La fraude aux prestations santé, un dégât collatéral de RAC0

Economie Matin  – 25 août 2018 :

Depuis le début de l’été, le monde de la santé est en effervescence avec l’annonce officielle de la signature des protocoles d’accord RAC0 le 13 juin dernier.

Derrière ce sigle, se cachent des enjeux majeurs pour tous les acteurs du secteur de la santé : CPAM, mutuelles, professionnels ou même industriels du marché.

Qu’est-ce que le RAC0 ? En toutes lettres : Reste à charge zéro

Promesse électorale de l’actuel gouvernement, ce protocole d’accord vise à améliorer l’accès aux soins des plus démunis dans les secteurs optique, audio et dentaire. Le constat est simple : le reste à charge des patients s’élève à 8,3% toutes dépenses de santé confondues en France alors qu’il est de 22% dans l’optique par exemple. Le but est donc d’éviter que les personnes les plus défavorisées ne renoncent aux soins, en proposant systématiquement des offres standardisées d’équipements santé (lunettes, etc.), prises intégralement en charge par l’Assurance Maladie et les organismes complémentaires dans les trois domaines médicaux. Ces offres, dont les tarifs seront plafonnés, cohabiteront avec les offres à tarifs maîtrisés ou libres.

La très chère morale du conte de Noël d’Actelion

Les Echos – 26 décembre 2016 :

Les noces d’Actelion se précisent, mais l’heureux élu n’est toujours pas connu. Le groupe suisse vient d’annoncer le 21 décembre au soir être entré en discussions exclusives avec l’Américain Johnson & Johnson, alors que ces derniers jours Sanofi semblait sur le point de conclure. Si rien n’est encore joué, le secteur de la pharmacie continue d’annoncer des acquisitions pour des montants toujours aussi impressionnants.

La probable acquisition d’Actelion devrait se réaliser pour environ 30 milliards de dollars (28,7 milliards d’euros). Pour mémoire, le CA d’Actelion a été d’environ 1.8 milliard en 2015. Face à de tels montants financiers, la question du sens stratégique mérite d’être posée pour saisir la rationalité de telles opérations : la somme des actifs actuels de Johnson & Johnson (ou de Sanofi) et de ceux de sa cible permettra-t-elle d’accélérer les processus d’innovation, de créer des synergies d’intelligence, bref d’augmenter la capacité du groupe à produire de nouveaux médicaments, grâce à une R&D intégrée, maitrisée, fertilisant tous les métiers de l’organisation ? Ou cette opération n’est-elle qu’une opération financière destinée à optimiser le portefeuille de brevets, participant ainsi à la concentration du secteur et asséchant le réservoir de R&D, sacrifiée sur l’autel de la rentabilité d’actifs très chèrement acquis ?