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Carrefour en quête d’agilité

Les Echos – 25 janvier 2017 :

Alexandre Bompard a récemment présenté son plan de transformation de Carrefour. Management, expérience client, numérique… Le distributeur français est à la recherche d’un nouvel élan.

Après de longs mois d’attente et un compte à rebours savamment mis en scène par Alexandre Bompard et les syndicats, le premier distributeur français a présenté mardi 23 janvier son plan «Carrefour 2022» qui a pour ambition la transformation, la modernisation et la numérisation du groupe présent dans 30 pays avec 384.000 collaborateurs, dont 115.000 en France.

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L’ère de la donnée : un frein à la pression réglementaire ?

Les Echos – 17 décembre 2017 :

Certains parlent de barrière, d’autres de frein ou encore de bataille lorsque le sujet de la règlementation au sein des banques est abordé. Face à l’avènement des nouvelles technologies qui occupent déjà leur quotidien, les banques évoquent aujourd’hui leur inquiétude devant l’augmentation permanente des règlements.

Comment le système bancaire est-il arrivé au point de rupture, et quelles sont les solutions pour apaiser cette tension ?

Un système « Action – Réaction »

Années 70-80, le système bancaire mondial émerge, apporte avec lui son lot d’évènements (krach boursier d’octobre 1987, crise obligataire anglaise de 1974…) et met en évidence un paysage bancaire non régulé, parsemé de multiples acteurs. On commence alors à comprendre la nécessité d’apporter une stabilité à un système universel et international : c’est la naissance des accords Bâle I en 1988.

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Paris et les JOP 2024 : entre environnement et innovation

Les Echos – 27 novembre 2017 :

La France sait être au rendez-vous quand elle est attendue : rien que sur les deux dernières années, nous en avons eu la preuve avec la COP21 en 2015, puis avec l’Euro 2016 de football.

Depuis le 13 septembre, la question se pose de savoir quelle étape supplémentaire sera franchie pour 2024 avec les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) à Paris.

La ville de Paris, ses représentants, ses habitants, et plus généralement les Français, attendent avec impatience les JOP de 2024 en France (1). Le succès du dossier français a été porté par de très nombreux sportifs et par la classe politique, y compris le Président de la République Emmanuel Macron (2). Avant cette décision, le projet avait déjà été reconnu par les experts du Comité International Olympique (CIO) comme étant de très grande qualité (3).

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Les InsurTechs, nouvelles références de la satisfaction client

Depuis octobre 2016, la start up Alan propose aux entreprises et aux indépendants la souscription et la gestion de contrats d’assurance complémentaire santé dématérialisés, en promettant « une couverture au top, ultra simple à utiliser ». Le processus de souscription dure…5 minutes seulement. Une rupture claire avec la réputation de complexité dont pâtit le secteur.

Alan fait partie des InsurTechs (1) , ces acteurs qui tirent parti de technologies nouvelles pour satisfaire des besoins émergents dans le secteur de l’assurance. Les InsurTechs proposent leurs services soit aux assureurs traditionnels, soit directement aux clients de ces derniers, devenus plus exigeants. En effet, les assurés sont aussi clients d’Amazon, Netflix, Starbucks, Nespresso et d’autres entreprises qui proposent une expérience de qualité supérieure et des offres présentées comme plus adaptées à leurs besoins.

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Le mécontentement des usagers de la SNCF à la gare Montparnasse ou la rencontre entre un processus de gestion des risques inefficace et une communication de crise inadaptée

En semaine, ce sont près de 149 000 personnes qui transitent en moyenne chaque jour par la gare Montparnasse ; soit la troisième plus forte fréquentation des gares parisiennes derrière la gare Saint-Lazare (359 200) et la gare du Nord (247 000) (1).

Si plus de la moitié d’entre elles sont des utilisateurs du réseau Transilien, 23% sont en revanche utilisateurs des lignes TAGV (Trains Aptes à la Grande Vitesse) soit près de 35 000 pour la gare Montparnasse. Pendant les week-ends de départs en vacances et toujours pour la seule gare Montparnasse, ce chiffre peut atteindre 320 000 sur 2 jours selon l’opérateur ferroviaire. (2)

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De la sous-traitance à l’outsourcing : plus qu’une évolution sémantique

Sous-traitance, externalisation ou encore outsourcing, plusieurs termes sont communément utilisés afin de décrire le transfert d’une activité à une entreprise tierce pour les 61% des entreprises françaises y ayant recours (données Insee 2014). Or l’emploi de plus en plus fréquent au terme outsourcing n’est pas une simple évolution sémantique portée par les anglicismes de la novlangue managériale. Il représente au contraire une véritable évolution des pratiques de sous-traitance, et au-delà des bénéfices attendus de cette démarche.

DE NOMBREUX FACTEURS D’ÉCHEC

Jusqu’alors, les stratégies d’externalisation des grandes entreprises françaises ont le plus souvent ressemblé au flux et au reflux des marées, conditionnées par l’enthousiasme généré par les économies réalisées et les revers essuyés suite à une sous-traitance non-maîtrisée.

Car les écueils sont nombreux s’agissant de mener à bien une externalisation. Elle entraîne un changement dans les habitudes, la culture d’entreprise et la méthode de travail qui peuvent être difficiles à absorber par certaines organisations. Elle induit une perte des compétences sur l’activité sous-traitée, qui complique un éventuel retour en arrière en cas d’échec. Mais surtout, elle comporte une perte de visibilité et de maîtrise : la distance complexifie la logistique et allonge les délais, quand la langue et les différences culturelles peuvent générer des incompréhensions et complexifier les échanges.

En effet, les difficultés se multiplient d’autant lors d’une sous-traitance à l’étranger. À une période où la production locale est érigée en étendard de la responsabilité sociétale des entreprises (sauvegarde de l’emploi, production locale…), et où les coûts de transport notamment maritime, ont grandement augmenté, les entreprises font moins facilement le choix de la sous-traitance. On pense notamment à l’entreprise Nike qui a profondément modifié sa politique suite aux critiques éthiques dont elle a été l’objet après avoir laissé une grande latitude à ses sous-traitants sur les conditions de travail appliquées à leur personnel (Nike face à la controverse éthique relative à ses sous-traitants, par Nacer Gasmi et Gilles Grolleau, 2005). L’entreprise Apple aussi avait été vivement critiquée à la suite des révélations sur le travail des enfants dans les ateliers de son sous-traitant taïwanais Foxconn. La sous-traitance, principalement à l’étranger, a cela de particulier qu’elle touche à des problématiques sociétales plus large que les simples considérations organisationnelles.

Les difficultés liées à une sous-traitance sont souvent sous-estimées par le donneur d’ordre : distance, barrière de la langue, capacité à intégrer les concepts et les spécificités de chaque pays, mauvaise prévision de la réduction des coûts, délais allongé de transfert de compétences, limitations légales de transfert des informations… En 2011 déjà, la stratégie d’externalisation des activités informatiques de la SNCF auprès d’IBM avait été un échec. Le contrat liant les deux organisations avait été rompu suite à une surestimation de l’économie potentielle et de profondes divergences sur les méthodes de travail.

VERS UNE PRESTATION PLUS QUALITATIVE

Ainsi, la recherche d’économie et l’externalisation d’activités sans valeur ajoutée restent des motifs importants de sous-traitance. Mais parallèlement à l’essor des pratiques Agile, du télétravail ou du « flex office » pour modifier l’organisation interne, les environnements externes des entreprises suivent à leur tour la tendance de la flexibilité organisationnelle et du travail collaboratif, l’outsourcing passant d’une logique de fourniture de service à la rencontre de deux équipes aux spécialités complémentaires.

Il suffit de se pencher sur la nature des fonctions faisant l’objet d’une sous-traitance. Au-delà des fonctions non-créatrices de valeur, on observe désormais le recours à des prestations externes sur des postes clés de la chaîne de valeur du donneur d’ordre.

La sous-traitance permet de disposer de talents nécessaires aux environnements complexes de l’organisation, avec une flexibilité parfois indispensable. On pense ici notamment aux recours à des prestations externes par les établissements bancaires pour appliquer les règlementations imposées par les superviseurs nationaux (ACPR) et européens (EBA, BCE…). Les compétences liées à l’application de ces normes demandent une expertise poussée, et de nombreux établissements font le choix de ne pas la développer en interne, ce qui serait coûteux en temps et en ressources et non-pertinent sur le long terme. L’évolution rapide des réglementations nécessite de plus une mise à niveau régulière de ces compétences, plus facile à appliquer en ayant recours à l’externalisation qu’en les maintenant en interne par la formation continue des équipes.

UNE EVOLUTION DE LA RELATION

Le prestataire étant par nature davantage spécialisé dans l’activité sous-traitée que le donneur d’ordres, ce dernier attend de pouvoir se reposer sur cette expertise. Dans la relation contractuelle, des notions telles que le devoir de conseil, ou encore la veille technologique et concurrentielle sont aujourd’hui incontournables. Ces notions étaient jusqu’alors des domaines réservés à d’autres partenaires commerciaux comme les cabinets de conseil, mais aujourd’hui la compétitivité seule n’est plus un argument suffisant pour les sous-traitants, dans un secteur chaque année plus concurrentiel.

Loin d’être de simples bonus permettant de remporter un contrat, ils permettent de sécuriser l’activité autour d’une démarche vertueuse « gagnant-gagnant » qui sera le ciment de la pérennité de la relation. Le sous-traitant devient alors force de proposition pour faire perdre au terme « donneur d’ordre » une partie de sa signification.

Dans le cas de l’échec IBM-SNCF, les deux parties ont reconnu que le contrat initialement signé n’avait pas pu être appliqué en l’état et que le volume d’activité prévisionnel avait été surestimé. Une expertise désormais attendue d’un sous-traitant est sa capacité à accompagner efficacement le donneur d’ordre dans l’analyse de son activité à sous-traiter et ainsi coconstruire un contrat prenant en compte au mieux le contexte de l’activité afin de fluidifier la relation.

Le cadrage contractuel est en effet primordial, puisqu’il permet de mettre en place un esprit collaboratif, permettant de trouver des solutions innovantes en se détachant de la simple fourniture de service standardisée. Et c’est sans doute dans cette étape que se trouve la solution aux problématiques rencontrées : un cadrage précis de la relation, allant d’une sélection pertinente des partenaires à l’analyse précise des coûts et impacts.

Ainsi, on ne peut que conseiller aux entreprises souhaitant participer à cette évolution de la sous-traitance vers une recherche de plus de valeur ajoutée, de ne pas négliger la phase de préparation de cette externalisation. Ce qui leur permettra d’éviter la majorité des écueils si elle est menée avec efficacité.

Par Benjamin Lageat, consultant Senior du cabinet ADWAY

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Quelle retraite pour les salariés français travaillant en Europe ?

Les Echos – 17 juillet 2017 :

La mobilité professionnelle participe à la dynamique du marché de l’emploi européen. Revue de détail de ce qu’il advient de la retraite d’un salarié français dans un contexte de mobilité européenne.

Aujourd’hui, l’Europe compte environ 4 personnes actives (16-62 ans) pour chaque personne âgée de plus de 63 ans . D’ici 2060, 2 employés actifs cotiseraient pour chaque personne retraitée. Ce changement démographique constitue un obstacle non négligeable pour les gouvernements de l’UE, concernant leur responsabilité ultime vis-à-vis des pensions publiques de sécurité sociale.

De plus, dans le contexte actuel de marchés financiers volatiles, de règles comptables complexes et de règlementations renforcées, les entreprises sont davantage conscientes des risques financiers associés à leurs régimes de retraite et sont en recherche active de nouveaux moyens d’en réduire les coûts et les risques.

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L’arrivée de bébé va-t-elle bouleverser le modèle social en France ?

Bébé arrive dans quelques mois ? Madame : réjouissez-vous, une bonne nouvelle pourrait en cacher une autre ! Si d’un point de vue personnel l’arrivé de bébé constitue bien souvent une nouvelle extraordinaire, il n’en est pas de même au niveau professionnel pour madame : Congé parental, temps partiel, inégalité de salaire viennent trop souvent contrebalancer l’enthousiasme accompagnant un tel événement.

De nombreuses inégalités entre hommes et femmes

Les chiffres sont implacables : dans plus de 95% des cas, c’est madame qui restera à la maison pour s’occuper de bébé. A cela des raisons biologiques et physiologiques, mais aussi des raisons structurelles et historiques : le monde du travail a été créé et façonné par et pour les hommes. Les femmes ont ainsi obtenu le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari il y a seulement cinquante ans ! Une indépendance économique pas toujours synonyme d’égalité puisqu’en 2016, les femmes gagnent 18% de moins que les hommes à niveau identique. Depuis toujours, les femmes sont en retrait par rapport aux hommes dans les postes à responsabilités, n’étant ainsi que 10% dans les conseils d’administration. Alors, l’arrivée de bébé risque-t-elle d’accentuer encore un peu plus cette tendance ?

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Chine-USA : Fin de 30 ans d’histoire entre coopération et compétition ?

Les dernières élections américaines ont vu la montée au pouvoir d’un champion de la classe ouvrière américaine. Bien qu’étant issu du monde des affaires, Donald Trump a promis à ses électeurs populistes une Amérique plus forte et plus riche, au travers d’actions contre la mondialisation et l’immigration. Les Etats-Unis, première puissance économique depuis des décennies, ont depuis été détrônés par la Chine. Le nouveau président américain dénonce cette situation comme provenant de l’incompétence des précédentes administrations à freiner l’avancée rouge sur le monde économique. Les hostilités sont lancées…

De grandes ambitions

Depuis sa campagne présidentielle, Donald Trump n’a cessé de clamer que l’Amérique est abusée de toute part par ses partenaires commerciaux internationaux. Il dénonce en particulier la Chine et le Mexique, à qui il attribue la balance commerciale déficitaire américaine. Pour l’une à cause de ses produits inondant le marché américain et l’autre, pour les délocalisations d’industrie vers un coût du travail plus faible. Il propose, pour y palier, de revoir tous les accords internationaux signés par les anciennes administrations, ainsi que la politique douanière et de réduire l’immigration pour sauvegarder les emplois américains.
Vers une autarcie à l’américaine ?

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Intrapreuneur statut de demain ?

Comment développer l’intrapreneuriat, éviter la fuite des cerveaux, favoriser le dynamisme des entreprises et leur croissance ?

« Je monte ma start-up ! ». Qui n’a pas aujourd’hui dans son entourage une personne qui a, ou va créer, sa propre entreprise ? L’aventure tente de plus en plus de jeunes actifs mais pas seulement, on comptabilise plus de 12 000 start-up crées en Île-de-France d’après le magazine Capital (c’est plus que Londres ou Berlin). Les barrières psychologiques sont tombées, les carrières dans les grands groupes séduisent de moins en moins, les étudiants qui entrent dans le marché du travail ont aujourd’hui des envies de liberté, d’être leur propre patron et rêve de success story à la Airbnb ou BlaBlaCar qui a réussi à lever 117 millions d’euros en 2015. Venir travailler en jean/tee-shirt dans des bureaux cools à la déco « hypsterisante » faite de meubles chinés, où les réunions se font autour du babyfoot est devenu un symbole de réussite.