La technologie blockchain est-elle disruptive ?

Finyear – le 11 décembre 2019 :

La blockchain s’inscrit dans le mouvement de la transition numérique et concerne tous les secteurs. Il s’agit d’une nouvelle approche en termes de technologie, de métiers et d’organisation. Comment la définir et quel est son impact ?
Décryptage rapide avec les quelques lignes qui suivent.

La blockchain, de quoi parle-t-on ?

La blockchain appartient aux technologies de registre distribué, plus connues sous le nom de Distributed Ledger Technology (DLT). Lorsque vous validez une donnée sur ce réseau, tous ceux qui utilisent ce réseau le savent et le voient au moment même où vous « publiez » votre information. Pour comprendre les DLT, imaginons que nous jouons aux cartes. Quelques participants se réunissent autour d’un jeu de cartes auquel ils attribuent eux même une valeur à une carte :
– Chaque participant correspond à un noeud du réseau de joueurs ;
– Tous les participants s’accordent sur la valeur de la carte qui est en jeu durant la partie (soit le consensus), sans qu’aucune personne extérieure au jeu ne valide la valeur de cette carte (pas d’intermédiaire) ;
– Aucun d’entre eux ne peut changer cette valeur en cours de partie, sous peine d’être qualifié de « tricheur » et donc d’être exclu du jeu ;
– A l’occasion d’une autre partie, la valeur de cette carte peut être modifiée via un accord de l’ensemble des joueurs.
Nous venons de distribuer de façon consensuelle la valeur d’une carte à tous ses participants.

La blockchain se définit comme un réseau constitué d’une chaîne de blocs successifs. Chacun de ses blocs contient l’historique des blocs précédents ainsi que les données de la transaction dont il est l’objet. Les données véhiculées en toute transparence selon des règles précises – autrement appelé protocole de communication – sont accessibles et mises à jour depuis plusieurs emplacements : les noeuds du réseau. La relation entre le client (de la transaction) et son fournisseur est directe. La validation consensuelle des transactions remplace le rôle intermédiaire de valideur.

La blockchain peut se résumer en trois mots :
– Confiance, puisque le client considère de facto que les données transmises par son fournisseur sont exactes. On parle de réseau de confiance formel.
– Distribution, puisque les données validées dans un bloc sont automatiquement disponibles en même temps à tous les noeuds du réseau. On parle de réseau à registre distribué.
– Transparence, puisque l’intégralité des données, modifications comprises, sont inscrites dans chaque bloc et connues de toutes les personnes utilisant ce réseau.

Quel est l’impact de la blockchain dans notre organisation actuelle ?

La multiplication des offres de Blockchain as a Service (1), proposées notamment par Microsoft via Azur Blockchain Service ou par Amazon via Blockchain Template d’AWS, démontre clairement la tendance à la propagation de cette technologie. Bien que souvent montrée du doigt pour des raisons de performance (2), rappelons que la version fermée de la blockchain, restreinte à un nombre défini de participants (et donc de noeuds) afin d’éviter les abus et de conserver l’intégrité de la chaîne, peut être adaptée à des besoins spécifiques de systèmes d’informations (SI). Les groupes bancaires s’y intéressent de près, notamment pour sécuriser les paiements à distance ou les tradings d’actions, pour éviter le piratage ou encore pour lutter contre le blanchiment d’argent, sans pour autant se précipiter dans son application.

La grande majorité des SI bancaires repose sur le langage Cobol. Une migration vers un nouveau système utilisant un autre langage (java par exemple) impliquerait une quantité de travail énorme (réécriture complète d’un code de plusieurs milliers de lignes) pour un retour sur investissement à qualifier, tout en comportant un risque. Rappelons que Cobol, dont la construction est facile et très structurée, est fiable et protégé (puisqu’il est peu exposé à Internet), mais ancien. La version GnuCOBOL permet d’actualiser ce langage et surtout d’être utilisé dans la blockchain. Ainsi, la blockchain améliorerait le SI bancaire (clé de cryptage des données à titre d’exemple), sans pour autant le « disrupter » (conservation du code historique en Cobol).

L’illustration de l’évolution et de la transformation des systèmes d’informations des groupes bancaires le montrent bien. Plusieurs avancées laissent croire son essor, et pour autant, la blockchain ne semble pas (encore) perturber ce type de SI.

La blockchain perturbe-t-elle réellement le marché ?

Au vu de ces éléments, pouvons-nous affirmer que la blockchain va « disrupter » le marché ? La réponse doit être modérée. La lenteur de mise en place, la diversité et la quantité des différents coûts engendrés, même si le besoin réel se dessine, font croire que le temps d’adaptation à cette technologie permettra d’éviter de désorganiser l’écosystème concerné. En bref, la blockchain est certes une évolution mais pas une révolution.

(1) BaaS : Blockchain en tant que service, situation dans laquelle une société fait appel à un fournisseur externe de service Cloud pour gérer une infrastructure de technologie Blockchain.
(2) La blockchain publique (ouverte) gère 8 transactions par seconde. Elle n’est pas encore aussi rapide que les systèmes de transactions actuels comme celui qu’utilise visa, qui en traite des milliers.

Par Sophie Platon, consultante Square

 

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