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L’économie, un sport de combat, d’endurance, ou collectif ?

Les Echos – 27 mars 2019 :

Lorsque l’économie fonctionne mal, on juge parfois nécessaire de « doper » certaines de ses composantes afin d’en améliorer l’efficacité. Coup à coup, les États boostent le pouvoir d’achat, optimisent les dépenses publiques et modulent leurs impôts, avec en ligne de mire la croissance.

D’aucuns diraient qu’il en va de même dans de nombreuses compétitions sportives où il est devenu difficile de gagner sans se doper. Or le sport et l’économie ont en partage un indicateur : la performance. Les méthodes pour l’atteindre sont-elles condamnées à générer des abus ? Le cas échéant, quels autres indicateurs plébisciter ?

Imposition

Pour agir sur l’économie, les États ont recours à différents mécanismes. La course aux meilleurs taux d’imposition par exemple, est aujourd’hui un élément fondamental pour attirer et favoriser les investissements dans un pays. Cependant, nous pouvons déjà en voir les effets néfastes, puisque la concurrence fiscale est à l’origine des nombreux scandales « d’optimisation » qui font parfaitement le jeu des entreprises technologiques telles que les GAFAM. Un simple jeu d’écriture permettant de transférer les bénéfices d’une société vers une autre située dans un État moins gourmand. C’est pourquoi l’idée d’un prélèvement uniforme fait son chemin en Europe, bien difficilement.

Épargne de masse

L’épargne de masse est une autre méthode qui a été mise en place en Amérique du Nord, en Europe puis en France à la fin des années 1960 afin de pallier l’essoufflement de l’économie. Elle a rempli son rôle premier en réorientant l’épargne des personnes vers le capital des entreprises, ce qui a permis l’émergence des grands groupes internationaux que nous connaissons aujourd’hui.

Mais dans un second temps, cette épargne qui doit nécessairement croitre pour financer les retraites, s’oppose au cycle naturel de l’économie qui après une phase prolongée d’expansion, devrait être suivie d’une phase de compression afin d’équilibrer l’économie. C’est un peu comme si l’on pouvait emprunter une somme et ensuite revendre son crédit à quelqu’un d’autre contre une plus-value, et que l’opération s’opère à l’infini. D’une certaine manière, l’épargne de masse est venue doper les marchés financiers afin d’offrir continuellement des rendements croissants. C’est un schéma proche d’une pyramide de Ponzi dont les derniers investisseurs seront toujours perdants.

Croissance à tout prix

Ces deux exemples font toute la lumière sur ce qui relie l’État à ses entreprises athlètes : il leur impose un rythme de croissance obligatoire pour pouvoir rembourser les investisseurs. Pourtant, l’économie est supposée être naturellement cyclique, ce qui va à l’encontre de la stratégie de croissance perpétuelle mise en place par les entreprises et les États.

Le PIB qui est la somme de la valeur des biens et services produits en est le parfait exemple, puisqu’il suffit de « produire » pour augmenter le PIB, même si le bien n’est jamais utilisé. Une stratégie que l’on retrouve dans le sport, où les moins performants peuvent être tentés de tricher pour devenir meilleurs, obligeant ainsi les meilleurs à tricher à leur tour pour conserver leur avance. C’est là qu’une vision commune serait nécessaire afin d’arbitrer des pratiques qui pourraient être nocives à l’économie.

Le sport et ses déficits éthiques

Le monde du sport a déjà fait l’expérience de certains comportements déviants. Force est de constater que la quête de performance individuelle va parfois à l’encontre de l’intérêt commun. C’est cette nécessité qui donna naissance aux arbitres, aux comités d’éthique et aux contrôles antidopage. L’un des cas les plus emblématiques de la recherche de la performance dans le sport est celui de Lance Armstrong, bien que soupçonné de fraude dès 1999, il aura fallu attendre 2012 pour que justice soit faite.

Mais que se passe-t-il si tout le monde triche ? Est-ce que le « dopage d’État » est un terme qui ne s’applique qu’au sport ou peut-il être transcrit à l’économie ? Une question épineuse qui peut néanmoins expliquer la raison de l’inaction des États qui, à la manière de certaines entreprises, communiquent assez peu sur les déviances de leur stratégie.

Disparition de la vision commune

D’autres sports, comme le football, forcent plus encore l’analogie économique. La porosité entre ces deux mondes a profondément impacté l’esprit même du sport en générant de grands écarts de moyens entre les clubs. En transformant un loisir en une entreprise à la recherche de la performance sportive et financière, c’est une vision commune qui est reléguée en second plan d’une spirale financière. Cet écart, qui commence à être dénoncé, génère une compétition à deux vitesses entre les grands clubs qui recherchent avant tout la performance financière, et les autres clubs dont les problématiques se rapprochent davantage d’une PME.

Lorsque la performance et la compétition sont les seuls critères de mesure du succès, on sait que les acteurs ont tendance à chercher la surperformance et même à tricher si nécessaire, alors peut-être est-il temps de changer les règles du jeu.

La régulation n’étant pas suffisante, il est nécessaire de réorienter la compétition vers des indicateurs de performance plaçant l’humain en son centre. En ce sens, l’indice de développement humain (IDH) semble être une ébauche, de même que le BNB « bonheur national brut » prôné par le roi du Bhoutan en 1972. En tout cas, la solution proviendra difficilement d’un mouvement collectif et surviendra à l’initiative de quelques précurseurs qui proposeront une autre façon de participer à cette compétition.

Par Alexandre de Bayser, consultant du Groupe Square

 

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Brexit : Préoccupation de taille pour les chambres de compensation

Economie Matin – 19 mars 2019 :

Le 24 juin 2016, toutes les places boursières clôturent en baisse : -8,04% à Paris, -12,35% à Madrid, -12,48% à Milan, -3,39% à New York et -2,76% à Londres. Le Brexit venait d’être réclamé par son peuple. C’est la première fois qu’un pays membre décide de quitter l’UE. Pratiquement un an plus tard, le 29 mars 2017, Theresa May active l’article 50 du traité de l’Union Européenne se laissant ainsi 2 ans pour mettre fin au partenariat. Le Brexit a désormais une date : le 29 mars 2019.

Les impacts sont larges : si Bruxelles doit renégocier ses accords avec le Royaume-Uni, la bataille a aussi lieu du côté des chambres de compensation.

Préoccupation de taille pour les chambres de compensation

La London Clearing House (LCH Limited), chambre de compensation anglaise qui jouit d’un quasi-monopole sur l’activité de compensation des produits dérivés en Euro, en serait fortement impactée.

En effet, le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne impliquerait un retrait de l’autorisation accordée par Bruxelles dans le cadre de la réglementation EMIR. De facto, les banques européennes ne pourront plus y compenser leurs instruments financiers en Euro.

Plusieurs choses peuvent alors arriver. Dans un premier temps, les sociétés de gestion soumises à la compensation britannique devront signer de nouveaux accords avec leurs clients et identifier aussi un nouveau partenaire non britannique. Cela demanderait un investissement temporel et financier conséquent pour chacune des parties. Ensuite, une part des portefeuilles britannique serait transférée vers des entités européennes qui deviendraient alors les nouvelles contreparties. Encore faudrait-il qu’elles aient la capacité à traiter le volume des transactions et flux rapatriés. A titre d’exemple, depuis février 2019, la filiale française de LCH Limited (LCH S.A.) centralise toutes les opérations de repo compensées en Euro. Il s’agissait d’un projet initié avant le vote du 26 juin 2016 mais qui aujourd’hui trouve tout son sens en permettant d’atténuer les risques en cas de Brexit sans accord.

Dans tous les cas, Eurex (la chambre de compensation de Francfort qui est l’un des plus grands marchés à terme du monde) et surtout CME, son compétiteur américain qui dispose déjà d’un régime d’équivalence avec le marché européen, mènent à ce jour une politique commerciale agressive pour attirer les clients partenaires des chambres britanniques. Par exemple, Eurex a lancé fin 2017, un programme de partenariat avec les grandes banques internationales illustré par un dispositif de partage des bénéfices concernant la compensation des swaps de taux d’intérêts.

Avec ou sans accord, le risque a été limité pour les chambres britanniques

A quelques jours de la date officielle du divorce, une incertitude plane quant à la nature du Brexit – avec ou sans accord ; Theresa May indique d’ailleurs que la date du 29 mars pourrait être reportée en l’absence d’accord, voire même, que le Brexit pourrait être annulé dans le cas d’un nouveau référendum dont aucune échéance n’est connue à ce jour. Un rapport publié à la fin février par le gouvernement britannique indique qu’il n’est pas favorable à une sortie sans accord. Néanmoins, bien que l’environnement politique et financier soit incertain, les instances de régulation et les Etats membres ont pris les devants pour éviter toute perturbation : même en cas de Hard Brexit, toutes les parties sont d’accord sur le fait qu’il faille s’accorder pour garantir la stabilité des marchés financiers. Le risque systémique est trop important et les milieux économiques détestent l’incertitude.

C’est pourquoi d’une part, un plan d’action d’urgence a été mis en œuvre par la commission européenne. Il consiste en l’adoption de deux décisions d’équivalences : une première limitée à douze mois permettant de garantir qu’il n’y aura pas de bouleversement dans l’exécution de la compensation centrale de produits dérivés. Une seconde, laissant vingt-quatre mois aux dépositaires des institutions financières de l’UE sollicitant actuellement les opérateurs du Royaume-Uni pour assurer la transition sans risque.

D’autre part, suite à différentes déclarations depuis fin 2018, il a été officialisé mi-février que trois contreparties centrales du Royaume-Uni (dont LCH Limited), seraient autorisées à fournir leurs services au sein de l’UE. Et ce, en conformité avec la réglementation EMIR qui définit les dispositions à la reconnaissance d’une contrepartie centrale d’un pays tiers.

Les chambres de compensation non-britanniques qui pouvaient entrapercevoir une formidable opportunité de croissance, voient avec les récentes décisions que le chemin restera long et difficile pour inquiéter le géant britannique LCH Limited.

Par Yann Balliet et Rémi Joffre, consultants du Groupe Square

 

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L’essor des néobanques, une porte ouverte au blanchiment d’argent ?

CBanque – 15 mars 2019 :

Le succès des néobanques ne va pas sans poser des questions, et notamment celle de la sécurisation des ouvertures de compte, moins poussée que dans une banque traditionnelle. Ces nouveaux acteurs sont-ils le cheval de Troie du blanchiment d’argent ?

Fin 2018, le régulateur financier allemand s’alarmait de la défaillance dans le processus d’authentification des clients de la néo-banque allemande N26. Des comptes avaient pu être ouverts au moyen de faux documents d’identité et ainsi favoriser le blanchiment d’argent.

Apparues majoritairement au cours de ces dix dernières années, les néobanques représentent un moyen simple, rapide et peu onéreux d’ouvrir un compte bancaire. Il s’agit d’une nouvelle génération de banques, dont le modèle s’appuie sur la technologie des smartphones et tablettes pour répondre à un besoin des consommateurs. L’objectif est simple : permettre à un particulier ou à un professionnel d’ouvrir un compte bancaire en quelques minutes seulement, sans conditions de revenus ou de dépôt à l’ouverture. Ce modèle ne cesse de séduire de nouveaux consommateurs.

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Pourquoi l’économie française peine à renouer avec la croissance ?

Economie Matin – 27 février 2019 :

L’économie en France et dans la zone euro peine à retrouver son niveau antérieur à 2008. Survenue alors même que l’économie française envoyait des signaux positifs après une phase de ralentissement, la crise a été un tournant dont on ne semble pas se remettre. Depuis lors, les politiques économiques et financières successives ont quasiment toutes échoué à relancer et maintenir les indicateurs économiques au vert.

En 2015 pourtant, sous l’effet conjugué d’une baisse des taux d’intérêt et des prix du pétrole, la zone euro renouait avec la croissance. En 2017, la demande globale de nouveau stimulée produisait quelques bénéfices pour l’emploi ainsi qu’une baisse relative du taux de chômage. Mais la tendance ne s’est pas confirmée, comme en témoignent les principaux indicateurs économiques publiés par l’OCDE en 2018.

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Une dette au-delà de 100 % du PIB : un sujet pour le grand débat national ?

Les Echos – 21 février 2019 :

En 2019, la France entre dans le cercle très fermé des pays dont la dette est supérieure à 100 % du PIB. Les richesses produites en 2019 ne couvriront pas le cumul de la dette. Pour la contenir, le gouvernement a plusieurs leviers endogènes : la fiscalité et la baisse des dépenses publiques. Il reste néanmoins dépendant d’un autre facteur exogène : les taux d’intérêt.

Le grand débat national a débuté le 15 janvier dernier et Emmanuel Macron, dans sa « lettre aux Français », adresse la problématique de la « dette très importante » abordée dans le thème fiscalité et dépenses publiques. Déjà en septembre 2007, François Fillon, alors Premier ministre de la France, avait prononcé lors d’un déplacement en Corse quelques mots plutôt pessimistes sur l’état des finances du pays : « Je suis à la tête d’un État qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d’un État qui est depuis quinze ans en déficit chronique, je suis à la tête d’un État qui n’a jamais voté un budget en équilibre depuis vingt-cinq ans. Ça ne peut plus durer ».

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La quête de la performance dans le secteur public

Les Echos – 20 février 2019 :

L’ensemble des mutations économiques, les défis sociétaux, environnementaux et l’irruption du numérique, ainsi que la nécessaire maîtrise des finances publiques, constituent des éléments de contexte majeurs qui poussent les organismes publics à revoir leur mode de gouvernance et de fonctionnement.

La performance dans le service public

Depuis plus d’une dizaine d’années, ces organismes font évoluer leurs cultures et leurs organisations en y intégrant des pratiques et des notions inspirées du secteur privé. La performance, ce couple efficacité/efficience, permet de se situer par rapport à des objectifs clairs, compris et partagés par l’ensemble d’une organisation.

Pour les entreprises privées dont l’objectif est la croissance, être performant est souvent représenté par l’accroissement du chiffre d’affaires, le développement de marges et le gain de parts de marché. Mais qu’en est-il dans le secteur public ?

Les organismes publics ont une raison d’être différente. Créer et mettre en oeuvre un service au bénéfice du public, en cohérence constante avec l’environnement politique, économique, social, technologique, environnemental et légal. La performance se traduit ici en termes de qualité du service rendu à moindre coût.

Les enjeux des démarches d’amélioration de la performance

Afin d’assurer la plus haute qualité du service rendu auprès de leurs bénéficiaires, les organismes publics doivent s’adapter constamment et s’emploient au mieux à répondre à plusieurs enjeux.

L’organisation : l’enjeu ici est de planifier les dispositions pour fixer les objectifs opérationnels à partir desquels la performance de l’organisme sera mesurée. Puis d’identifier les principaux risques et les freins à la transformation ou la mise en place d’un système de management. Enfin, de planifier ou faire évoluer les dispositifs qui composent ce système, afin d’assurer la maîtrise des activités, la descente et la remontée d’informations utiles à la prise de décision managériale. Et ainsi, avoir le moyen d’aligner en permanence les opérations aux orientations stratégiques de l’organisme.

Que la chaîne organique soit décentralisée ou non, le responsable de l’organisme a un rôle clef, donner du sens à la mission de service public. Il est le chef d’orchestre du déploiement de nouvelles pratiques de travail, il doit garantir le maintien des motivations, l’évolution des compétences et prendre en compte les besoins de changement. Sur la théorie, la grande majorité des services publics se rejoignent. Dans la pratique, ce qui les différencie dans leur capacité à être performant repose pour beaucoup sur le leadership des dirigeants, sur leur vision, la proximité qu’ils entretiennent avec leurs managers intermédiaires et les ressources opérationnelles. Cette proximité favorise la bonne compréhension de cette vision au sein de toute l’organisation et facilite la mise en oeuvre des évolutions à apporter.

La ressource humaine : les évolutions successives apportées aux services publics ont parfois provoqué des traumatismes qui ont impacté leur performance et dont l’origine est multiple. Manque d’information, manque d’objectifs concrets, manque de sens, mauvaise rationalisation des ressources ou encore défaut de prise en compte des besoins en compétence pour armer les fonctions de demain. L’enjeu ici pour les responsables des services publics est de développer un cadre managérial capable d’identifier les besoins des agents permettant de les garder informés, motivés et compétents. Autrement dit un cadre qui permet à l’agent de comprendre le sens des transformations, son rôle et la façon de les conduire. Un cadre qui intègre des dispositifs d’accompagnement, de formation des managers (clés de voûte des transformations) et des agents, pour réduire les résistances, fiabiliser l’adaptation et la montée en compétence.

Les innovations techniques, technologiques et numériques : L’enjeu lié à ces innovations réside dans la capacité des acteurs publics à cibler celles qui s’inscriront le plus facilement dans les structures actuelles et le cadre budgétaire alloué. Il s’agit là pour les responsables de services d’identifier les innovations qui permettront d’alléger certaines opérations pour leurs agents, d’améliorer la maîtrise des activités et de faciliter leurs évolutions. En plus de limiter les coûts de fonctionnements de tout ordre, elles permettront de fiabiliser les données et d’en faciliter le partage entre services.

Quels leviers pour une meilleure action publique ?

Les CERT (Centres d’expertise et de ressources des titres) qui ont permis de réduire le traitement de demandes de titres à moins de 7 jours, les projets de création d’un service ministériel des achats et d’une direction du numérique au ministère de l’Intérieur (services compétents pour toutes les directions du ministère) sont des exemples qui présentent la mutualisation des services dans les administrations comme un levier majeur de performance.

Autre exemple, le projet de modernisation « action publique 2022 » qui a commencé en 2017 et dont la finalité est triple : améliorer la qualité de service, offrir aux agents publics un environnement de travail modernisé et accompagner la baisse des dépenses publiques. Ce projet dont le périmètre concerne toutes les administrations publiques impose d’accompagner leurs directions qui devront faire face aux enjeux précédemment cités. Comment ? En mobilisant un fonds dédié de 700 millions d’euros, en impliquant les agents publics et les usagers, en renforçant la responsabilisation des ministères en tant que « chefs de file » des politiques publiques qu’ils conduisent et en mettant l’accent sur la transformation numérique des administrations.

Ce projet de transformation profonde des administrations ainsi que la réponse aux enjeux évoqués, nécessiteront des expertises fines en management, gestion de projet (…) et spécialisées dans le secteur public, que les acteurs du conseil pourront délivrer.

Par Clément Lalle, consultant Senior du Groupe Square

 

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A l’heure du « America First », l’Union Bancaire à la croisée des chemins

Le Courrier Financier – 14 février 2019 :

En ce début d’année 2019, encore chargée sur le plan réglementaire pour les banques européennes, on assiste aux Etats-Unis à un mouvement inverse avec une déréglementation unilatérale. Plus de dix ans après la crise financière, Européens et Américains s’opposent sur la régulation bancaire, au risque de mettre en danger la stabilité financière mondiale.

En Europe, une Union Bancaire applique les accords de Bâle

En instaurant une Union Bancaire au lendemain de la crise de 2008 et de la crise de la dette souveraine qui a suivi, les Européens ont fait un pas en avant vers une véritable Union économique et monétaire. Elle permet aujourd’hui de superviser de façon unique l’activité des principales banques via la BCE. Le corpus réglementaire et le mécanisme de résolution sont eux aussi unifiés à l’échelle du continent. Le régulateur européen supervisera ainsi l’application des deux réglementations les plus impactantes pour l’industrie bancaire cette année : le FRTB et le MREL.

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Financement des pays d’Afrique en développement : une aubaine pour les pays riches ?

Le Courrier Financier – 4 février 2019 :

Ces dernières années ont vu les conditions d’octroi de crédits se resserrer pour les emprunteurs potentiels. Les pays africains échappent cependant à cette règle, et se voient offrir depuis presque 20 ans d’importants crédits par les grandes puissances. La solvabilité de la plupart d’entre eux reste cependant incertaine.

En 2018, la France réaffirme sa position de partenaire privilégié historique de l’Afrique. Lors de plusieurs visites, Emmanuel Macron a souligné que la « politique africaine » restera une priorité en matière de géopolitique. Sur la scène internationale, la Chine est devenue le premier créancier de l’Afrique. De leur côté, les Etats-Unis ont créé en octobre 2018 une agence de financement du développement pour l’Afrique. Dans l’Amérique protectionniste de Trump, cette générosité surprend. Quels sont les enjeux qui se cachent derrière cet enthousiasme des grandes puissances à financer des pays à la limite de la solvabilité ?

Les pays riches veulent préserver leur zone d’influence

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La Crypto-monnaie un nouveau levier incontournable du marketing ?

Marketing News – 28 janvier 2019 :

La crypto-monnaie, un usage marketing, l’exemple du foot

Pourquoi pas adosser une marque à une crypto-monnaie ? La récupération d’investisseurs est chose aisée si la marque est connue ou permettrait au contraire de la développer. Quels avantages en tirer ? La vente de tokens permettrait aux dirigeants d’accroitre et gérer la valeur de la marque. En contrepartie, les acheteurs parieurs auront le sentiment de faire des bénéfices à la revente sur une marque connue ou pour une marque en devenir. Dans ce cadre, la création de crypto-monnaie renverrait une image de marque actuelle, technophile et démontrerait sa capacité à innover. Choisir d’« Etre dans le coup » attirerait des clients supplémentaires sans pour autant effrayer les moins avant-gardistes.

Surfer sur la vague du potentiel des nouvelles façons d’échanger des biens et services, est déjà le parti pris du Paris Saint Germain Football Club et de la Juventus de Turin qui lanceront leur propre crypto-monnaie en 2019. Le foot se positionne !

Ronaldinho, sacré Ballon d’or en 2005 et ancien joueur du PSG, joue quant à lui sur son nom, marque à part entière, pour lancer sa crypto-monnaie. Sa célébrité valorisée en crypto-monnaie servirait à construire des stades dans le monde.

Pour le PSG, la stratégie commerciale est claire : charmer par un prix de jeton à 1€ en encourageant les achats de volumes élevés. Il prévoit en effet de faire bénéficier d’usages exclusifs pour les plus grands investisseurs en leur permettant d’être acteurs de certaines décisions comme s’ils étaient actionnaires du groupe. Il existe plus de 200 millions de supporters, autant de potentiels investisseurs, le PSG a de fortes chances de voir sa crypto-monnaie s’envoler ! Pour la Juve, par ailleurs cotée en bourse, l’objectif est aussi de proposer aux supporters de contribuer à la vie du club des supporters : plus le fan a des jetons, plus il pourra voter pour les questions liées à la gestion du club. Ce système de récompenses s’inscrit dans une démarche de fidélisation des fans. Des sociétés telles que la Havas Sport & Entertainment, proposent d’ors et déjà des solutions s’appuyant sur la technologie Blockchain pour monétiser les communautés des supporters.

Ces stratégies marketing s’inscrivent dans une démarche de développement de notoriété pour la marque mais aussi de récupération de données des fans, qui permettent in fine de mieux connaitre sa clientèle et d’affiner leurs campagnes marketing. Faire croire aux boursicoteurs qu’ils ont une marge de manœuvre sur les marques tout en récupérant de la valeur, de la trésorerie pour la marque et des données clients, la stratégie marketing est parfaite !

A propos

Le monde sportif s’empare des crypto-monnaies pour conquérir de nouveaux supporters et maintenir leur image dynamique. Les autres secteurs restent en recul pour le moment. Peut-être attendent-ils les résultats des lancements des crypto-monnaies footballistiques de 2019. Une fois les précurseurs du secteur sportif passés, nous imaginons que d’autres marques iconiques et d’autres secteurs suivront le mouvement Pourquoi pas les marques des sport urbaines et le secteur du luxe ?

Par Florence Lauthier, consultante Senior du Groupe Square

 

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Dites adieu au billet de 500 euros !

Les Echos – 25 janvier 2019 :

Les banques centrales de la zone euro cesseront d’émettre, ce dimanche, le billet de 500 euros. Pour Yann Balliet, conseil en finance, sa disparition programmée à deux objectifs : la lutte contre la criminalité et la dématérialisation progressive des moyens de paiement.

Mis en circulation en 2002 et après dix-sept années d’existence, le billet de 500 euros, septième de la série par ordre croissant de valeur, vit ses derniers instants. C’est officiellement à partir du dimanche 27 janvier prochain que 17 des 19 banques centrales nationales cesseront d’émettre ces coupures. Seules l’Allemagne et l’Autriche continueront jusqu’en avril.

La Banque centrale européenne (BCE) avait décrété en mai 2016 l’acte de décès du billet de 500 euros. Une demande appuyée à l’époque par François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Un moyen pour favoriser et renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme. Ce n’est pas pour rien que ce billet est surnommé «billet Ben Laden».