Banques : comment l’agilité optimise la conduite de l’innovation ?

Journal du Net – le 29 juillet 2020 :

Il devient indispensable pour les banques de trouver de nouvelles manières d’interagir avec leurs clients, de travailler en équipe, de créer de nouveaux produits ou encore de conquérir de nouveaux marchés.

La conduite de l’innovation, enjeu majeur des organisations bancaires dans un univers très concurrentiel et en constante évolution, réside en partie dans la capacité à laisser la liberté aux collaborateurs de proposer des idées. Cette liberté permet également d’augmenter leur implication et leur motivation. Parmi les stratégies mises en place, les méthodes agiles s’inscrivent comme de potentiels accélérateurs de cette « liberté d’innover ».

Un marché exigeant

Le marché bancaire fait face ces dernières années à plusieurs transformations profondes. Les évolutions qu’il subit sont au moins de deux types : tout d’abord les réglementations, de plus en plus importantes pour les banques en termes d’organisation et de processus, et ensuite les évolutions technologiques (intelligence artificielle, biométrie, mobile, cryptomonnaies), venant constamment mettre à l’épreuve ces institutions.

Le marché nécessite une réponse rapide, adaptée, scalable face à cet environnement. Il devient indispensable pour les banques de trouver de nouvelles manières d’interagir avec les clients, de travailler en équipe, de créer de nouveaux produits ou encore de conquérir de nouveaux marchés.

La comparaison est possible avec les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), start-up à l’origine et devenues à la fois multinationales et entreprises capables de s’adapter rapidement. Ces entreprises évoluent rapidement et fonctionnent souvent en mode agile. Cette méthode permet d’être plus flexible dans la conception de produits et services ou le développement de nouvelles fonctionnalités. Cela se traduit notamment par une capacité à se concentrer sur l’expérience utilisateur, une flexibilité sur les changements de business plan et une grande cohésion d’équipe. La recherche permanente d’adaptation et d’innovation leur permet de résister à une concurrence très rude.

On retrouve aujourd’hui dans l’univers des start-up, presque systématiquement, l’approche et les principes de la méthode agile. De par leur taille, les start-up possèdent un avantage natif sur la capacité à prendre des directions différentes et s’adapter en communiquant facilement entre collaborateurs grâce aux équipes réduites.

En favorisant la communication et la collaboration, l’entreprise peut alors instaurer une véritable culture de l’innovation.

La nécessité d’impliquer les collaborateurs dans la démarche d’innovation

La collaboration et la confiance accordée aux collaborateurs sont des piliers importants des nouvelles méthodes de travail. A travers le fameux « fail fast, learn fast », le lean start-up promeut une liberté d’initiative et un droit à l’erreur en interne, afin d’encourager les essais multiples et de parvenir à des projets capables de répondre au marché. Les vertus d’un fonctionnement agile peuvent faire « pousser des ailes » à certains collaborateurs se sentant trop à l’étroit dans une organisation classique et lancer des initiatives internes. L’idée est de se rapprocher du principe de squad, se définissant ainsi : une équipe de 5 ou 6 personnes au plus, pluridisciplinaire, avec une responsabilité partagée, une mission claire et une concentration sur les besoins du client avant tout.

L’acculturation des équipes à l’agilité est un point de départ du cercle vertueux de la création de valeur. Elle permet de favoriser l’initiative sur le modèle des start-up (hiérarchie plate, flexibilité) et de répondre de manière concrète aux nouveaux enjeux du marché (en intégrant davantage la vision utilisateur).

Vers d’autres modèles bancaires pour favoriser l’innovation ?

Poussons le raisonnement plus loin. Pourquoi ne pas imaginer, de manière utopique, un système où les banques seraient composées d’un ensemble de start-up interconnectées, spécifiques à des segments de marchés ou des technologies, et permettant une adaptation constante au marché. Cet ensemble pourrait composer le « tiers de confiance » que représente la banque habituellement, les start-up collaborant et formant une entité financière stable. Il proposerait des produits et services qui évoluent au rythme du marché grâce à un fonctionnement agile et des équipes réduites sur le format des squads.

Dans un monde qui prône l’entrepreneuriat, ce scénario peut paraître réaliste comme modèle de la banque de demain. La fusion des deux mondes, l’entreprise et la start-up, peut aller plus loin que les démarches de labs et d’incubateurs qui sont fréquemment mises en place. On parle alors de CorpUp (contraction de corporate et start-up), un concept régulièrement évoqué dans les échanges sur les modèles d’entreprise de demain.

Par Geoffroy Buguet, consultant chez Square

 

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