLike en 2017), mode (défilé Top Shop), spectacles (The Voice), documentaires (Discovery VR), séries (Lock-up). Il serait donc possible de passer d’une utilisation ponctuelle à une utilisation fréquente avec un contenu plus varié.

Enfin, assister aux rencontres par le biais de cette technologie réduira significativement le risque de rencontrer des hooligans russes, réputés provocateurs, ou de courir tout autre risque de violence, sans pour autant faire l’impasse sur la passion du jeu.

QUELQUES CHALLENGES POUR LA RÉALITÉ VIRTUELLE

Toutefois, avant que la démocratisation de la VR soit en marche, nous devons nous pencher sur des problématiques risquant d’être bloquantes. La sensation de motion sickness ayant été considérablement réduite, des freins plus structurels risquent d’impacter sa popularisation.

Pour commencer, à l’heure où les droits de diffusion de cette compétition ne sont pas rentables et ce, malgré de bonnes audiences, les chaînes sont-elles prêtes à investir dans le service proposé par LiveLike ? À noter, les grands groupes français de diffusion audiovisuelle n’accompagnent pas toujours suffisamment cette technologie pour booster son succès. De même, lorsque nous analysons le marché de la RV, la plupart des players sont des petites structures dont les moyens financiers ou techniques ne sont pas toujours à la taille du défi.

« La Coupe du monde pourrait avoir un impact sur la démocratisation de la VR compte tenu de la cible élargie de cet événement médiatique planétaire »

Par ailleurs, malgré une offre de casques VR grand public variée, cette technologie dispose de différents standards qui ne sont pas interopérationnels. À titre d’exemple, LiveLike adapte sa technologie aux casques Gear VR ou Google Daydream uniquement. Est-ce que le consommateur est prêt à comprendre cette technologie et ainsi faire son choix en termes d’équipement ?

Pour finir, haute technologie rime avec grand débit. Une fois que les foyers seront équipés, les réseaux 5G devront rapidement accompagner cette démocratisation. Cependant, ils sembleraient être en début de déploiement uniquement, et disponibles qu’à partir de 2020 en France.

En bref, si les acteurs de la VR ne tempèrent pas ces impacts avant juin 2018, le futur de la RV pourra alors être entre les mains de la 22e édition qui se déroulera au Qatar en 2022…

Par Carmen Gomez consultante Senior du cabinet ADWAY

 

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