0 comments on “La croissance française boostée par des fintechs ?”

La croissance française boostée par des fintechs ?

A l’heure d’une première forme d’embellie des indicateurs économiques, 2 études distinctes, menées en 2016 par Intrum Justitia, spécialiste du recouvrement de créances, et Euler Hermès, mettent en évidence le laxisme de la France dans le domaine des délais des paiements. Une situation en passe d’évoluer sous la pression réglementaire mais aussi avec le retour au premier plan du métier d’affactureur grâce à des innovations numériques.

Les délais de paiement abusifs coûtent près de 16Md€ aux PME françaises chaque année. Concrètement, une défaillance d’entreprise (de moins de 5 ans) sur quatre est due à des difficultés de trésorerie notamment liées aux retards dans la perception des revenus. Une situation qui explique en partie le boom du marché de l’affacturage ces dernières années, ce métier encore souvent méconnu qui consiste pour une entreprise à céder ses factures clients à un acheteur qui avance donc de la trésorerie en contrepartie d’une prime sur la gestion des factures (et des inévitables impayés).

0 comments on “Les banques, moteur de la lutte contre le réchauffement climatique ?”

Les banques, moteur de la lutte contre le réchauffement climatique ?

Les Echos – 23 novembre 2017 :

Le modèle économique de la banque traditionnelle étant attaqué de toute part, son salut pourrait provenir de l’opportunité offerte par la mutation profonde de la société, mutation forcée par l’accélération du changement climatique.

N’en déplaise aux derniers climato-sceptiques, le réchauffement de la planète oblige les sociétés et les économies à se repenser en profondeur pour continuer à exister. C’est donc une phase d’adaptation de nos modes de vie qui s’ouvre désormais à nous, et cette adaptation passe nécessairement par une transformation énergétique globale, depuis notre culture de l’énergie pas chère autorisant certains gâchis jusqu’à notre approche industrielle du cycle de consommation (production, acheminement, stockage, usage, recyclage). Il convient donc d’étudier le financement de cette transformation dont le coût s’avère encore difficile à estimer aujourd’hui – la seule certitude concerne celle sur l’état des finances publiques qui ne seront à peu près d’aucune aide significative au secteur privé.

0 comments on “Industrie auto : une innovation peut en cacher une autre”

Industrie auto : une innovation peut en cacher une autre

L’innovation n’est pas toujours celle que l’on croit. Alors qu’Elon Musk, la superstar mégalo qui prétend révolutionner le secteur automobile, peine à masquer sous une communication extravagante les déconvenues (au premier rang desquelles figurent la sécurité et la qualité) que rencontre tout constructeur cherchant à grossir vite, des innovations majeures et à moindre coût en provenance de la vieille Europe pourraient faire taire les cassandres du bon vieux moteur thermique.

Innovant, Tesla l’est sûrement, et dans plusieurs domaines, depuis la conception des châssis et des habitacles jusqu’à ses techniques de commercialisation ou encore sa contribution sur le développement du réseau de bornes de recharges. Mais ses concurrents ne se tournent pas les pouces. En particulier l’industrie du vieux continent qui ne souhaite pas rater le prochain virage énergétique.

0 comments on “La banque en ligne est-elle vraiment incontournable ?”

La banque en ligne est-elle vraiment incontournable ?

Les Echos – 22 mai 2017 :

À l’heure du lancement imminent d’Orange Bank, les activités de banque en ligne se sont imposées, sur le papier, comme incontournables dans le secteur bancaire. Avant que le dernier arrivé ne nous fasse mentir, ce marché demeure un pari sur le (très) long terme tant sa pénétration sur le marché des produits et services financiers progresse lentement et sa rentabilité financière peine à s’affirmer.

À la fin des années 90, nombre d’analystes voyaient en l’éclosion des premières activités en ligne l’avenir de la banque, qui allait devoir s’adapter de toute urgence sous peine d’être gobée par de nouveaux acteurs ambitieux. Au début des années 2010, l’apparition des premières « fintechs » a fait planer une ombre similaire. En réalité, cette industrie lourde qu’est la banque s’est adaptée et a pris sous son aile les évolutions qui auraient pu la mettre en danger, pour moderniser son offre, ses pratiques, son infrastructure et son organisation interne tournée vers la valeur apportée au client.

0 comments on “Le marché de la cyber-assurance : risqué pour les assureurs ?”

Le marché de la cyber-assurance : risqué pour les assureurs ?

Les Echos – 28 mars 2017 :

Le cyber-risque est devenu central pour nos économies, nos industries et nos services. En 2015, le nombre de cyberattaques recensées a progressé de 38 % dans le monde, et de 51 % en France.

En parallèle de ce phénomène, les budgets de cyber-sécurité des entreprises ont significativement augmenté en 2015 : le marché de la cyber sécurité représente aujourd’hui 77 milliards de dollars et devrait atteindre entre 130 et 170 milliards de dollars d’ici 2020.

Néanmoins, les résultats de la dernière étude du Lloyds sont édifiants : 50 % des dirigeants européens d’entreprises de plus de 250 M$ CA ne connaissant pas les solutions proposées par l’assurance contre les cyberattaques et 92 % des entreprises européennes étudiées mentionnent avoir été victimes d’une cyber-intrusion. Pour autant, seulement 42 % des entreprises estiment qu’elles pourraient de nouveau être victimes de telles attaques.

0 comments on “AnaCredit, une lueur d’espoir pour les banques ?”

AnaCredit, une lueur d’espoir pour les banques ?

Revue Banque – 7 mars 2017 :

L’Analytical Credit Dataset, ou AnaCredit, est un projet européen, piloté par la BCE en appui sur le Système Européen des Banques Centrales, qui vise à établir une base de données détaillées sur la distribution de crédit au sein de l’Union Européenne. Après la publication du règlement le 18 mai dernier cadrant les grands principes de la collecte, les institutions financières, principaux vecteurs d’alimentation de la base, ont reçu début novembre les premiers éléments méthodologiques du Manuel AnaCredit, comportant notamment les détails fonctionnels sur la détermination du périmètre éligible (typologies de clientèles et d’opérations). Encore une contrainte règlementaire ? Oui mais certains préfèrent souligner l’autonomie potentielle que ces données vont accorder à la BCE, donc une fin possible à l’escalade prudentielle entamée en 2007.

Il ne faut pas s’y tromper. AnaCredit est en premier lieu un rapport règlementaire obligatoire pour les banques de taille systémique et établit de nouveaux standards. En termes de périmètre, le règlement se veut exhaustif des lignes de crédits octroyées, à l’exception des encours inférieurs à 25000€ et des prêts aux personnes physiques qui sont, pour le moment, exclus de la livraison. Si la centaine d’informations granulaires demandées ne dépaysera pas les équipes rodées à leur manipulation (notamment depuis les AQR 2014, un gigantesque audit mené par la BCE pour marquer sa prise de fonction par une évaluation des actifs bancaires), les modalités de livraison sont, elles, plus surprenantes.

En effet, le règlement définit autant de jeux de données que de thématiques métier (par exemple, un jeu de données comptables ou un jeu de données relatives aux garanties reçues), et chaque jeu de données, en plus d’une remise trimestrielle, peut faire l’objet d’une demande ad hoc de la part du superviseur national (en France, il s’agit de l’Autorité de Contrôle Prudentiel & Résolution, émanation de la Banque de France). Une demande ad hoc consisterait par exemple à demander la fourniture des jeux de données 4 et 9 le 23 du mois sur une filiale d’affacturage, et non plus à un niveau consolidant le plus élevé sur un arrêté mensuel ou trimestriel.

Ce fonctionnement fixe donc de nouvelles exigences en termes de flexibilité, tant du point de vue organisationnel que technique. Car de nombreuses équipes fournissent aujourd’hui un effort très conséquent une fois par trimestre sur une courte période pour produire une importante batterie de reportings réglementaires, avec des outils alimentés encore souvent alimentés une fois par mois ou même une seule fois par trimestre. Or demain, ces équipes pourront être sollicitées au jour le jour, comme lors des exercices Fire Drill menés par la BCE à l’automne dernier, et devront disposer dans leurs outils habituels de la vision Risque la plus fraîche possible, c’est-à-dire d’une photographie du portefeuille datant de la veille voire du jour même pour les opérations de marché.

Encore plus de données, encore plus de flux, encore plus de volume d’informations, encore plus de contraintes sur les délais (le superviseur allemand cible une remise à J+6 en situation courante), il s’agit bien d’un nouveau défi technique à relever pour des banques en pleine mutation technologique, avec à la clef un nouvel enjeu de conformité, la production AnaCredit étant obligatoire dès le quatrième trimestre 2017. Pour ne laisser planer aucun doute sur le sujet, le règlement, à travers l’article 18, prévoit d’ores et déjà la possibilité de sanctionner, à la fois par la BCE mais également par le superviseur local, les établissements qui seraient dans l’incapacité de justifier le non-respect de leurs obligations de déclarations statistiques. Avec des amendes allant de 10 000 à 200 000€ selon la typologie d’anomalie (du simple retard de livraison jusqu’à l’obstruction dans l’audit des résultats par la BCE) relevée à chaque sollicitation, la BCE place la barre haute.

Pas vraiment d’inquiétude cependant, car au-delà de la menace, les banques systémiques ont tout intérêt à jouer le jeu. Car pour elles, produire l’AnaCredit ne sera que le fruit de la profonde refonte de leur infrastructure entamée depuis quelques années, poussée par l’évolution des besoins de clients, les innovations technologiques ainsi que le renforcement des exigences réglementaires comme celles liées à la pratique des reportings risques (parmi lesquelles la circulaire BCBS239 figure en tête). Cette adaptation a conduit les banques à se doter de gigantesques hubs de données très hétérogènes, avec des définitions normalisées à l’échelle de leur groupe et donc partagées avec leurs filiales & succursales, des référentiels enfin administrés de façon pro-active, des plans de contrôles plus souvent pertinents. Mieux, le panel de données collectées, qui se chiffre par centaines, a été conçu de manière anticipative, de façon à adresser l’ensemble des futurs besoins réglementaires, tels que les normes IFRS9 ou l’AnaCredit aux échéances similaires.

De plus, à travers l’enrichissement d’une super base de données relatives aux crédits et au risque de crédit, AnaCredit a vocation à faciliter le travail de la BCE en termes de production de statistiques économiques, d’analyses prudentielles et d’arbitrages sur les impacts des politiques monétaires notamment en termes de coût du crédit et de défaillances d’entreprises. Cette base de données, alimentée de façon industrielle et automatisée, offre surtout la possibilité à la BCE et aux Banques Centrales Nationales de mener leurs propres analyses à distance, sans systématiquement passer par de coûteuses missions d’inspection locales ou de nouveaux reportings complexes à exploiter. Cela n’enlève rien aux discussions quasi permanentes entre les autorités et les établissements supervisés, mais cela permet a minima de soulager ces derniers d’une charge de production chronophage et à faible valeur ajoutée. Et si 2017 sera l’année de l’AnaCredit « v0 », il se conçoit aisément, à la manière d’un logiciel ou d’applications pour smartphone, des versions ultérieures de l’AnaCredit. Une v1 puis une v2 et ainsi de suite pour étoffer le périmètre, le nombre et la typologie de données collectées : ce nouveau mode de fonctionnement permet aux autorités de glaner des informations très granulaires en lieu et place des reportings réglementaires qui fourmillent d’indicateurs très agrégés. De là à rêver de la fin de l’escalade prudentielle, il n’y a qu’un pas… et sans doute encore beaucoup de marge !

Par Adrien Aubert, Senior Manager du cabinet VERTUO conseil

0 comments on “2017, cru de la maturité prudentielle ?”

2017, cru de la maturité prudentielle ?

Les Echos – 4 janvier 2017 :

La BCE avait dévoilé fin décembre son programme au titre de la supervision bancaire, un programme sans surprise dans la lignée de l’année écoulée, signe d’une certaine maturité dans son approche. Mais ce programme demeure d’autant plus chargé que l’actualité financière maintient l’état d’urgence pour au moins deux banques européennes majeures.

Car si le coup de chaud de Deutsche Bank semble apaisé après la signature d’un accord avec les autorités américaines pour le rôle tenu dans la propagation de titres RMBS (des actifs immobiliers impliqués dans la crise des subprimes), d’autres dossiers semblent perdurer (en Russie et en Chine) et font planer une menace sur de nouvelles provisions exceptionnelles, alors même que demeure la question épineuse de la solvabilité fondamentale d’une banque qui n’a plus connu les profits depuis 2014. Cette situation tend à rendre la mobilisation de la BCE pour accompagner une sortie de crise d’autant plus remarquable que le jeu politique qui l’accompagne est complexe.

Complexe, mais sans doute moins que le plan de quasi-résolution préventive mis en oeuvre pour l’établissement italien Monte dei Paschi di Siena. Avec pourtant un besoin en fonds propres évalué à près de 9Md EUR et des réserves de liquidité de court terme très amoindries ces dernières semaines, il semblait acquis que les mécanismes de résolution établis dans la directive BRRD allaient s’appliquer. Or pour l’heure, c’est principalement l’État italien qui va finalement s’engager en rachetant l’essentiel des obligations subordonnées, qui seront converties en actions puis à nouveau transformées en titres séniors non éligibles à la résolution (bail-in). L’État italien a beau jeu de contester sur la forme les sommes annoncées par la BCE, il n’en reste pas moins que sur le fond ce n’est que maintenant qu’il commence à passer à l’action pour redresser sa 4e banque.

Il faut en effet garder en tête que le problème est plus large que la seule situation de MPS : c’est en réalité l’ensemble du secteur bancaire italien qui est en péril avec plus de 300Md EUR de créances dites non performantes. Et cet aspect, la BCE l’a bien en tête comme en témoigne le communiqué de presse annonçant ses priorités 2017 et son plan de supervision.

Lucide sur les facteurs de risque qui fragilisent les économies et les organisations financières, au premier rang desquels figurent désormais un très haut niveau d’incertitude géopolitique combiné à un important risque de faille dans la cybersécurité, la BCE procèdera à 3 grandes revues des institutions.

La première fait écho à la croissance atone des pays européens malgré une stratégie de taux bas et à la remise en cause de la croissance de certains pays émergents (Chine, Amérique du Sud, etc.) habituellement porteurs de débouchés pour les économies européennes. Les Joint Supervision Teams (JST) de la BCE auditeront le profil de rentabilité intrinsèque de chaque structure systémique et benchmarkeront le niveau d’exposition à la concurrence de nouveaux acteurs issus de l’économie digitale (services de paiement, finance participative, etc.) ou du shadow banking. Avec à la clef des préconisations très attendues sur la réorientation des business models.

La seconde, comme l’an passé, consistera à analyser en détail la composition des portefeuilles bancaires et en particulier les risques de concentration sectorielle comme sur l’immobilier ou le naval, en difficulté. Ces études sont à coupler avec la prochaine entrée en vigueur des normes IFRS9 qui vont intensifier le provisionnement, particulièrement sensible au moment où le poids des créances douteuses grève les bilans bancaires. La pérennité de certaines activités pourrait entrer en jeu.

La troisième enfin reste consacrée aux pratiques de gestion des risques et notamment en termes de gestion des données (conformité à la directive BCBS239) ou de maintenance des modèles internes à travers la Target Review of Internal Models.
3 orientations qui demeurent donc conformes à l’esprit des orientations 2016. Cette stabilité, si elle ne permet sans doute pas aux banques de souffler, mais a minima de peut-être ne pas mobiliser de ressources supplémentaires, sonne comme une reconnaissance de la pertinence du modèle actuel. Un modèle extrêmement intrusif, critiquable, coûteux, mais qui commence à faire ses preuves.

Tel un bon vin bonifiant avec les années, la gouvernance exercée par la BCE semble parvenir à une certaine forme de maturité et le nouveau paradigme de la supervision est cette fois bien en place : la dimension répressive de l’actuelle réglementation, qui n’aura de cesse d’évoluer et de se renforcer, se complète désormais d’un véritable accompagnement sur le terrain par un superviseur mieux à même de concilier micro et macroéconomie. Alors comme on dit à Francfort en ce début d’année, bonne santé… financière !

Par Adrien Aubert, Senior Manager du cabinet VERTUO conseil

0 comments on “Trim 2016 : les modèles bancaires à nouveau sous les projecteurs”

Trim 2016 : les modèles bancaires à nouveau sous les projecteurs

Les Echos : 23 août 2016 :

Et c’est parti pour une nouvelle consultation de place ! Hasard des acronymes anglais, cette nouvelle campagne s’appelle Trim.

Comme une prémonition de la charge supplémentaire de travail pesant sur les équipes des institutions financières, cette Target Review of Internal Models doit permettre à la BCE de comprendre en détail les rouages techniques et organisationnels des modèles internes, ces fameux outils statistiques censés évaluer le profil de risque des contreparties et à l’origine de nombreuses critiques lors de l’explosion de la bulle de 2008.

Dans la foulée des Asset Quality Reviews de 2013-2014, un audit géant des portefeuilles des principaux établissements bancaires européens, la BCE poursuit son long chemin de montée en compétence sur son périmètre de supervision.

0 comments on “Michelin ou l’exemple d’une diversification moderne”

Michelin ou l’exemple d’une diversification moderne

L’argus – 21 mars 2016 :

Abandon progressif de l’activité poids lourd, déploiement massif sur la Toile… Adrien Aubert, senior manager chez Vertuo Conseil, décrypte la stratégie adoptée par Michelin au cours des derniers mois.

Le fabricant français de pneumatiques Michelin a annoncé une réorganisation de ses activités dans son berceau historique de Clermont-Ferrand, qui va provoquer la fermeture de l’atelier de rechapage poids lourds d’ici fin 2017. Au total, 494 postes (sans départs contraints) vont être supprimés. Cette restructuration survient quelques mois après avoir l’annonce de la fermeture des usines de Fossano (Semi finis) et de Pneu Laurent (Rechapage Poids Lourd), filiale basée à Oranienburg en Allemagne, en fin d’année 2016, tandis que les activités du site de Ballymena (poids lourd), au Royaume-Uni, cesseront en 2018.

0 comments on “Renault, l’éternel phénix”

Renault, l’éternel phénix

La Tribune – 25 février 2016 :

Victime de l’Etat actionnaire ? Victime de ses syndicats ? Renault serait en réalité victime d’une ambition inconstante. En effet, après une année 2015 marquée par des échanges houleux entre l’Etat, son partenaire nippon et le reste de sa structure actionnariale, l’année 2016 démarre fort mal pour la marque au losange, dont l’une des stars des ventes européennes, le Captur, trahit une politique d’investissements techniques minimalistes.