Riskassur-Hebdo.com – le 26 juin 2019 :

La combinaison identité numérique et technologies blockchain est-elle la formule gagnante pour les assureurs ? Le couple magique est une des applications directes du marketing comportemental et de la personnalisation des offres qui permet d’aller chercher de la croissance sur le marché de l’assurance. Le POC (Proof of Concept) de tarification en temps réel, dans l’assurance de transport de marchandises par bateaux par MS AMLIN est une des premières belles initiatives à recenser.

Les réglementations européennes telles que RGPD qui donne la responsabilité du traitement des données à “la personne physique ou morale, l’autorité publique, le service ou un autre organisme qui, seul ou conjointement avec d’autres, détermine les finalités et les moyens du traitement”. Ou eIDAS poussent à repenser les offres dès la conception. eIDAS entré en vigueur en 2014, signifie « electronic IDentification, Authentication and trust Services » et est la première brique d’un socle commun en matière de confiance numérique entre les 28 pays de l’union européenne. Pour cadrer les problématiques métier de signature, d’horodatage, d’identification, de préservation des documents de preuve ou encore la lettre recommandée électronique.


Du côté des technologies de la blockhain qui ont pour rôle de proposer des langages, des moyens de communication, le « Privacy by Design » agit pour la protection des données personnelles ; l’identification des assurés fait partie intégrante de la conception des offres. Ce qui offre aux assureurs une meilleure qualité de données, ainsi que l’opportunité unique de s’intégrer aux parcours clients de leurs assurés pour répondre au mieux à leurs besoins.

Quel est l’impact de la technologie blockchain en assurance ?

Les assurances indicielles ont pour vocation de se prémunir contre les aléas de liés un indice (généralement la météo, le retard d’avion etc…). Dans un cas d’assurance indicielle sur la météo, lorsqu’une garantie météorologique n’est pas remplie, mon assuré est remboursé. La technologie blockchain peut avoir un impact sur l’assurance indicielle, en automatisant les systèmes d’indemnisation. L’utilisation de cette technologie en assurance permet d’indemniser le manque de résultats d’une prestation. Friendsurance positionné sur l’assurance collaborative, met en relation des groupes d’assurés aux usages commun. La société utilise par exemple, l’assurance collaborative, les blockchains et l’intelligence artificielle pour déployer des modèles d’assurance peer-to-peer tout en minimisant les interventions humaines.
Les smart contrats sont des contrats à exécution automatique qui sur les blockchains agissent de façon décentralisée, autonome. De façon concrète, un smart contract exécute automatiquement les conditions préalablement définies dans les règles du contrat. Appliqué à l’assurance, c’est indemniser ou déclencher une garantie non sur la base du rapport de confiance assuré-assureur, mais sur le « comportement » ou déclenchement du fait générateur attaché à une garantie. Axa l’a fait avec Fizzy sur le retard d’avion, qui déclenche l’indemnisation de l’assuré. On peut aisément l’imaginer sur d’autres garanties.

Le rôle de l’identité numérique : « Privacy by Design » et « Zero Knowledge Proof » les moyens de limiter l’intrusion dans la vie privée des assurés ?

L’identité numérique représente l’ensemble des identifications que nous laissons en ligne : comptes sur les réseaux sociaux, boutiques en ligne, coffres-forts électriques, espace Ameli… Des initiatives existent pour rassembler ces identifications, en vue de créer une identité numérique (c’est le cas de l’Estonie avec la citoyenneté numérique globale, initiative lancée en 2001). La France n’est pas en reste, car le l’initiative France connect met en relations des sites Ameli, Impots.gouv etc… et bientôt d’autres acteurs en utilisant une identité numérique sécurisée. Cependant, qui dit identité numérique, dit « Privacy by Design » et dit « Zero Knowledge Proof » (e.g. participer à des échanges, entrer dans une transaction, en ne dévoilant qu’une partie de son identité, qui prouvent notre droit à participer à la transaction et permet de nous retrouver à postériori). Ces principes sont les moyens d’offrir aux utilisateurs de confidentialité minimum et un droit de regard sur l’utilisation qui est faite de leurs données.
Les services des technologies Blockchain permettent de rattacher les adresses publiques à l’identité de leurs propriétaires. RGDP est alors applicable dans de nombreux cas de figure : utilisation d’un portefeuille en ligne ou d’une plateforme de change, lutte contre le blanchiment d’argent (Know Your Customer) …

La désintermédiation et le partage de données portés par les technologies blockchain, ne font sens qu’en cas d’identité numérique forte et sécurisée. Une forte identité numérique est nécessaire aux assureurs pour des questions de conformités et aux assurés pour leur garantir que ses données sont traitées dans les protocoles sécurisés. Or les technologies blockchain constituent en elles même une réponse au besoin de sécurité par les principes traçabilité et sécurisation des transactions via la « proof of Authority» qui est le procédé de minage qui garantit l’authenticité d’une blockchain.

Vers une redéfinition des offres et modes d’indemnisation via les blockchains & smart contract ?

Les technologies Blockchain et de façon plus large les DTL (Distributed Ledger Technologies) sont intuitivement associées à la désintermédiation des échanges. Appliquées à l’assurance, on y voit un moyen de fluidifier les processus d’indemnisation, de minimiser le degré de confiance requis de la part d’un seul acteur du système, ainsi de de mieux faire communiquer les différents acteurs du système via un jeu économique qui les incite à coopérer avec les règles définies par le protocole. De plus les données collectées et stockées au travers de l’identité de numérique, vont nourrir les systèmes des assureurs permettant de construire un marketing comportemental, permettant de personnaliser les offres et de s’insérer dans le parcours client des assurés pour proposer une offre adaptée à leurs besoins.
Une majorité des assurés ne s’intéresse pas à la blockchain ou aux smart contracts et commence à peine à comprendre les enjeux de l’identité numérique. Une question reste alors en suspens, comment offrir des services de qualité et s’intégrer dans le parcours de consommation d’un assuré sans être dans un flou éthique en matière de violation de données et de la vie privée des assurés ?

Par Glodie Mpakou-Solo, consultante du Groupe Square

 

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