L’optimisme au travail, naïf ou innovant?

Focus RH – le 15 janvier 2020 :

Chaque jour, les sondages, les unes de journaux ou les conversations au café le rappellent : la France n’est pas une terre d’optimisme. La sphère professionnelle n’échappe pas à cette attitude, bien au contraire. Normal ? Demandons-nous donc si cette posture est bien la plus rationnelle pour l’entreprise ou si au contraire l’optimisme n’est pas un mode de pensée parfaitement en phase avec les objectifs de notre époque.

L’optimisme, un regard mal interprété

Avant tout, il est important de rappeler ce qu’est l’optimisme. Le Larousse le définit comme « la confiance dans l’issue favorable d’une situation ».

A lire ces mots, nous pouvons légitimement nous demander pourquoi les optimistes sont si mal perçus en France. D’évidence il y a un vrai malentendu.

Souvent considéré comme un individu naïf et insouciant, l’optimisme est vu comme quelqu’un de déconnecté du monde ; un grand enfant, un peu rêveur, qui n’a pas la mesure des choses. Winston Churchill disait pourtant « Le pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. L’optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ».

Optimisme et réalisme ne doivent donc pas être dissociés. Nous parlons bien d’une conscience du réel et d’une projection positive dans le futur. Mais Churchill était anglais. S’il a certes démontré que l’optimisme pouvait porter son peuple jusqu’à la victoire, il n’a pas réussi à vaincre les préjugés français, même au sein de nos entreprises d’habitude si ouvertes à la pensée anglo-saxonne.

Le collaborateur optimiste, un héros face aux défis

Dans un cadre professionnel, les optimistes se reconnaissent vite. D’abord ils sont déterminés. Là où certains voient des difficultés, et donc un risque d’échec, eux se réjouissent de la stimulation intellectuelle apportée par ces situations compliquées. Mieux encore, les défis les stimulent. Ils ont tendance à se focaliser sur le but à atteindre, peu importe les obstacles.

Pour les surmonter, seconde caractéristique, ils sont inventifs. Quand ils ne trouvent pas, ils restent persuadés qu’une solution existe et redoublent donc d’idées pour contourner ou résoudre le problème.
Pour cela, troisième signe distinctif, ils n’hésitent pas à s’entourer de personnes qui peuvent les aider. Sans complexe ni gêne, ils admettront leurs limites et iront solliciter d’autres têtes pour d’autres idées.
Expliquer, fédérer, ouvrir, sont autant de leviers dont ils se serviront pour réussir à voir la lumière au bout du tunnel.

Bref, l’optimiste est persévérant, inventif, collaboratif. Quelle organisation n’en rêverait pas ? Et pourtant les managers ne semblent que rarement conscients de ce potentiel.

L’optimisme dans les organisations, la pépite cachée

Même les optimistes s’usent s’ils ne sont jamais entendus et soutenus. Il faut donc que l’organisation réfléchisse et agisse pour favoriser une approche optimiste, permanente et généralisée.

La première étape est évidemment l’incitation managériale. Un manager ne peut certes pas exiger que ses collaborateurs soient des optimistes. En revanche, l’optimisme étant contagieux, il peut mettre ces « spécimens » en lumière ou les mêler aux équipes les plus dynamiques.

Il peut également s’appuyer sur la valeur de l’exemple, en veillant lui-même dans ses propos et dans ses actes à adopter une approche optimiste des projets. C’est une démarche gratuite qui peut être promue progressivement, d’abord sur des périmètres restreints, puis généralisée à des projets d’ampleur.

Enfin, être une organisation d’optimistes permet, dans les moments incertains et concurrentiels, d’être prêt à rebondir sans se laisser déstabiliser. Si les optimises se concentrent sur le but plutôt que sur les étapes, l’agilité fait donc partie intégrante de leur démarche.

L’exemple le plus flagrant est bien évidemment celui des start-ups. En se lançant sur des marchés confus, avec des clients rares et des ressources financières comme humaines parfois quasi nulles, ces jeunes pousses sont tenues à l’optimisme pour avancer et innover.

En France, l’optimisme fait peur car il est mal compris. Soyons lucides et constatons ensemble qu’en désacralisant la prise de risque et en encourageant l’autonomie des collaborateurs, les organisations peuvent trouver un nouveau levier d’efficacité collective et de satisfaction individuelle. En bref, pour optimiser votre organisation, optez pour l’option optimiste.

Par Julie Gérard, consultante Square

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :