Reconfinement, les raisons profondes de la rébellion des commerçants et des entreprises.

Les Echos – le 16 novembre 2020 :

Ce reconfinement imposé fin octobre est accompagné de deux décisions emblématiques : la fermeture de tous les commerces dits « non essentiels » et l’instauration d’un télétravail obligatoire de cinq jours sur cinq pour tous les salariés dont les fonctions le permettent.

À la différence du premier confinement, qui avait été largement accepté et suivi par les entreprises, ce second confinement voit poindre deux catégories d’acteurs économiques qui refusent ou veulent minimiser les contraintes imposées. L’une est bruyante et concerne les commerces de proximité et l’autre, plus silencieuse, se tient dans les entreprises permettant le télétravail. Si les raisons de cette fronde peuvent sembler évidentes au premier abord, les problèmes évoqués ont de profondes racines et leurs solutions ne tiennent pas uniquement dans la levée des mesures gouvernementales.

Retour au travail, retour à la normale ?

Entreprendre.fr – 03/08/2020

Tribune.Le point culminant de la crise sanitaire étant pour le moment passé et les mesures sanitaires s’assouplissant progressivement, les annonces de « retour au travail » ne cessent de se multiplier.

Que ce soit par le biais du gouvernement, des organisations patronales et même syndicales ou de dirigeants d’entreprise qui expliquent avec conviction les bienfaits de la vie de bureau : cohésion d’équipe, intelligence collective et culture d’entreprise en sont les principaux éléments de langage.

Pourtant, malgré ces appels et arguments répétés, les entreprises ont du mal à faire revenir tous leurs salariés dans leurs bureaux. Si la situation sanitaire et la peur des transports en commun peuvent expliquer quelques cas, elles ne peuvent en expliquer la majorité.

Les collaborateurs réticents, essentiellement des cadres et cadres supérieurs, partagent quelques certitudes et beaucoup d’inquiétudes.

Tout télétravail : n’allons pas trop vite !

Les Echos – le 17 juillet 2020 :

Les avis sur le télétravail se suivent et ne se ressemblent pas.

Après une première période post déconfinement lors de laquelle les communicants et responsables des ressources humaines de grands groupes, ont rivalisé d’annonces dans une course au tout télétravail : passant de « l’exception à la règle » chez PSA ou marquant la volonté chez Facebook d’être l’entreprise « la plus en avance sur le télétravail » ; des voix dissonantes apparaissent depuis quelques jours pour vanter les mérites d’un retour dans les bureaux synonyme d’énergie, d’équipe et de culture d’entreprise partagée. La nouvelle « normalité » du travail sera-t-elle un simple retour au mois de février ou une projection dans un futur digitalisée et distancié ?

Ne pas dire « confinement », une tactique qui peut payer.

Les Echos – le 18 mars 2020

Le président de la république a pris la parole une seconde fois ce lundi 16 mars 2020 pour faire un point sur la situation liée à la crise du COVID19 et informer entre autres la population française de règles encore plus restrictives quant à ses déplacements.

Toutefois au grand étonnement de la population il n’a pas prononcé le mot tant attendu par tous les français : confinement.

Orange Bank est-il le trublion qui va bouleverser le paysage bancaire ?

Revue Banque – 27 novembre 2017 :

L’offre d’Orange Bank, lancée le 2 novembre, est-elle novatrice et unique ?

Orange Bank ne rebat pas fondamentalement les cartes : elle ne révolutionne ni l’expérience client, ni le produit, ni la façon de s’adresser au client, même s’il y a des sujets intéressants autour des paiements et de l’intelligence artificielle. À l’exception de son réseau de distribution qui lui est propre, il n’y a pas de grande différence avec les autres néobanques qui ont récemment vu le jour.

Représente-t-elle une menace pour les banques ?

Orange Bank est une concurrente de plus, pas une menace différente. La plupart des grandes banques ont anticipé cette menace. BNP Paribas en rachetant le Compte Nickel, Société Générale avec Boursorama, qui est la première banque en ligne en France, ou ING Direct, qui est en train de se repenser. La Banque Postale sortira sa banque mobile mi-2018. Les banques en ligne historiques proposent plus de services qu’Orange Bank, or c’est sur les services que va se faire la différence.

Ce que mijote BNP Paribas avec Compte-Nickel, l’arme anti-Orange Bank

Les Echos – 25 avril 2017 :

En rachetant Compte-Nickel, BNP Paribas montre ses muscles quelques jours avant le lancement d’Orange Bank.

BNP Paribas et Compte-Nickel ont annoncé le 4 avril 2017 avoir signé un accord en vue du rachat par la Banque de la rue d’Antin de 95% de Financières des Paiements Électroniques, la société qui porte Compte-Nickel. Fintech très en vue, Compte-Nickel a su attirer plus d’un demi-million de clients depuis le lancement en février de son produit phare : le « compte sans banque ».

Si ce rachat est dans la continuité de l’intérêt des grandes banques pour de nouveaux entrants innovants – Fidor par BPCE ou encore Leetchi par Crédit Mutuel Arkea – il est surtout une amorce de la transformation de la banque de détail en France et le premier coup de canon dans la guerre que vont se livrer les grands acteurs d’aujourd’hui, mais surtout de demain, avec l’arrivée d’Orange Bank mi-mai.

On peut imaginer qu’avec cette acquisition, les dirigeants de « la banque d’un monde qui change » ont souhaité prendre de l’avance sur l’arrivée de l’opérateur télécom et font trois paris sur ce que sera la banque de demain : universelle, simple et innovante.

Un réseau de distribution élargi pour etoffer sa clientèle

En restant actionnaire aux côtés de la confédération des buralistes, BNP Paribas complète intelligemment son réseau de distribution et réinvente le réseau bancaire traditionnel.

Dans une période où les agences classiques connaissent une désaffection grandissante due à la poussée du digital et des « selfcare » qui permettent de réaliser des actions quotidiennes sans passer par son conseiller, les grandes institutions bancaires ont en tête de multiplier les points de contacts physiques tout en allégeant le coût de ces derniers.

Ce partenariat, potentiellement étendu à des segments de la clientèle BNP Paribas, pourrait permettre de rester présent dans des zones rurales, peu denses en population et en fréquentation d’agences, tout en continuant le plan de décroissance annoncée du réseau traditionnel.

En parallèle de cette évolution de la distribution, il est intéressant de constater qu’une banque rachète une fintech créée à l’origine pour des clients qui étaient hors du système bancaire de par leurs revenus ou leurs âges.

BNP Paribas, en complétant son offre et en captant des clients qu’elle ne pouvait adresser jusqu’alors, se positionne comme un acteur incontournable, universel par sa proposition d’être la banque de tous, pour tous les besoins, mais également pour tous les usages.

Des RIB vendus comme des « paquets de chewing-gum »

Car c’est bien le deuxième pilier de ce rachat. C’est la capacité d’une institution bancaire à intégrer en son sein de nouveaux usages plus en ligne avec les attentes de ses clients.

Basée à l’origine sur l’idée de « vendre des RIB comme des paquets de chewing-gum », Compte-Nickel apporte une rapidité dans l’ouverture d’un compte, une simplicité dans le processus et une continuité dans la relation client par le biais du digital et particulièrement du mobile.

En cela elle répond à la fois aux nouvelles attentes des clients existants, mais également à une « génération z » qui commence à se bancariser et approche les services financiers avec une vision consumériste et décomplexée.

À plus long terme, il est à parier qu’une utilisation fine de la data permettra à cette dernière d’avancer vers la vente de produits issus du réseau historique vers les clients de Compte-Nickel et qu’à l’inverse, elle deviendra capable de capter une partie des utilisateurs pour les rebasculer vers ses autres marques innovantes à l’instar d’Hello Bank en simplifiant toujours plus les usages associés.

Multiplier ses offres de services

Avec cette acquisition, plus que subissant un effet de mode, BNP Paribas réaffirme un alignement de sa communication et de sa stratégie en étant « la banque d’un monde qui change » et montre au marché sa conviction que l’innovation est au coeur du débat.

Trente ans après la création de l’Atelier BNP Paribas, outil de veille industriel, puis le lancement d’Hello Bank ou de Paylib, la mise en place du partenariat avec crédit.fr autour du crowdlending ou celui avec Carrefour dans le cadre du projet Wa !, la banque de la rue d’Antin multiplie les offensives innovantes lui permettant d’adresser tous les sujets financiers du marché.

En plaçant ses produits chez les buralistes, là où Orange sera dans ses boutiques, en s’adressant à toujours plus de segments de clientèle là où Orange a une base d’abonnés France de près de 25 millions de personnes, en simplifiant ses usages là où l’opérateur compte 20 millions d’utilisateurs africains d’Orange Money – sa solution de transfert d’argent – la banque de la rue d’Antin montre à celui qu’elle considère déjà comme un concurrent sérieux qu’elle saura faire évoluer son modèle et ses usages et rendre coup pour coup dans cette lutte dont peu de réseaux bancaires se remettront.

Par Julien Borderie directeur associé du cabinet VIATYS conseil

Donald Trump Président : une victoire de la nouvelle économie ?

Les Echos – 15 novembre 2015 :

Le résultat des urnes américaines trouve d’abord ses racines dans le climat social, psychologique et économique américain.

Mais le succès de cette campagne n’est-il pas aussi un révélateur de la rupture entre les pratiques business d’hier et celles d’aujourd’hui ?

Depuis la fin des années 2000, les « barbares », ces start-ups nommées ainsi pour leurs capacités à maîtriser l’outil numérique et leur capacité à faire chanceler les plus grandes entreprises, ont réinventé les comportements économiques.

GAFAM américains en tête, ces milliers d’entreprises numériques sont considérés comme jouant avec les contraintes réglementaires et déontologiques, n’ayant pas de limites dans la création quasi permanente de produits et services, dans la conquête (souvent mondiale) et la fidélisation de leurs clients et utilisant des moyens de communication qui échappent souvent aux grands réseaux.

La transformation digitale est-elle rentable ?

Xerfi Canal TV a reçu Julien Borderie, directeur associé chez VIATYS conseil, membre du groupe Square, pour tenter de répondre à une grande question : « la transformation digitale est-elle rentable ? ».

Une interview menée par Thibault Lieurade.