Stimulons l’innovation pour faire de l’économie circulaire un pari gagnant.

Finyear – le 11 avril 2020 :

Les périodes de crises sont propices aux changements de paradigmes : les entreprises cherchent de nouveaux marchés, à développer de nouveaux avantages concurrentiels et de nouveaux schémas organisationnels. Bref elles cherchent à sortir de la crise plus fortes qu’elles y sont entrées et à se prémunir des suivantes.

Le modèle de l’économie circulaire est une alternative au modèle actuel de production et de consommation : il apporte des solutions judicieuses qui, portées par l’innovation, constituent un cercle vertueux. Ce concept suscite un intérêt croissant parmi les entreprises, les politiciens et les citoyens puisque l’économie circulaire apparaît comme une alternative qui permet de supprimer le lien entre la croissance économique, la consommation de ressources et la dégradation de l’environnement. Il s’agit d’une option prometteuse, capable de résoudre les problèmes environnementaux tout en créant de nouvelles opportunités commerciales.

Une question de rythme

La croissance économique des 250 dernières années a été basée sur un modèle linéaire : extraire, fabriquer, utiliser et jeter. Ce modèle implique une pression sur les ressources, une volatilité des prix, une dégradation des écosystèmes et une perte de capital naturel. En 1930, l’économiste britannique John Maynard Keynes a prédit qu’en 100 ans, l’humanité aurait gagné sa bataille contre la pénurie. Aujourd’hui, cependant, la pression sur les matières premières se poursuit et s’accroît. La population mondiale devant dépasser les 8 milliards d’habitants d’ici 2030, il faut s’attendre à une saturation progressive des ressources et à une nouvelle érosion de l’environnement. Un changement décisif est nécessaire dans le modèle de croissance et dans la manière dont les êtres humains interagissent avec la biosphère.

Jusqu’à présent, l’économie se permettait une vision excessivement « courtermiste » sur de nombreux sujets comme celui de l’utilisation des ressources, basée sur l’usage et le rejet, et avec un objectif clair : maximiser le profit en un minimum de temps. L’économie circulaire a une perception plus transversale car elle prend en compte le coût des matières, de leur retraitement et les bénéfices générés par leur réutilisation, l’utilisation des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique en coûts complets. Il est vrai que les entreprises, ne serait-ce que pour des raisons éthiques et morales, sont de plus en plus respectueuses de la nature, mais ce nouveau système économique leur permet désormais d’être plus compétitives et de gagner de l’argent (ce que nous ne devons pas oublier est la raison d’être de toute entreprise) mais de manière plus juste et plus responsable, en étant plus efficaces et efficientes dans leurs systèmes de production.

Le monde évolue à un rythme rapide et il ne fait aucun doute que l’innovation technologique, outre le fait de nous faciliter la vie, de nous faire travailler différemment ou de changer nos interactions, constitue une grande opportunité commerciale pour les entreprises. Pour ne citer qu’un exemple de la façon dont l’innovation technologique façonne le monde des affaires, en 2007, parmi les cinq premières entreprises du monde, une seule était technologique (Google). Dix ans plus tard, Amazon, Facebook, Microsoft, Apple et Google constituent ce classement. Si nous faisons une analyse comparative entre le comportement en bourse des entreprises traditionnelles et celles qui ont misé sur l’innovation, ces dernières croissent plus vite, dévaluent moins et, en cas de crise, en plus d’être plus rentables, se redressent plus rapidement, ce qui certifie qu’au XXIe siècle, la clé de la compétitivité est la technologie qui conduit à la transformation du modèle économique.

L’aspiration à réaliser un système circulaire stimule les idées créatives et innovantes

Contrairement à la croyance encore présente dans une partie de la société, parier sur un système de production respectueux de l’environnement n’exige pas nécessairement un investissement financier plus important. L’innovation technologique peut contribuer à réduire les coûts de la transition vers l’économie circulaire, Le tissu économique dispose de nombreux moyens pour optimiser les ressources matérielles de manière rentable grâce à l’utilisation de technologies de pointe et de nouveaux modèles commerciaux basés sur les principes de longévité, de rénovation, de réutilisation, de réparation, de collaboration et de dématérialisation. Il est prouvé que les investissements « verts » peuvent être plus rentables que les investissements traditionnels à long terme. De plus, ce nouveau modèle économique a le potentiel de créer de nouveaux emplois.

De nombreux succès ont déjà vu le jour et les nouvelles initiatives se multiplient, par exemple dans le secteur textile l’entreprise Alory : « Alory est une jeune marque de vêtement lyonnaise engagée dans une démarche éthique, mêlant recyclage et savoir-faire français. Alory redonne vie à des tissus voués à l’enfouissement ou à l’incinération en récupérant auprès d’industriels de la région lyonnaise des fins de série, des stocks dormants, des chutes de tissus, des tests d’impression ou des prototypes non utilisés. » https://alory-shop.fr/

Ou encore dans le secteur informatique l’entreprise AfB : « AfB collecte des parcs informatiques en fin de cycle auprès d’entreprises et de collectivités pour leur donner une deuxième vie. Le matériel est audité, les données effacées de façon sécurisée et le matériel réparé ou upgradé si nécessaire pour être proposé à la vente à petit prix en magasin ou sur internet, assorti d’une garantie d’un an. »
https://www.afb-group.fr/home/

Face au déclin du système linéaire, le modèle circulaire émergent transforme des ressources fondamentales et des matières premières en voie de raréfaction en nouvelles opportunités et en avantages. L’innovation est un puissant catalyseur de l’économie circulaire. Les deux concepts se nourrissent l’un de l’autre : l’innovation et l’économie circulaire forment un cercle vertueux.

L’économie circulaire est un pari gagnant

Il y a de fortes raisons de parier sur l’économie circulaire. Quelle entreprise, quel gouvernement ne serait pas intéressé à réduire sa dépendance aux ressources, tout en résolvant les problèmes environnementaux et en transformant les déchets en revenus ? Le discours est attrayant et motivant mais pour y parvenir il faut compter sur l’engagement de tous.

– En tant que citoyens, nous pouvons faire avancer l’économie grâce à nos décisions de consommation innovantes en rupture avec la consommation de masse (achat, épargne, investissement, etc.), il s’agit d’une innovation culturelle avant tout. Nous pouvons louer certains biens plutôt que de les acheter et opter pour des entreprises, des produits et des services qui intègrent la circularité. En outre, diverses initiatives, mouvements et communautés de citoyens facilitent la mise en oeuvre des principes circulaires, à partir de la base et de manière collaborative.

– Les administrations, pour leur part, ont la capacité d’accélérer la transition circulaire grâce à des politiques et des législations harmonisées, en accord avec les politiques européennes. Elles peuvent également collaborer en utilisant de manière proactive des instruments tels que les marchés publics innovants et les marchés publics écologiques. Elles peuvent également promouvoir des réformes fiscales et concevoir des stratégies éducatives. La transition vers une économie circulaire est d’ailleurs une priorité pour l’Union européenne, qui plaide pour des bénéfices environnementaux (associés à la protection de l’environnement naturel), sociaux (nouveaux emplois) et économiques (grâce aux économies de matières premières, à la compétitivité et aux opportunités commerciales).

– Certaines entreprises, les plus innovantes, appliquent déjà la circularité et obtiennent ainsi un avantage concurrentiel. Elles produisent de l’énergie à partir de déchets, valorisent les sous-produits, basent leurs modèles d’entreprise sur des plateformes collaboratives, créent des réseaux de logistique inverse, remplacent les modèles de propriété par des modèles de paiement de services ou participent à des processus de symbiose industrielle. Les start-ups, plus agiles et plus flexibles, sont les premières à utiliser des modèles d’entreprise circulaires. Certaines multinationales encouragent également des initiatives notables. Mais la plupart des grandes entreprises misent-elles suffisamment sur ce nouveau modèle, ou leur ADN est-il encore linéaire ?

L’économie circulaire est l’un des grands défis créatifs de notre époque. Le changement nécessaire pour y parvenir est immense. La bonne nouvelle est que ce changement est possible et bénéfique à de multiples niveaux. Toute avancée dans ce processus contribuera à sa réalisation. Une innovation peut apporter des dizaines d’autres innovations et cette tendance contribuera à faire atterrir le modèle et son adoption massive et généralisée. Relevons donc le défi en pariant sur l’innovation !

Paul de Botherel, senior manager Square

 

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