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La très chère morale du conte de Noël d’Actelion

Les Echos – 26 décembre 2016 :

Les noces d’Actelion se précisent, mais l’heureux élu n’est toujours pas connu. Le groupe suisse vient d’annoncer le 21 décembre au soir être entré en discussions exclusives avec l’Américain Johnson & Johnson, alors que ces derniers jours Sanofi semblait sur le point de conclure. Si rien n’est encore joué, le secteur de la pharmacie continue d’annoncer des acquisitions pour des montants toujours aussi impressionnants.

La probable acquisition d’Actelion devrait se réaliser pour environ 30 milliards de dollars (28,7 milliards d’euros). Pour mémoire, le CA d’Actelion a été d’environ 1.8 milliard en 2015. Face à de tels montants financiers, la question du sens stratégique mérite d’être posée pour saisir la rationalité de telles opérations : la somme des actifs actuels de Johnson & Johnson (ou de Sanofi) et de ceux de sa cible permettra-t-elle d’accélérer les processus d’innovation, de créer des synergies d’intelligence, bref d’augmenter la capacité du groupe à produire de nouveaux médicaments, grâce à une R&D intégrée, maitrisée, fertilisant tous les métiers de l’organisation ? Ou cette opération n’est-elle qu’une opération financière destinée à optimiser le portefeuille de brevets, participant ainsi à la concentration du secteur et asséchant le réservoir de R&D, sacrifiée sur l’autel de la rentabilité d’actifs très chèrement acquis ?

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Bayer, le pari du « Big Pharming »

Les Echos – 29 septembre 2016 :

La Bourse le voyait pencher du côté des Big Pharmas. Avec l’acquisition de Monsanto, l’allemand Bayer donne un coup de volant inattendu vers le « Big Farming ».

Qui traverse la vallée de la Wupper en se rapprochant du Rhin ne peut pas la manquer. La croix Bayer, comme suspendue dans les cieux, domine, de jour comme de nuit, ce berceau d’une partie de la sidérurgie et de la chimie européennes. Bien plus qu’un logo, une boussole. Lorsque l’une des plus anciennes cathédrales de la « Deutschland AG » célèbre ses cent cinquante ans d’existence, en 2013, « Mutti », la chancelière Angela Merkel, vient sacrifier au culte. Quand on a miraculeusement survécu à deux guerres mondiales, la « petite » histoire vécue à Leverkusen se confond avec la grande. Et quand un tel emblème du patrimoine national se met en tête de lier son destin à celui de l’une des entreprises les plus détestées de la planète dans les sondages, le désarroi succède à la sérénité.

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Grandes manœuvres pharmaceutiques et guerre économique : une nouvelle stratégie pour le secteur de la santé ?

Les Echos – 4 décembre 2015 :

La permanence de spectaculaires opérations de fusions-acquisitions des entreprises pharmaceutiques laisse à penser que la recomposition du secteur se caractérise toujours par l’obsession de la taille critique.

Être un acteur global, à tout prix, est en effet perçu comme la promesse de trois avantages concurrentiels clés :

  1. L’accroissement des capacités de recherche et développement (R&D), considéré comme l’objectif stratégique clé de la guerre ouverte dans le secteur.
  2. La diversification du portefeuille de médicaments sous brevet).
  3. Les économies d’échelle et dans certains cas l’optimisation fiscale.
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Quand la Big Pharma rencontre le Big Data

Les Echos – 29 septembre 2015 :

A l’instar du partenariat noué ce mois-ci entre Sanofi et Google, de plus en plus de passerelles existent entre les grands noms du Net et de la pharmacie. Ces derniers commencent seulement à percevoir le potentiel des données collectées auprès des patients.

Au début du mois, Sanofi et la division sciences de la vie de Google annonçaient la mise en place d’une collaboration « pour améliorer la prise en charge et les résultats cliniques des personnes atteintes de diabète ». L’idée était de combiner les compétences « de Sanofi en matière de traitements et de dispositifs médicaux à l’expertise de Google en matière d’analyse de données, d’électronique miniaturisée » pour « développer de nouveaux outils de gestion du diabète et permettre de nouveaux types d’intervention », de la mesure de la glycémie sanguine à la collecte d’informations rapportées par les patients, en passant par le suivi de l’observance des traitements.