Les fintech, les game changers du monde bancaire.

@Blake Wisz

Le Journal du Net – le 25 juin 2020 :

Si les fintech ont été, dans un premier temps, observées d’un œil amusé par les grands établissements financiers, elles ont su et continuent de surprendre par leurs innovations et leurs vision disruptive d’un marché peu agile.

Cibler un besoin spécifique, le couvrir de manière optimale et avec une grande efficacité au travers de techniques nouvelles, voici l’objectif des fintech. paytech, roboadvisors, regtech, néobanques, insurtechs, spécialistes de la blockchain, sociétés de crowdfunding ou encore de cash management, il existe toutes sortes de fintech venant révolutionner notre manière de travailler l’argent. La jeunesse de leurs effectifs combinée à des structures de taille réduite ont été des éléments moteurs leur permettant d’agir vite, peut-être trop pour l’ensemble du milieu.

Une nouvelle concurrence observée tardivement

La plupart des grands établissements financiers ne se sont rendus compte de l’intérêt des fintech qu’après l’envolée de leur exposition médiatique. S’il pouvait exister une part de mépris à leur égard, bien d’autres raisons venaient expliquer ce manque de considération.

En effet, la crise des subprimes était passée par là et avait apporté avec elle son lot de nouvelles réglementations. Les impacts étaient considérables pour la grande majorité des banques et à l’origine de coûts de mise en conformité massifs. Une véritable transformation devait alors avoir lieu, tant du point de vue des processus métiers que des vieillissants systèmes informatiques.

Inattendus, ces événements gérés dans la douleur se sont combinés à une situation économique en pleine mutation. De la concurrence en passant par la diminution des marges sur prêts ou encore par des dépôts à taux négatifs, les bouleversements ont été nombreux durant la dernière décennie et les résultats des établissements fortement impactés.

Tandis que ces colosses aux pieds de plomb sortaient tardivement de leur léthargie économique et réglementaire, les fintech, elles, profitaient de ce moment de faiblesse pour transformer le monde bancaire et financier en profondeur.

Le prisme d’une concurrence nouvelle s’est ainsi fait de plus en plus fort, le domaine bancaire voyant son marché fortement challengé par l’apparition de ces nouveaux et inattendus entrants. En venant grignoter des parts et devenir de véritables adversaires, les fintech se faisaient bien sûr connaître du grand public, mais surtout, elles apparaissaient aux yeux des banques.

Les fintech, l’ère des alliances et des rachats

En devenant de véritables acteurs du paysage bancaire actuel, les fintech ont su démontrer leur capacité à transcender un marché peu mouvant. Si certaines tendent à rester indépendantes ou fonctionnent au travers de nombreuses levées de fonds successives (notamment N26 ou encore Revolut), d’autres ont vu des rapprochements avec les banques traditionnelles d’un bon œil.

Il faut dire que les avantages réciproques sont nombreux : les fintech amenant de nouvelles technologies et une vision neuve aux banques traditionnelles qui, elles, vont apporter stabilité et ressources pour ces jeunes structures en recherche constante de trésorerie et de croissance. Le changement engendré par ces rapprochements se voit d’autant plus réussi qu’il permet de procéder à des expérimentations nouvelles. Les fintech intégrées sont effectivement devenues de véritables « laboratoires » aux contraintes allégées.

De nombreux rachats ont ainsi été opérés au cours des dernières années, avec en tête de file BNP Paribas qui a procédé à l’acquisition d’un acteur majeur, à savoir Nickel (anciennement CompteNickel). Le Crédit Mutuel Arkéa a, lui, intégré Leetchi, Grisbee, Yomoni, MangoPay, Pumpkin, Fluo, Linxo, Younited Credit ou encore Budget Insight, en faisant l’un des acteurs les plus importants du marché français, mais encore loin du cas d’école Goldman Sachs et son portefeuille de plus de 500 fintechs.

Selon l’Observatoire de la Fintech, le financement de la fintech en France a dépassé en 2019 un nouveau plafond de 600 millions d’euros, ceci confirmant un engouement pour ce secteur.

Ce phénomène peut paraître nouveau, tout du moins pour l’univers bancaire. Il est cependant possible de procéder à un parallèle avec le monde de la tech où l’achat et l’intégration de start-up est régulier pour obtenir et ajouter de nouvelles technologies aux portefeuilles des plus grands.

Les entreprises de la tech ont d’ailleurs, elles aussi, compris l’intérêt d’une alliance avec les établissements financiers afin de mieux combiner leur savoir-faire technologique avec la connaissance du domaine financier. En témoignent les récents partenariats entre Apple et Goldman Sachs pour proposer l’Apple Card aux Etats-Unis, ou de manière similaire en France, entre Orange Bank et Franfinance (établissement de crédit du groupe Société Générale).
L’ère des alliances et des rachats se présente donc comme l’avenir des banques. Encore à ses débuts, elle montre une dynamique forte et riche de conséquences pour les prochaines années et devrait façonner de manière significative l’échiquier concurrentiel qu’est le marché bancaire actuel.

Par Adrien Caiazzo, consultant chez Square

 

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