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L’Agence Française Anti-corruption : vraie révolution ou simple artifice ?

HSBC, Airbus, Société Générale, Total, ou encore plus récemment BNP Paribas et le Crédit Suisse : toutes ont déjà été condamnées à de lourdes sanctions d’ordre financier, ou concernées par des investigations, en matière de corruption dans le cadre de leurs activités.

Dans un contexte international qui cherche à fiabiliser l’image de marque au travers du renforcement des normes éthiques, la corruption est récemment devenue un sujet sur lesquels gouvernements, acteurs publics locaux et entreprises du secteur privé semblent s’être mobilisés. En France, cette tendance s’illustre aujourd’hui à travers la promulgation de la loi Sapin II instaurant une nouvelle agence appelée AFA : Agence Française Anti-corruption.

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Le modèle économique américain est-il viable ?

Economie Matin – 17 mai 2018 :

La première puissance économique mondiale se porte au mieux : un taux de chômage au plus bas, une croissance du PIB retrouvée et une réforme fiscale saluée par les entreprises et les investisseurs.
Tout semble réuni pour que les Etats-Unis redeviennent le moteur de la croissance planétaire à condition que les erreurs du passé aient été comprises et que les chiffres publiés reflètent bien la réalité.

Une économie à plein régime

Un taux de chômage au plus bas depuis 17 ans

L’année 2017 a été marquée par une baisse du chômage aux Etats-Unis. Celui-ci est passé de 4,8% à 4,1% entre janvier et décembre 2017. Cette baisse sur la période représente une réduction de 926 000 chômeurs pour atteindre un total de 6,7 millions. Un niveau si bas n’avait pas été constaté depuis 2001 et peut être considéré comme une situation de plein emploi où seul un chômage structurel est représenté. Ce faible niveau de chômage montre la bonne santé de l’économie américaine et du marché de l’emploi.

Une croissance du PIB retrouvée

Après une année 2016 décevante avec une croissance du PIB enregistrée à 1,5%, 2017 permet de renouer avec une croissance annuelle de 2,3%. En plus de ce regain, les Etats-Unis devraient profiter de la mise en place de la Tax Reform pour stimuler leur croissance économique. La réforme fiscale du siècle devrait inciter les entreprises américaines à favoriser les investissements dans le pays et augmenter le salaire des employés, deux éléments vecteurs de croissance.

L’économie américaine semble donc solide mais des nuances sont à apporter pour prendre en compte des variables ignorées par les statistiques. Il est intéressant d’analyser la qualité des emplois créés permettant un taux de chômage si bas ainsi que la dette globale détenue par le pays pour comprendre la croissance.

Des nuances à apporter

Dégradation du marché du travail

Un taux de chômage en baisse est un bon indicateur économique mais ne tient pas compte de la qualité des emplois. En août 2017 le chômage américain était de 4,4% soit 0,3 point de plus qu’en janvier 2018. Selon Statista, le nombre d’employés est passé de 153,6 à 152,9 millions, voyant celui à temps partiel augmenter de 26,2 à 27,4 millions et celui à temps plein diminuer de 127,4 à 125,4 millions. Les individus en fin de droit permettent de faire baisser le taux de chômage.

Il est également intéressant d’observer le taux de pauvreté qui touche 43 millions d’Américains (14%) avec un seuil défini à environ 30% du salaire médian. La France a un taux de pauvreté égal à 14% en prenant en compte 60% du salaire médian. Selon U.S. Census Bureau, 5,8% de la population se trouve dans une situation d’extrême pauvreté c’est-à-dire qu’ils gagnent moins de 50% de la limite de revenu déterminant le seuil. Le nombre de SDF est lui en hausse de 0,7% sur un an atteignant des sommets à Los Angeles (+75% en 6 ans selon L.A. Times) et New York (+4,1%).

L’évolution du taux de chômage montre une amélioration de l’emploi aux Etats-Unis mais la réalité présage d’une paupérisation de la population voyant les emplois à temps partiel et le nombre de pauvres augmenter. Partant de ce constat, comment expliquer un tel niveau de croissance ?

Une dette globale historique

En 2017, l’endettement des ménages américains dépassait pour la première fois son niveau atteint lors de la crise de 2008 avec plus de 13 000 milliards de dollars selon The New York Times. Ce niveau d’endettement intrigue par sa rapide évolution. Les prêts étudiants ont plus que doublé en 10 ans atteignant 1400 milliards de dollars. Les crédits à la consommation (revolvings et automobiles) dépassent 2 100 milliards et connaissent une accélération historique (+5,7 et +7,1% en 2017) accompagnée d’une hausse de 20% des défauts sur cartes de crédit. Les prêts immobiliers représentent la majeure partie de l’endettement des ménages avec 9 900 milliards. En ajoutant la dette des entreprises, la dette privée américaine s’élève à près de 200% du PIB en 2017.

Les Etats-Unis détiennent également une dette publique au plus haut depuis 1947 avec 20 250 milliards en 2017 soit 108% du PIB et un déficit public qui augmente chaque année. La dette globale représente 308% du PIB. Les Etats-Unis semblent entrer dans une spirale de la dette dont il sera difficile de se défaire au vu de l’importance des montants et de leur progression. Comment éviter le point de non-retour ?

Les pistes pour résorber l’endettement

Durcir les conditions d’octroi de crédit

La dette des ménages s’est envolée en 2017. Afin de maitriser cet endettement, il serait nécessaire de durcir les conditions d’octroi de crédit pour améliorer la qualité des emprunteurs et réduire le taux de défaut. La dernière crise financière majeure a été déclenchée car la qualité des emprunteurs n’était pas prise en compte et il serait malvenu qu’une seconde crise éclate pour cette raison.

Penser long terme

La recherche de la croissance à tout prix incite les gouvernements à favoriser une croissance de court terme plutôt que de long terme. Cette inadéquation entre mandats présidentiels et réalité économique fait gonfler l’endettement du pays sans amélioration notable des facteurs de production. La croissance obtenue peut alors être vue comme une sorte de feu de paille qu’il faut constamment alimenter, creusant un peu plus l’endettement. Il faudrait donc sortir de cette vision court-termiste pour favoriser les investissements dans l’éducation, la R&D ou tout type d’investissement productif permettant de stabiliser l’économie même si les effets se font attendre.

L’économie américaine fonctionne à plein régime avec un taux de croissance élevé et un taux de chômage bas. Cependant, la qualité de ses emplois et l’endettement général du pays se dégradent dangereusement. Aujourd’hui les crédits semblent jouer le rôle d’assistance respiratoire à la croissance et il sera nécessaire que le gouvernement et les entreprises relancent la croissance de long terme tout en réduisant l’endettement avant que la situation ne devienne insolvable.

Par Vincent Mandato consultant Senior du cabinet ADWAY

 

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Réglementation contrôle interne vs Croissance des banques

Finyear – 4 avril 2018 :

Une sanction inédite est tombée le 2 février dernier : la banque centrale des Etats-Unis (FED) a interdit à Wells Fargo, l’une des principales banques américaines, de dépasser 1 950 milliards de dollars d’actif (somme qu’elle avait à son bilan à la fin de l’exercice 2017), tant qu’elle n’aura pas modifié de manière «suffisante» son mode de gouvernance et son système de contrôle interne.

Avant cela, l’institution financière s’était déjà vue condamnée à de lourdes sanctions financières. 3,5 millions de comptes fictifs avaient en effet été ouverts entre 2002 et le printemps 2017 par certains de ses salariés cherchant à toucher des primes liées à la vente de nouveaux produits aux clients. Il a ensuite été découvert que la banque avait fait payer des primes d’assurance superflues à plus d’un demi-million de clients sur leurs crédits automobiles. Ces agissements avaient alors conduit au licenciement de 5 300 employés et à une amende de 185 millions de dollars (164 millions d’euros) pour l’institution.

Cette nouvelle décision de la FED se révèle donc un véritable coup de massue pour Wells Fargo et pose de manière générale la question de savoir jusqu’où peut conduire la mise en application de la réglementation sur le contrôle interne, à l’échelle nationale et internationale.

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La blockchain et la transformation des opérations de paiement : vers la fin des intermédiaires et des coûts associés

Point Banque – avril 2018 :

La technologie blockchain continue de faire parler d’elle et de ses potentielles utilisations, soutenues par l’augmentation du nombre des transactions et les évolutions surprenantes des multiples cryptomonnaies (ou cryptoactifs), notamment au cours des derniers mois de 2017. Tel est le cas du bitcoin et de l’ether qui ont atteint des niveaux record.

Les nouvelles formes de transaction et d’échange de cryptomonnaies introduites par la blockchain ouvrent de nouvelles opportunités pour la transformation des opérations de paiements. De nombreuses applications sont en cours d’exploration qui visent à tirer profit de la nature généraliste de la technologie blockchain. Elles impliquent son utilisation dans des processus divers au sein des transactions de paiement. Plusieurs acteurs économiques, notamment dans le secteur du e-commerce, ont manifesté un intérêt grandissant pour l’identification des aspects du traitement post-trade qui pourraient bénéficier du potentiel de la blockchain, à travers la réduction du temps d’exécution des transactions et leurs règlements. L’objectif est d’augmenter la vitesse et l’efficacité des opérations qui influencent la durée des cycles de règlement.

Le potentiel de la blockchain sera exploité tout autant pour réduire les coûts liés aux services intermédiaires et au back-office, notamment les procédures manuelles ou les doublons à éliminer.

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Croissance économique : se garder de tout triomphalisme

Les Echos – 29 mars 2018 :

La croissance du PIB en 2017 atteint 2 %, selon l’Insee. Faut-il s’en réjouir ? Non, car elle repose sur des bases fragiles.

Depuis 2008, cela faisait quasiment une décennie que nous traversions un désert de croissance. Si on en croit notre gouvernement, plusieurs indicateurs conjoncturels sont au vert et nous nous dirigeons vers une période plus «faste». Avant de nous jeter à corps perdu dans ce sentiment d’optimisme, nous devons y regarder d’un peu plus près.

Les chiffres de l’Insee de la croissance 2017 (+2 %) allant même au-delà des prévisions s’expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, la croissance française est tirée par un dynamisme mondial de toutes les économies : zone euro, Etats-Unis, mais aussi Japon et pays émergents.

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Quelle gouvernance pour l’octroi de crédit ?

Les processus de modélisation des systèmes de décision à l’octroi ne sont pas parvenus à rompre avec les contraintes de gouvernance qui se répercutent inexorablement sur la qualité des modèles.

L’octroi de crédit en France en 2017 s’est établi à des taux de croissance inégalés depuis Septembre 2006 (+6.1% de l’encours des crédits à la consommation des ménages). Ce phénomène se confirme sur 2018, soutenu par des taux d’intérêt réels particulièrement bas et ce, malgré le maintien à un niveau élevé du volume de défaillance des entreprises.

Dans ce contexte, la maitrise du processus d’octroi de crédit, et en particulier des modèles de notation et des systèmes experts au cœur des processus d’octroi, apparaît d’autant plus déterminante qu’elle conditionne la maitrise de la charge de risque à terme, qu’ils permettent le pilotage du risque de crédit à l’origine de la relation et qu’ils constituent un vecteur d’amélioration de l’avantage concurrentiel des banques.

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L’évolution de la monnaie : vers une dématérialisation

C’est avec la formidable invention de l’ordinateur et dans la foulée d’Internet que le XXe siècle a bouleversé les modes traditionnels de communication et d’échanges d’information. L’évolution appelle l’évolution, c’est pourquoi nous assistons aujourd’hui à celle de la monnaie qui tend à devenir immatérielle.

Ce phénomène ne nous est pas inconnu puisque nous pratiquons déjà le paiement instantané par le biais de nos appareils électroniques (téléphones portables, tablettes et/ou ordinateurs).

Mais la dématérialisation de la monnaie va plus loin que cela, notamment avec l’apparition de crypto-monnaies comme le Bitcoin en 2009 ou encore son principal concurrent Ethereum, basées sur le principe de la Blockchain, ces plateformes nous permettent d’effectuer des transactions avec une monnaie strictement numérique. Dès lors nous comptons de nombreux acteurs économiques utilisant ces systèmes, aussi bien les cabinets d’avocats que les sociétés de prestations de services comme Namecheap, WordPress ou encore Reddit (1) .

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Quand IFRS9 met en exergue les limites du système réglementaire des banques européennes

Le 24 juillet 2014, l’IASB publiait la version définitive de la norme IFRS9 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2018. Faut-il le rappeler, la norme IFRS9 est l’une des nombreuses réponses faites par les régulateurs à la crise de 2007/2008. Bâle 3, EMIR, IFRS9 autant de réglementations qui visent à encadrer plus efficacement le système financier pour éviter le marasme engendré par la crise des subprimes et la chute de Lehman Brothers. Pour ce faire IFRS9 s’en prend directement au bilan des banques avec la revue de la classification et de la comptabilisation des actifs financiers et surtout la révision complète de la politique de provisionnement. IFRS9 met en avant des principes forts : 1-les banques sont appelées à provisionner dés le premier euro prêté, 2-le niveau de provisionnement augmente dès lors que le risque s’avère s’être dégradé significativement, 3-le niveau de provisionnement est estimé à partir de modèles prenant en compte le niveau attendu de pertes en fonction du contexte macro-économique à venir. L’idée sous-jacente à ces principes est simple, il s’agit de ne plus avoir à subir les chocs que peuvent engendrer des retournements de l’économie ou l’éclatement d’une bulle mais de mettre en place un système proactif, permettant d’anticiper la survenue du défaut et ses impacts.. Par ailleurs IFRS9 place davantage encore la politique de risque au cœur du business model des banques, la gestion des risques est clairement intégrée aux problématiques d’octroi entrainant une prise de conscience plus forte encore des forces commerciales.

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De Bâle III à Bâle IV : quels impacts sur les fonds propres réglementaires ?

La réforme dite « Bâle IV », dont les dernières discussions se sont tenues en Suède les 14 et 15 juin dernier, vise en autres une harmonisation mondiale des méthodes de calcul du risque. Bien qu’encore au stade de discussions, les impacts de cette réforme sur les fonds propres réglementaires font débats.

Les règles proposées par le Comité de Bâle ont pour objet d’assurer la stabilité du système bancaire mondial, de garantir un contrôle efficace des banques et de promouvoir une coopération entre les superviseurs bancaires, notamment afin de garantir un suivi et un contrôle des risques bancaire. En l’espace de 30 ans, ce cadre règlementaire a évolué au gré du contexte économique et des crises rencontrées, néanmoins un pilier central de cette réglementation est resté identique : l’exigence en fonds propres. Ceux-ci permettent aux autorités de contrôle de déterminer si les banques détiennent des capitaux suffisants pour faire face aux pertes imprévues, garantissant ainsi une évaluation et une gestion de leurs risques.

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“Considerable Shift” Towards Crypto Regulation in the EU

Cryptonews – 21 mars 2018 :

  • The AML Directive has enhanced the rules in terms of customer due diligence and risk assessment.
  • Additional regulations are under way.

Recent decisions by the European Commission show a considerable shift from the laissez-faire approach towards fintech regulation, including blockchain and cryptocurrency, in the EU, Brice Boland, Manager Senior at Initio, a business consultancy firm, told Cryptonews.com.

EU commissioners are now pushing for an amended version of the EU’s Fourth Anti-Money Laundering Directive (4 AMLD), as its current version is not well adapted to the ongoing growth of cryptocurrencies, Boland added.

« After the amendment comes into force, professionals and especially exchange services between virtual and fiat currencies and custodian wallet providers will have to comply, which includes, of course, compliance with the regulations in their country of incorporation, » explains Boland. « Furthermore, all the services linked to cryptocurrencies will need to be registered to the AML authority of their jurisdiction. »