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Smart Contract et assurance : menace ou opportunité pour l’intermédiation ?

Riskassur – N°600 :

Les 17 et 18 septembre derniers ont eu lieu les traditionnels rendez-vous des Journées du Courtage. Cet événement, ayant réuni 180 professionnels et plus de 10 000 visiteurs, a été le terreau d’échanges autour des sujets d’actualités touchant l’assurance et le courtage.

Cependant, certains sujets majeurs pour la profession tels que la blockchain ainsi que ses impacts n’ont que peu été évoqués. Or, depuis son émergence en 2008 en tant qu’élément de base des cryptomonnaies, la blockchain et ses applications s’étendent aujourd’hui à tous les domaines, et notamment à l’assurance. La disruption engendrée par cette technologie n’est pas sans effet sur les business models, processus et pratiques traditionnelles de l’assurance.

Le smart contract : opportunité pour les assureurs, menace pour les intermédiaires ?

Le smart contract fait partie, avec le transfert d’actifs et la constitution de registres de traçabilité des actifs, des 3 applications possibles de la blockchain en assurance. En effet, le smart contract ou contrat intelligent est un protocole informatique exécutant de manière autonome, grâce à un tiers de confiance appelé « oracle », des conditions sommairement définies par ses concepteurs. Sur un contrat d’assurance, lesdites conditions peuvent être, par exemple, celles du déclenchement de la garantie.

Traditionnellement, la chaine de valeur de l’opération d’assurance se compose de 5 maillons : Marketing et design du produit – souscription et distribution du produit – gestion des sinistres et des contrats – gestion de la relation client – pilotage du risque. Parmi lesdits maillons, les assureurs se positionnent majoritairement sur le premier et le dernier car ils conçoivent le produit et gèrent le risque. Les intermédiaires se positionnent sur les maillons 2, 3 et 4, car ils distribuent le produit et font le lien entre l’assureur et le client tout au long de la durée du contrat (sauf l’exception franco-française du courtier grossiste qui, lui aussi, se positionne sur le premier maillon).

Pour les assureurs, le smart contract est la déclinaison de la blockchain avec des perspectives prometteuses. De par ses caractéristiques, il permet de court-circuiter un pan entier de la chaine de valeur, notamment les étapes de gestion des sinistres et de gestion de la relation client, deux maillons sensibles et couteux pour les assureurs.

Comment cela fonctionne-t-il ? Avec le smart contract, l’opération est sécurisée. Des conditions de déclenchement de la garantie sont préalablement définies par les différentes parties prenantes du contrat, et, en cas de réalisation de la condition, la garantie prend effet de manière instantanée, sans que l’assuré n’ait besoin d’envoyer de justificatif ou l’assureur de mandater un expert pour vérifier la véracité du sinistre. Cette relation directe avec l’assuré permet à l’assureur de réduire de manière drastique les coûts liés à la gestion du contrat, et ainsi de pouvoir proposer à ses clients un meilleur service et des offres plus compétitives. La satisfaction client n’en est donc que meilleure !

Illustrons ce propos par un exemple : fin 2017, AXA France fait office de pionnier français de la technologie blockchain en lançant Fizzy, le premier produit d’assurance basé sur la blockchain. Ce nouveau produit couvre les retards d’avion, et même les annulations de vol, de manière 100% automatisée. Avec Fizzy, le souscripteur achète son produit en quelques clics sur la plateforme de souscription en ligne, la transaction est enregistrée sur une blockchain, et donc sur un smart contract. Le contrat intelligent est relié, grâce à un tiers de confiance, aux bases de données du trafic aérien mondial et déclenche une indemnisation du client en cas de retard de plus de deux heures du vol faisant l’objet de la garantie. En cas de retard du vol, le client reçoit directement l’indemnité promise sur son compte bancaire, sans qu’aucune démarche annexe ne lui soit demandée.

Cependant début novembre 2019, AXA annonçait la fermeture de sa plateforme Fizzy ; désormais, le message visible sur la page d’accueil de l’ancienne plateforme de souscription Fizzy est le suivant : « Désolé, mais l’expérience fizzy est terminée ». Toutefois, cette fermeture annonce-t-elle la fin des expérimentations sur la blockchain ? L’avenir nous le dira. Quoiqu’il en soit, AXA continue d’affirmer sa volonté de poursuivre la R&D sur la technologie blockchain, notamment en complétant son message par « L’équipe fizzy passe à autre chose, mais nous nous reverrons bientôt ».

La déchéance annoncée des intermédiaires ?

Pour les intermédiaires, le smart contract produit, sur la chaine de valeur traditionnelle d’une opération d’assurance, l’effet d’une bombe.

En effet, le contrat intelligent s’émancipe de toute intervention humaine, une fois ses conditions de déclenchement définies. La fluidité qui en découle n’incite plus les assurés à recourir à des intermédiaires, ce qui impacte donc considérablement l’activité de ces derniers.

Le smart contract insère ainsi de l’agilité en cassant les lignes jalonnant la relation assuré-produit-assureur. De plus, sur un marché en tension où les marges se réduisent années après années pour les assureurs, on observe de nouvelles stratégies d’optimisation des processus, dans une optique de réduction des coûts, notamment ceux de gestion et d’acquisition (émission de documents (pré)contractuels, encaissement, suivi comptable, étude et ajustement des garanties, gestion des sinistres, reporting).

Cependant, tel un effet domino, la réduction de ces coûts côté assureur entraine, côté intermédiaires, la réduction de la part de leur chiffre d’affaires relatif à la gestion desdits contrats. C’est ici que la notion de menace se concrétise.

Comme toute technologie novatrice, à l’image de ce que fût Internet à l’aube des années 2000, le smart contract est un élément permettant aux leaders de l’assurance de demain de se démarquer. Puis, une fois que ces pionniers repensent les règles du marché, tous les membres du peloton suivent leur trace : le facteur qui autrefois était différenciant devient discriminant, les acteurs se retrouvent alors dans l’obligation d’adopter la nouvelle technologie pour perdurer sur le marché.

Cependant, lorsque les concurrents s’aperçoivent du retard pris, il est souvent déjà trop tard. Tous les autres acteurs – non leaders – ayant les mêmes ambitions, ils se lancent simultanément dans une bataille commerciale sans merci pour – à défaut de rattraper les leaders – rester dans la course, autrement dit casser les prix. Ils n’ont alors que pour seule échappatoire la découverte de nouveaux éléments différenciants, qui, à nouveau, feront émerger les leaders de demain.

Pour y parvenir, il est nécessaire que les acteurs identifient les nouveaux vecteurs de développement.

Dans cette optique, ils se doivent d’être dans une démarche pro-active, d’anticipation afin d’espérer faire partie des leaders lorsque les règles et pratiques fondamentales du marché actuel seront disruptées.

Il est donc aujourd’hui nécessaire pour les intermédiaires de prendre la vague du changement, repenser leur métier en se concentrant sur les activités où ils peuvent apporter une réelle valeur ajoutée, telles que le conseil client. Il est impératif, dès aujourd’hui, de projeter l’activité d’intermédiation dans un marché de l’assurance de demain entièrement digitalisé et blockchainisé en s’appuyant sur les nouvelles technologies. A ce titre, les intermédiaires doivent repenser leurs process, notamment de souscription et tarification, afin de les rendre plus agiles, flexibles et plus précis, accroissant ainsi leur capacité d’action et leur réactivité.

Réactivité, flexibilité, précision, sont les adjectifs décrivant le mieux le projet mené durant l’été 2018 entre les assureurs AXA XL, MS AMLIN, le transporteur maritime danois A.P. MÆLLER-MAERSK, et le Courtier Willis Tower Watson. Cette collaboration entre assureurs et intermédiaires a abouti à la création d’une plateforme de gestion des risques permettant un suivi en temps réel des objets transportés ainsi qu’une tarification s’ajustant en temps réel en fonction de l’évolution de l’exposition au risque. En l’espèce, il s’agit de marchandises transportées par voie maritime, avec une tarification fluctuante en fonction de la géolocalisation des marchandises.

Quelles solutions envisager pour les intermédiaires ?

Il apparaît aujourd’hui impératif pour les intermédiaires d’être dans une démarche pro-active, en investissant en R&D ou en nouant des partenariats avec des insurtechs qui, elles, sont dans cette démarche constante de transformation. Du fruit de ces collaborations découleront nécessairement des solutions innovantes pour les intermédiaires, en termes de remodélisation de leur approche client ou de refonte de leur positionnement stratégique sur certaines activités.

En outre, au-delà de la relation-client, apparaît également la nécessité de repenser leurs outils, notamment de gestion, afin de se préparer, dès aujourd’hui, à l’automatisation de certaines tâches à faible valeur ajoutée. La souscription et ses règles souvent trop rigides doivent également être repensées en y insérant une once d’agilité pour davantage satisfaire des clients demandeurs de solutions toujours plus personnalisées.

Vitesse, agilité, pragmatisme, sont désormais les références des acteurs compétitifs dans un environnement en perpétuel mouvement.

Par Appolinaire Tena, Consultant Square

 

Green Bonds : mieux comprendre le produit financier star de la transition énergétique

Finyear – le 07 janvier 2020 :

Lors de la COP21 de Paris en 2015, 195 pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à 2°C au-dessus de la température préindustrielle (voire 1,5 °C si possible) d’ici 2050. Sous la contrainte des mises à jour des scénarios climatiques de plus en plus alarmants, la capacité de nos leaders politiques à tenir leur engagement est au cœur des débats et des attentes de la société civile.

Dans ce contexte, la France, s’affiche en exemple et s’est fixée pour objectif d’atteindre une consommation d’énergie renouvelable représentant 32% de sa consommation totale d’ici 2027. Pour rappel, ce même pourcentage s’élevait à 14% en 2016. Cet objectif à un coût : 20 milliards d’euros par an jusque 2030 (au minimum).

La France doit ainsi se donner les moyens de ces ambitions et réaliser les investissements nécessaires. Les appels aux fonds publics et privés se multiplient sollicitant les institutions publiques, les fonds privés et les épargnants Ainsi, il se crée dans notre société, un engouement et une émulation autour des investissements responsable et plus largement autours de la Finance Durable. C’est en effet un concept parfois complexe à comprendre pour l’épargnant puisqu’il regroupe bien plus que seulement du financement de transition énergétique.

Luxembourg’s place in sustainable finance: Private sector involvement as a key factor in fighting global warming

Agefi Luxembourg – Décembre 2019 :

The shift towards a sustainable financial marketplace

Several significant events marked a turning point in the debate towards global sustainable development. Among others, the Sustainable Development Program by 2030 of the United Nations and its 17 sustainability goals, the Paris Agreement on Climate Change and the United Nations Conference in Addis Ababa on the financing for development. These consultations enabled to raise awareness of the emergency to introduce radical changes in our institutional, financial and economic models. 

Luxembourg being one of the richest countries in the world and identified as an efficient financial center in Europe, could take advantage of its position to foster the development of sustainable finance and promote it in the global financial system. The country has taken a phased approach to address the potential reduction in competitiveness the mainstreaming of environmental considerations could generate in the short term, but which is able to create long-term ripple effects.

Banquiers en manque de rentabilité : le début de la fin ?

Point Banque – n° de décembre 2019 :

« Banking is necessary, banks are not ». En 1994, Bill Gates prévenait de ce qui pourrait advenir d’un système bancaire considéré, à l’époque, comme tout puissant, vertueux et inévitable. A l’époque, cette vision occultait le fait que pour prospérer, une industrie cherche systématiquement à s’adapter, quand elle ne doit pas se réinventer. Et c’est exactement ce que le secteur bancaire a su faire depuis, en devenant l’une des industries les plus prospères du début du 21ème siècle.

Néanmoins, la crise de 2008 a marqué un coup d’arrêt dans cette ascension. Et depuis, la réflexion de Bill Gates retrouve tout son sens. Notamment aujourd’hui où le secteur bancaire semble particulièrement menacé comme le prouve l’étude publiée récemment par le cabinet McKinsey, qui explique « qu’en cas de retournement de conjoncture, une banque sur trois pourrait mettre la clé sous la porte ». Ce qui nous amène à une question essentielle : le business model actuel des banques est-il encore viable ? Quels sont les leviers leur permettant de s’adapter ? Peuvent-elles encore se réinventer comme elles ont su le faire par le passé ?

Si comme dans les années 1990 elles veulent subsister, elles devront montrer une fois encore leur capacité d’adaptation et trouver de nouvelles sources d’innovations, posture essentielle pour continuer à répondre aux besoins changeants de l’économie et de leurs clients.

L’open banking, l’avenir de la personnalisation des offres pour les clients des banques

MoneyVox – le 13 décembre 2019 :

La banque est-elle déjà entrée dans une nouvelle ère ? Annoncé de longue date comme une révolution, l’« open banking » commence à être mis en œuvre par les établissements financiers. Elisabeth Chang, consultante pour le groupe Square, explique en quoi le « chamboulement » a débuté.
Bien que les banques traditionnelles semblent frileuses à l’idée d’ouvrir les données financières de leurs clients à des tiers comme les fintechs, elles ont conscience que l’open banking favorise l’émergence d’offres personnalisées au service des consommateurs. Un chamboulement dans le secteur bancaire, qui jusqu’alors était cloisonné.

L’open banking pour personnaliser les services bancaires

Véritable mine d’or jusqu’à présent peu utilisée dans le secteur bancaire, la donnée permet d’avoir une connaissance enrichie des besoins des utilisateurs afin de personnaliser les services et répondre à leurs attentes.

De surcroit, selon une étude menée par Accenture en 2017, plus de deux tiers des clients ont déclaré être prêts à ouvrir l’accès à leurs données bancaires pour bénéficier de services personnalisés.

TEMPORISATION DES ÉTATS-UNIS : LUEUR D’ESPOIR POUR HUAWEI ?

Economie matin – le 12 décembre 2019 :

Huawei se retrouve au beau milieu d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Pour rappel, le 22 mai dernier, Google a ainsi décidé de priver les futurs téléphones chinois de l’accès à Android, son plus célèbre système d’exploitation. En effet, les États-Unis perçoivent Huawei comme une menace à la sécurité nationale. Cependant, iront-ils au bout de leurs intentions ? Et est-ce que le constructeur mobile chinois pourra confirmer sa place de numéro deux mondial des ventes de smartphones ?

Un nouveau sursis accordé

Huawei vient d’obtenir un nouveau sursis de 90 jours pour pouvoir travailler avec des entreprises américaines, ramenant la date de bannissement au 18 février 2020. C’est déjà la troisième fois que le gouvernement de Donald Trump accorde un répit au constructeur chinois depuis le mois de mai. Cela s’explique par le fait que de nombreux opérateurs américains sont très dépendants des équipements réseau de Huawei. Néanmoins, la FCC (Federal Communications Commission) interdit désormais à ces derniers d’acheter des équipements pour le déploiement de leur infrastructure de communication avec des fonds d’aide pesant 8,5 milliards de dollars. Cette mesure annoncée depuis quelques semaines attendait la validation du conseil d’administration de l’agence, validée en fin de semaine dernière après un vote à l’unanimité. La décision oblige donc les opérateurs à remplacer leurs équipements Huawei actuels achetés avec des fonds fédéraux.

La technologie blockchain est-elle disruptive ?

Finyear – le 11 décembre 2019 :

La blockchain s’inscrit dans le mouvement de la transition numérique et concerne tous les secteurs. Il s’agit d’une nouvelle approche en termes de technologie, de métiers et d’organisation. Comment la définir et quel est son impact ?
Décryptage rapide avec les quelques lignes qui suivent.

La blockchain, de quoi parle-t-on ?

La blockchain appartient aux technologies de registre distribué, plus connues sous le nom de Distributed Ledger Technology (DLT). Lorsque vous validez une donnée sur ce réseau, tous ceux qui utilisent ce réseau le savent et le voient au moment même où vous « publiez » votre information. Pour comprendre les DLT, imaginons que nous jouons aux cartes. Quelques participants se réunissent autour d’un jeu de cartes auquel ils attribuent eux même une valeur à une carte :
– Chaque participant correspond à un noeud du réseau de joueurs ;
– Tous les participants s’accordent sur la valeur de la carte qui est en jeu durant la partie (soit le consensus), sans qu’aucune personne extérieure au jeu ne valide la valeur de cette carte (pas d’intermédiaire) ;
– Aucun d’entre eux ne peut changer cette valeur en cours de partie, sous peine d’être qualifié de « tricheur » et donc d’être exclu du jeu ;
– A l’occasion d’une autre partie, la valeur de cette carte peut être modifiée via un accord de l’ensemble des joueurs.
Nous venons de distribuer de façon consensuelle la valeur d’une carte à tous ses participants.

Le télétravail : un pari gagnant pour qui ?

Journal du Net – le 11 décembre 2019 :

Le télétravail est né dans les années 70 aux Etats-Unis grâce aux outils de télécommunication de l’époque (téléphone et fax). Peu de temps après, le « telecommuting », comme il est appelé par les anglophones, est sérieusement analysé pour devenir progressivement une pratique de plus en plus utilisée au sein des entreprises.

Aujourd’hui, le nombre de salariés qui effectuent régulièrement leur activité professionnelle à distance est en constante évolution. Néanmoins, selon la culture, les taux varient. Au Japon par exemple, où règne une forte culture du présentéisme, peu de travailleurs effectuent leur activité à distance. A l’inverse, au Brésil, plus de la moitié des salariés déclarent télétravailler.

Il est de même en Europe où les différences culturelles créent des disparités entre les pays. En Suède, 46% des habitants déclarent télétravailler régulièrement contre seulement 3% en Roumanie. En France, 29% des salariés pratiquent le télétravail et 92% d’entre eux le font à leur domicile. On parle alors de « home office ». Vous l’aurez compris, ces chiffres décrivent une tendance réelle : le développement du télétravail. Plus marqué dans certains pays que d’autres, il se démocratise doucement mais sûrement.

L’innovation systémique, nouvel eldorado ?

Silicon.fr – le 25 novembre 2019 :

Fort de 3,8 milliards d’euros déjà levés depuis janvier 2019, nous pourrions penser que la France se mue en Startup Nation. Oui, mais voilà que nos entrepreneurs, intrapreneurs et décideurs ne se détachent toujours pas d’un paradigme erroné. Ce dernier laisse à penser que la valeur de l’innovation vient de la grande invention, de l’expérience client d’exception : des qualités intrinsèques d’une nouvelle proposition. A travers trois cas, voyons en quoi cette vision est simpliste.

Leçon d’Edison : fédérer puis concevoir

Leçon d’Edison : fédérer puis concevoir Ces trente dernières années, les chercheurs en Sociologie de l’innovation ont démontré que le succès d’une invention tenait moins à sa valeur intrinsèque qu’à l’adaptation du cadre socio-technique lui servant de berceau. C’est notamment en analysant la dynamique d’Innovation d’Edison qu’ils découvrent une logique contre-intuitive. En effet, avant d’étudier la faisabilité technique de ses projets, celui-ci prenait soin de multiplier les déclarations et conférences de presse afin de susciter l’intérêt.

Tout en martelant sa vision, Edison préparait l’opinion : l’électricité remplacera le gaz et sa mise en réseau bonifiera la vie. A chaque confrontation, Edison mesurait l’adoption de ses concepts.

Comme l’écrivent Akrich, Callon et Latour1 dès 1988 : « Par quoi croyez-vous qu’Edison commence ? Par la fin, bien évidemment. Il met avec application la charrue avant les bœufs. Pourquoi se lancer en effet dans une entreprise difficile si personne n’y croit ». Quand l’opinion est assez mûre, Edison lève le voile sur ses inventions, qui sont alors co-construites, adaptées puis adoptées. Le réel enjeu n’était autre que la création d’un consensus sur leur utilité : les intérêts des différentes parties prenantes évoluaient pour converger.