Les Echos – 11 septembre 2018 :

Il y a 10 ans, la crise financière ébranlait le monde entraînant plusieurs établissements financiers en cessation de paiement, dont le plus célèbre fut Lehman Brothers. Cette crise financière s’est rapidement transformée en une crise économique mondiale qualifiée de plus grave depuis la crise de 1929, car elle a eu des conséquences sur l’économie réelle en affectant l’octroi de crédit et, par effet domino, a entraîné une baisse forte de la croissance du PIB des principales puissances économiques mondiales.

Cette crise financière s’est rapidement transformée en une crise économique mondiale qualifiée de plus grave depuis la crise de 1929, car elle a eu des conséquences sur l’économie réelle en affectant l’octroi de crédit et, par effet domino, a entraîné une baisse forte de la croissance du PIB des principales puissances économiques mondiales.

Depuis 2008, les régulateurs ont fortement durci les règles de conformité pour les acteurs de marché et les banques centrales ont mis en place des politiques monétaires non conventionnelles.

En ce qui concerne les règles de conformité plus strictes pour les acteurs financiers, on peut citer :

  • La réglementation Volcker : La réglementation Volcker a pris effet en 2014 et vise à limiter les investissements spéculatifs des banques. Elle a également pour objectif d’empêcher les conflits d’intérêts pouvant toucher les banques d’investissement.
  • La réglementation MIFID II (Markets in Financial Instruments Directive) : La réglementation MIFID II a pris effet en 2018 et a pour objectifs principaux de renforcer la transparence des produits financiers et de tracer leur négociation sur les marchés financiers afin d’améliorer la protection des investisseurs.
  • La réglementation Bâle III : La réglementation Bâle III a permis d’augmenter les exigences en fonds propres des banques. Cela permet de constituer des réserves pendant les périodes fastes.

Des politiques monétaires plus accommodantes

Suite à la crise de 2008, les banques centrales ont été contraintes à faire de la stabilisation bancaire et financière une priorité et un objectif. En 2010 la BCE a fait face à une crise des dettes souveraines qui l’a conduite à repenser les canaux de transmission de la politique monétaire au sein de la zone euro. La BCE a utilisé un processus non conventionnel de rachats massifs de dette d’état au printemps 2015 en achetant jusqu’à 80 milliards d’euros par mois. La politique des taux bas de la BCE est encore appliquée et a permis de relancer la croissance de la zone euro.

Des indices boursiers à des niveaux record

Durant ces 10 dernières années, l’augmentation de la liquidité due à la création monétaire a irrigué les marchés financiers et a entraîné une hausse des indices boursiers mondiaux. Aux États unis l’indice Dow Jones a été environ multiplié par 4 entre mars 2009 et janvier 2018. L’euphorie boursière de ces dernières années devrait être tempérée par l’augmentation lente des taux d’intérêt par les banques centrales.

L’augmentation des dettes publiques

Les grandes puissances ont engagé des plans de relance importants après la crise de 2008. Les dettes de ces pays ont augmenté mécaniquement pour atteindre plus de 20 000 milliards d’euros aux États-Unis (105,4 % du PIB) et plus de 2 200 milliards d’euros en France (97,6 % du PIB).

La politique des taux bas menée depuis la crise de 2008 a d’une part favorisé les augmentations de dette et a fait peser une menace importante pour les générations futures, car la dette mondiale (publique et privé) représente aujourd’hui environ 237 000 milliards de dollars. D’autre part, cette politique accommodante représente un risque, car si une nouvelle crise d’ampleur mondiale survenait les banques centrales ne pourraient plus utiliser le levier traditionnel de baisse des taux pour relancer les économies.

Un monde de bulles

Les politiques monétaires accommodantes menées par les banques centrales conjuguées à un renforcement des réglementations qui ont contraint les banques à augmenter significativement leurs fonds propres ont renforcé la confiance des marchés en l’avenir. Cette confiance s’est traduite par une hausse des indices boursiers qualifiée de bulle par certains observateurs qui détectent les prémices de la prochaine crise économique.

Par Jonathan Corcos Project Manager du cabinet VIATYS conseil

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.