Covid-19 : le secteur de l’assurance sera durement contaminé.

Economie Matin – le 31 mars 2020 :

Largement affectés par la baisse des taux d’intérêts sur les obligations en euros au cours des dernières années, les assureurs doivent désormais faire face à une crise pandémique qui chahute les marchés financiers et affecte la rentabilité des investissements en unité de compte.

Alors qu’en début mars, l’OCDE et Moody’s ont respectivement abaissé leur prévision de croissance pour la France à 0,9% et 0,7%, la perspective d’une récession économique, sur fond de crise sanitaire mondiale, a de quoi inquiéter la Fédération française de l’assurance (FFA).

Comment un assureur prend-il en compte le risque de pandémie ?

Argus de l’assurance – le 31 mars 2020 :

Tom Popa, chef de projet au sein du groupe de conseil Square, explique la façon dont le risque de pandémie est estimé dans le domaine de la prévoyance, et comment les assureurs peuvent se couvrir. Il souligne notamment le poids du risque financier dans la constitution des modèles. 

Depuis décembre 2019, le virus Covid-19 s’est propagé, depuis Wuhan en Chine, dans le monde entier pour devenir une pandémie. Les assureurs qui proposent des contrats de prévoyance intègrent ce risque de pandémie dans la définition de leur Capital de Solvabilité Requis sous la norme Solvabilité 2. Comment ce risque est-il estimé ? Comment un assureur peut-il s’en prémunir pour ne pas dégrader sa solvabilité ?

Le risque de pandémie inclus dans les simulations de Solvabilité 2

La norme Solvabilité 2, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, impose notamment aux assureurs européens de définir le Capital de Solvabilité Requis (SCR), qui est l’exigence de capital économique d’un assureur pour faire face à un risque de ruine qui se produirait avec une probabilité d’une fois tous les deux cents ans. Ce SCR est décomposé en plusieurs modules correspondant à des natures de risques différentes : risque de marché, risque de défaut, risque opérationnel et risque de souscription pour les contrats de type Vie (épargne, retraite, prévoyance, etc) et Non-Vie (assurance automobile, assurance de biens, responsabilité civile, etc).

Pour le risque de souscription de type Vie, les assureurs doivent particulièrement prendre en compte le risque de « catastrophe » : pandémie, canicule, tremblement de terre, etc. Afin d’estimer le SCR dédié à ce risque, les assureurs doivent considérer l’impact d’une hausse de 1,5‰ du taux de mortalité sur les douze prochains mois. Par, exemple le taux de mortalité actuel en France étant de 9,1‰ (soit environ 600 000 morts par an), cela reviendrait à considérer une mortalité de 10,6‰ en période de pandémie (soit environ 700 000 morts l’année de pandémie). En comparaison, la grippe espagnole de 1918-1920, qui a tué entre 40 et 50 millions de personnes dans le monde, avait augmenté la mortalité aux États-Unis de 5,3‰. La surmortalité américaine avait été « seulement » de 0,41‰ lors de la grippe asiatique ayant tué deux millions de personnes dans le monde en 1957-1958, et de 0,17‰ pour la grippe de Hong Kong en 1968-1969.

Les modèles épidémiologiques

Toutefois, les assureurs qui disposent d’un modèle interne ont d’autres alternatives pour déterminer le risque de pandémie auquel ils sont confrontés. Des modèles épidémiologiques peuvent être utilisés par les assureurs, notamment les modèles compartimentaux. Ces modèles peuvent également incorporer une dimension spatiale pour estimer la contagiosité et la virulence d’un virus sur des zones géographiques déterminées. Le principe des modèles compartimentaux est de classer les individus selon différents états (sains, exposés, infectieux, rétablis, etc), et des équations régissent le passage d’un état à un autre. Ce sont ces mêmes modèles qui sont utilisés par les épidémiologistes pour estimer la propagation et la sévérité d’une épidémie.

Deux paramètres principaux régissent les modèles compartimentaux : le taux de reproduction R0 et le taux de létalité. Le taux de reproduction caractérise la contagiosité du virus : si R0 = 2, une personne infectée est susceptible de contaminer deux autres personnes (c’est justement ce taux de reproduction que le gouvernement essaye de faire baisser grâce à la distanciation sociale). Le taux de létalité caractérise la virulence du virus et se définit comme le nombre de décès parmi les personnes atteintes par la maladie.

Pour comparaison :

De tels modèles épidémiologiques peuvent permettre à un assureur utilisant un modèle interne d’affiner l’estimation de la propagation et de la mortalité dans une pandémie et donc de définir au mieux le SCR pour le risque « catastrophe ». L’utilisation d’un tel modèle de pandémie, via des stress tests, aide également un assureur à estimer quantitativement son exposition au risque de pandémie et à prendre des mesures pour s’en prémunir.

Les solutions de couverture

Une première solution de couverture contre un tel risque est la réassurance, notamment la réassurance en excédent de sinistre par événement : elle se déclenche lorsque le montant de sinistre à payer pour un même événement dépasse un certain seuil (un plafond de prise en charge par le réassureur peut aussi être mis en place).

Une autre solution possible est la titrisation du risque de pandémie : l’assureur se couvre auprès d’un tiers qui lui verse une certaine somme si la mortalité dépasse un seuil défini. Cette méthode de couverture a connu un certain succès à son apparition au cours des années 2000 avec des assureurs se couvrant pour plusieurs centaines de millions d’euros.

Intégrer aussi le risque financier

Mais une autre question se pose. Même si un assureur maîtrise bien son risque de pandémie, se couvrant contre une hausse significative de la mortalité, un autre facteur de risque doit être pris en compte dans une telle situation : le risque économique et financier.

La pandémie de Covid-19 a généré un krach boursier planétaire en mars 2020 et les assureurs ont été particulièrement touchés, entrainant une baisse des ratios de solvabilité. Bien que les assureurs soient exposés au risque de pandémie dès qu’ils ont en portefeuille des contrats de prévoyance, en moyenne près de 75% du SCR avant diversification des assureurs Vie est porté sur le risque de marché, faisant de lui le risque majeur devant le risque de souscription.

Comment prendre cela en compte du point de vue de l’assureur ? Grâce à l’ORSA (Own Risk and Solvency Assessment), l’assureur a la possibilité de tester divers scénarii « catastrophe » et il peut notamment coupler le risque de pandémie avec le risque de marché afin de tester sa résilience face à un tel scénario. Pour ceux qui n’auraient pas implémenté un tel scénario, tout peut laisser penser qu’ils l’intégreront prochainement dans leurs tests ORSA.

Par Tom Popa, Project manager Square

À quand la transférabilité de son contrat d’assurance-vie d’un assureur à un autre ?

Riskassur – 17 mars 2020 :

Nous ne présentons plus l’assurance-vie, aujourd’hui véritable couteau suisse de l’épargne, et placement préféré des Français (l’encours en assurance-vie s’établit aujourd’hui à 1 739 milliards d’euros à fin mai 2019, en hausse de 2% sur un an[i]). Ce produit propose en type d’investissement un fonds en euros et des unités de compte. En 2018, la « poche » euros représente la grande majorité de l’assurance-vie : environ 80% de l’encours existant et 72% de la collecte en affaires directes[ii].

L’assurance-vie subit d’année en année bon nombre de modifications réglementaires et les banques et assureurs n’ont de cesse d’adapter leur offre à destination des clients et de renforcer la transparence de la gestion des contrats. Par ailleurs, certaines voix à l’Assemblée Nationale s’élèvent pour proposer un projet de loi permettant le transfert total de contrats d’assurances vie existants d’un assureur à un autre. Dans le même temps, la loi PACTE a vocation à faciliter le transfert de contrat au sein d’un même assureur… Mais à quand la transférabilité de son contrat d’assurance-vie d’un assureur à un autre ?

Assurance auto connectée : les constructeurs automobiles bientôt incontournables.

AGEFI Luxembourg – Mars :

Avec le développement de la télématique et des objets connectés les assurances auto « au comportement » ou « UBI » (Usage Based Insurance) apparaissent un peu partout en Europe. Déjà très présentes en Italie (17% de part de marché) et dans une moindre mesure en Grande Bretagne ou en Allemagne, elles peinent à prendre leur envol ailleurs en Europe même si les perspectives de croissance restent optimistes.

Le principe de l’assurance UBI est simple : grâce à un système télématique embarqué, le style de conduite (accélérations, freinages, vitesse…) est analysé et traduit en un score par la compagnie d’assurance qui adapte ensuite la prime payée par le conducteur en fonction de son score.

La bonne exploitation des données ou la mort de l’assurance connectée.

Journal du net – le 27 février 2020 :

Vous conduisez prudemment, vous prenez soin de vos effets personnels, vous pratiquez une activité sportive régulière, et pourtant vous payez votre assurance au même prix que ceux qui sont moins scrupuleux que vous dans leur mode de vie.

Face à ce préjudice, la tendance à l’« hypersonnalisation » des contrats d’assurance a ouvert la voie à une batterie d’objets connectés exploitant vos données personnelles et comportementales tout en redessinant le modèle économique des assureurs.

Automobile, Habitation et Santé, trois des grands marchés assurantiels exposés se sont fixés comme objectif de positionner l’assureur dans une logique de prévention plutôt que d’indemnisation.

Attend-on vraiment de son assureur qu’il soit innovant ?

Journal du Net – le 21 janvier 2020 :

Le marché de l’assurance connait une véritable révolution ! La concurrence s’accroit avec l’arrivée de nouveaux acteurs de l’assurtech et les modes de consommation (mobilité, besoin d’instantanéité, etc) évoluent à vitesse grand V, ce qui pousse les grandes institutions à s’adapter rapidement aux nouveaux usages et aux nouveaux acteurs. Mais concrètement, un assureur doit-il vraiment être innovant pour satisfaire sa clientèle ?

Pour commencer, il est important de comprendre que l’innovation est privilégiée par tous les genres, tous les âges et toutes les catégories socio-professionnelles chez les consommateurs. Cependant, l’innovation est souvent réduite à une dimension simplement technologique. A l’opposé d’un gadget, il est primordial qu’elle réponde à un besoin. C’est pourquoi les innovations les plus plébiscitées sont surtout celles qui facilitent le parcours client. Parmi elles, on retrouve la signature électronique qui a véritablement bouleversé les parcours clients dans le secteur assurantiel et bancaire. Sans forcément être leader de l’innovation, il est important de ne pas perdre de vue les nouveautés. L’innovation a surtout pour but d’attirer de nouveaux clients. La proposition d’un nouveau produit ou service donne un avantage concurrentiel qui peut favoriser le changement de produit/service ou de fournisseur chez le client. C’est principalement cette raison qui pousse les assureurs à investir dans la recherche et le développement.

Smart Contract et assurance : menace ou opportunité pour l’intermédiation ?

Riskassur – N°600 :

Les 17 et 18 septembre derniers ont eu lieu les traditionnels rendez-vous des Journées du Courtage. Cet événement, ayant réuni 180 professionnels et plus de 10 000 visiteurs, a été le terreau d’échanges autour des sujets d’actualités touchant l’assurance et le courtage.

Cependant, certains sujets majeurs pour la profession tels que la blockchain ainsi que ses impacts n’ont que peu été évoqués. Or, depuis son émergence en 2008 en tant qu’élément de base des cryptomonnaies, la blockchain et ses applications s’étendent aujourd’hui à tous les domaines, et notamment à l’assurance. La disruption engendrée par cette technologie n’est pas sans effet sur les business models, processus et pratiques traditionnelles de l’assurance.

Le smart contract : opportunité pour les assureurs, menace pour les intermédiaires ?

Le smart contract fait partie, avec le transfert d’actifs et la constitution de registres de traçabilité des actifs, des 3 applications possibles de la blockchain en assurance. En effet, le smart contract ou contrat intelligent est un protocole informatique exécutant de manière autonome, grâce à un tiers de confiance appelé « oracle », des conditions sommairement définies par ses concepteurs. Sur un contrat d’assurance, lesdites conditions peuvent être, par exemple, celles du déclenchement de la garantie.

Open insuring : menace ou opportunité pour les acteurs historiques ?

Journal du Net – le 12 novembre 2019 :

Après l’open banking, place à l’open insuring, l’ouverture des données des clients des assureurs à des services tiers.

L’ouverture des données bancaires à des services tiers, l’open banking, a fortement modifié l’industrie bancaire ces dernières années. Cette évolution du secteur, encadrée par la directive DSP2, a permis aux fintech de se développer et de prendre des parts de marché aux banques traditionnelles. Cette ouverture des données clients menace désormais les assureurs. Une évolution de la réglementation est-elle est une menace ou une opportunité pour les assureurs traditionnels ? Comment peuvent-ils contrer les assurtech et autres Gafa ?

La blockchain dans l’assurance, qu’est-ce qu’on y gagne ?

RiskAssur – le 07 octobre 2019 :

Qu’est-ce que la blockchain ?

Apparue à la fin des années 2000, la technologie blockchain est une solution qui a pour vocation de stocker et transmettre des informations de façon transparente et sécurisée, sans organe de contrôle centralisé. Elle est essentiellement utilisée pour des transferts d’actifs (monnaie, titres, actions…) et considérée pour beaucoup comme le futur des transactions en ligne à l’image du Bitcoin. Cependant, ses applications s’étendent au-delà des secteurs de la finance et de la banque. C’est désormais à l’assurance d’en faire son cheval de bataille notamment avec les smart contracts1 qui permettent à ce secteur de se distinguer avec l’utilisation de la blockchain privée et non de la blockchain publique2.
A l’inverse des monnaies cryptographiques, cette solution est plus adaptée aux activités des assureurs et offre une gouvernance simplifiée, permet de réduire les coûts, améliorer la rapidité et la confidentialité ; le tout sans perte de contrôle.

Le volet réglementaire des marchés qui croisent assurance et blockchain est encore à construire. Les réglementations existantes ne sont pas entières applicables aux spécificités de la technologie. Nous avons le RGPD (Règlement général sur la protection des données) pour encadrer l’utilisation des données personnelles ou encore l’eIDAS (electronic IDentification, Authentication and trust Services) qui traite des cas de signature, d’horodatage, d’identification, de préservation des documents de preuve ou encore la lettre recommandée électronique. Combinées, ces deux réglementations protègent à minima les données des utilisateurs, mais n’abordent pas les notions de coopérations, coopétition et de partage des données qui sont les piliers mêmes de cette technologie. Dans ce contexte, les regroupements d’acteurs du privé dans des consortiums peut être vu comme une tentative d’auto-régulation en plus des objectifs de coopération.

Les consortiums abordés plus haut permettent à des acteurs aux intérêts communs d’échanger de pair à pair et de collaborer avec un réseau de nœuds réservé aux membres. L’acceptation de nouveaux nœuds et le paramétrage des droits de lecture restent soumis à validation des membres du consortium. Parmi les consortiums, on retrouve Bi3 détenu entre autres par AXA, Allianz, MAPFRE qui offre à ses clients des solutions variées qui repensent les business models et usages de demain. Leur vision, facilite l’entrée en relation pour le client et réduit les coûts administratifs.

Assurances de biens et environnement : une nouvelle association fructueuse ?

Environnement magazine – le 30 septembre 2019 :

 

Cette semaine, Thibault Le Garrec, consultant du groupe Square, souligne l’importance pour le secteur des assurances de s’emparer des sujets environnementaux. « L’enjeu pour les assureurs est aujourd’hui de développer de nouvelles offres ou de nouer des partenariats afin de suivre les évolutions du marché et pour diversifier les incitations », estime-t-il.

L’environnement est aujourd’hui au cœur des préoccupations et le rôle des grandes entreprises dans cette transition énergétique est souvent mis en avant. Les assureurs, acteurs clés de l’économie, multiplient les initiatives en faveur de l’environnement à travers l’investissement socialement responsable, le désinvestissement des énergies fossiles ou diverses incitations auprès de leurs salariés.

En revanche, en dehors des produits financiers dits « verts », les offres en faveur de l’environnement proposées aux consommateurs restent rares. Quels sont les freins à l’extension des produits verts sur le marché de l’assurance de biens ? Comment peut-on envisager leur développement ?