Intégrer les risques climatiques dans les exigences en fonds propres des banques : oui, mais pourquoi faire ?

Riskassur – le 21 juillet 2020 :

Si le choc économique provoqué par la crise sanitaire actuelle risque d’être d’une ampleur inédite, il pourrait bien être qu’un avant-gout face à la crise climatique à venir. Face à l’urgence imposée par le réchauffement climatique, les politiques macroprudenttielles des autorités bancaires pourraient avoir leur rôle à jouer, à condition d’en connaitre l’objectif.

Le changement climatique est en voie d’intensification. Un récent rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme, les températures moyennes entre 2015 et 2019 ont été les plus chaudes jamais observées. Bien que les Accords de Paris ratifiés en 2015 par 175 pays actent de l’urgence d’orienter les flux financiers vers des activités bas-carbone, le GIEC constate que les ressources financières consacrées aux activités vertes sont encore largement insuffisantes pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Cette inertie dans la lutte contre le changement climatique fait peser une menace grandissante sur la stabilité du système bancaire et financier. En effet, il ne fait plus de doutes que le dérèglement climatique représente une nouvelle source de risque pour les banques. Non seulement la modification des températures moyennes et l’accroissement de la fréquence des évènements climatiques extrêmes peuvent avoir des impacts financiers pour les acteurs économiques (risque physique). Mais la transition de ces mêmes acteurs vers un modèle bas-carbone comporte aussi de nombreux aléas (risque de transition). Une détérioration de la performance financière que peuvent subir les acteurs économiques pourrait donc aisément se traduire en risque de crédit, risque de contrepartie, ou risque de marché pour les acteurs financiers. Face à ce double défi, il est temps pour les banques centrales et les autorités de surveillance d’épauler les politiques économiques et fiscales des états en prenant des initiatives fortes dans le cadre de leur mandat. Le recours à la réglementation prudentielle et en particulier aux exigences en fonds propres peut-être une solution à envisager à condition d’en connaitre précisément l’objectif.

Protectionnisme : et si l’Europe tentait le rapport de force ?

Economie Matin – 8 juin 2018 :

Depuis son arrivée au pouvoir, Trump a pris un ensemble de mesures visant à protéger certains secteurs de l’économie américaine. Ce nouveau positionnement économique revendiqué par Washington tranche vivement avec l’attitude d’une Europe qui a toujours semblé impuissante à protéger son marché intérieur.

Il n’avait eu de cesse de le marteler pendant sa campagne : « L’Amérique d’abord ». Depuis, celui qui est devenu le 45e Président des Etats-Unis, est passé à plusieurs reprises des paroles aux actes afin de protéger le marché américain du flot des importations. Les dernières mesures protectionnistes annoncées par l’administration américaine concernant la taxation de l’acier et de l’aluminium n’ont pas manqué de faire réagir vivement les principaux partenaires économiques des Etats-Unis.