Comment le modèle de l’hypermarché a-t-il été détrôné par les réseaux de proximité ?

La tribune – le 24 novembre 2020 :

La pandémie actuelle de Covid-19 a-t-elle achevé la longue chute des magasins qui ont fait la renommée de la grande distribution pour laisser place à des enseignes de proximité ?

C’est en 1916 que l’enseigne américaine Piggly Wigly crée le concept de vente en libre-service définissant les bases de la grande distribution actuelle. Il faudra attendre 50 ans de plus afin que le premier supermarché fasse son apparition sur le sol français sous l’enseigne Delhaize Le Lion. La grande distribution est née et transforme la société française en s’appuyant sur le modèle de l’hypermarché érigé en temple de la consommation, des prix bas et de l’avènement de l’automobile. Modèle basé sur la recherche de volumes et d’une gamme de produits élargie au prix le plus bas, il allait être remis en cause par les crises successives et les nouvelles attentes des consommateurs.

Dans quelle mesure les métiers de la supply chain sont-ils compatibles avec le télétravail ?

Décision-Achats.fr – le 03 novembre 2020 :
Afin d’identifier le degré d’applicabilité du travail à distance pour les métiers de la supply chain, tâchons de les classer selon trois catégories complémentaires les unes des autres…
Grève des transports, Covid-19. Deux événements venus perturber notre quotidien en 2020, démocratisant l’usage du travail à distance. Dans quelles mesures le télétravail est-il applicable aux métiers des supply chain, et quelles solutions déployer pour le faciliter et le rendre possible?

La crise actuelle : un déclic pour la grande distribution ?

LSA – le 07 mai 2020 :

Pour François Dartout, consultant senior chez Square.La crise actuelle peut, en fin de compte, servir de déclic à la mise en chantier de grands projets de transformation et tenter de répondre à des maux économiques mais aussi sociaux sur l’ensemble du territoire. Son point de vue.

En janvier 2020, alors qu’Auchan se préparait à supprimer 517 postes (Les Echos, 14 jan. 2020), Amazon annonçait vouloir recruter 500 personnes d’ici 2023 pour son nouvel entrepôt de 55 000m² situé dans l’Oise (Le Parisien, 13 janv. 2020). Cet exemple de difficulté que rencontrent les sociétés de grande distribution traditionnelles dans leur lutte pour se maintenir sur un marché en pleine transformation mettait en évidence, avant tout, leur difficulté à se réinventer face l’hyperpuissance des nouveaux acteurs, en particulier ceux de l’e-commerce. La crise que nous traversons actuellement affecte d’une manière différente ces derniers et les grands groupes de distribution. Même si Amazon, pour reprendre cet exemple, s’est vu ordonner par la justice française de limiter ses livraisons aux produits dits essentiels, l’entreprise américaine a maintenu son activité au début de la période de confinement quand Auchan et Carrefour, entre autres, ont dû s’adapter à une demande exclusivement orientée vers les produits de première nécessité des consommateurs confinés. Cette période de confinement va-t-elle assombrir les perspectives d’avenir du secteur de la grande distribution au profit du e-commerce ou va-t-elle, à l’inverse, précipiter la mise en chantier des grands projets de transformation dont la grande distribution a besoin pour rester dans la course ?

Le Made in France, réalité ou tendance marketing ?

Economie Matin – 10 janvier 2019 :

Alors que le made in Asia est de plus en plus décrié pour sa qualité ou ses conditions de fabrication, le made in France fait un retour en force ces dernières années. Pourquoi un tel engouement ? Qu’entend-t-on par made in France ? Les produits sont-ils vraiment fabriqués en France ou est-ce un simple argument marketing illusoire pour booster les ventes ?

Un positionnement attrayant pour les entreprises

Le marquage de l’origine d’un produit non alimentaire ou agricole n’est sujet à aucune mention légale. Cette indication est donc facultative pour les autres produits de consommation. Pourtant, nombreuses sont les entreprises qui tiennent à l’indiquer. Et pour cause, d’après un sondage IFOP de septembre 2017, 74% des Français sont prêts à payer plus cher un produit fabriqué dans l’Hexagone. Nous sommes ainsi en droit de nous interroger sur les raisons pour lesquelles les entreprises jouent cette carte et si elle est toujours justifiée.

Amazon fait trembler la grande distribution

Fort d’un chiffre d’affaires en hausse de 20% en 2016, Amazon continue son expansion géographique et renforce ses positions dans nombreux pays et notamment en Europe. Depuis le concept de librairie en ligne des années 90 l’offre de services a été fortement étendue à coup d’investissements colossaux pour l’acquisition et le développement de nouveaux produits et services qui lui confèrent une offre complémentaire et un avantage concurrentiel certain au moment de s’immiscer dans la distribution alimentaire. Amazon a contribué à la popularisation du commerce électronique, va-t-il désormais révolutionner le marché de la grande distribution ?

Carrefour en quête d’agilité

Les Echos – 25 janvier 2018 :

Alexandre Bompard a récemment présenté son plan de transformation de Carrefour. Management, expérience client, numérique… Le distributeur français est à la recherche d’un nouvel élan.

Après de longs mois d’attente et un compte à rebours savamment mis en scène par Alexandre Bompard et les syndicats, le premier distributeur français a présenté mardi 23 janvier son plan «Carrefour 2022» qui a pour ambition la transformation, la modernisation et la numérisation du groupe présent dans 30 pays avec 384.000 collaborateurs, dont 115.000 en France.

Les nouveaux enjeux de la communication pour les marques

Les Echos – 29 mars 2017 :

Le constat est sans appel : la marque n’est plus seul maître à bord.

Il parait loin le temps où une entreprise pouvait prétendre contrôler pleinement sa communication et offrir à l’extérieur une image cohérente, parce qu’encadrée. Aujourd’hui, ses moindres secrets et incohérences peuvent être instantanément révélés sur Internet et sur les réseaux sociaux.

Et cela vaut autant pour les entreprises et institutions que pour les hommes politiques – car tous valent pour marques désormais ! Armé d’un fantastique porte-voix sur le monde, chacun peut se prétendre journaliste, critique, chroniqueur, lanceur d’alerte… que ce soit l’ex-femme d’un président de la République qui relate les conversations de leur passé intime, ou l’employé d’une multinationale qui en dévoile les dérives et abus constatés en interne. L’avènement des Millenials, dotés depuis leur naissance de cet incroyable espace de parole qu’est le web, redistribue les cartes pour les marques et la maîtrise de leur image à travers le monde.

La marque ne doit plus se penser « vers » la cible à laquelle elle s’adresse, mais « avec » elle.

Avec l’essor du Big Data, la connaissance du client atteint un niveau de détails inédit dont les pionniers du CRM n’imaginaient sans doute pas pouvoir disposer un jour. Forts des informations collectées sur chaque client ou prospect, on est déjà passé d’un temps où la marque s’imposait à tous les consommateurs uniformément, à l’ère de la programmatique où les messages et supports utilisés par la marque peuvent suivre les préférences de sa cible, ses centres d’intérêt, préférences d’usages, localisation géographique…

Bientôt, les objets connectés nous donneront sans doute encore davantage de possibilités pour adresser le bon message au bon moment, grâce à une information continue et en temps réel sur les habitudes et préférences du consommateur. On est passé d’une communication intrusive à une communication autorisée (« permissive ») et la prochaine étape, déjà initiée par certaines marques, sera la communication collaborative. Dans un contexte de profusion d’offres et de messages, et d’une certaine défiance vis-à-vis des marques, celles-ci ne peuvent plus compter sur la loyauté a priori de leurs clients. Les Millenials sont nés dans la surenchère des messages publicitaires, ils savent que le pouvoir est entre leurs mains et qu’ils peuvent changer pour une meilleure offre à tout moment. La fameuse génération « switch ».

Pour émerger de la multitude et s’assurer la préférence de leurs cibles, les marques doivent donc intégrer dans leur stratégie de communication leur public et s’y appuyer comme relais d’opinion. Selon Christophe Lachnitt, ancien Directeur de la Communication de Microsoft France, « dans les dix prochaines années, toutes les marques vont devenir des plates-formes et l’animation de communautés de membres va remplacer la gestion de la relation client. »

L’image d’une marque forme un tout indivisible.

Au-delà de son offre produits et de sa communication publicitaire, valent désormais presque tout autant dans l’image de la marque sa stratégie globale, sa culture, ses valeurs et engagements en matière d’éthique et d’environnement, la personnalité de ses dirigeants voire leurs accointances politiques… Au sein même de l’entreprise, l’image de marque n’est plus uniquement du ressort des collaborateurs en contact direct avec le client (commerciaux, service client, communicants…) : tous les employés deviennent vecteurs de l’image de la marque vers l’extérieur, et doivent être considérés comme tels par l’entreprise.

Il ne s’agit pas ici seulement de souligner le rôle « icônique » que peuvent avoir ses dirigeants sur la notoriété et la crédibilité de la marque (selon une étude de Weber Shandwick et KRC Research menée dans 19 pays en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Asie et Europe, en moyenne 45 % de la réputation d’une entreprise est attribuable à la réputation de son PDG et 44 % de la valorisation boursière d’une entreprise découle de la réputation de son PDG !), mais également celui, essentiel, de chacun de ses collaborateurs – on constate ainsi dans les grands groupes de plus en plus d’actions visant à « éduquer » les collaborateurs sur les réseaux professionnels tels que LinkedIn, allant jusqu’à leur inculquer une charte de bonne conduite à suivre sur ces médias.

D’après une étude menée en 2015 par LinkedIn (mais portant sur tous les réseaux sociaux), alors que seulement 2 % des collaborateurs partagent les contenus que leur organisation publie, ils génèrent 20 % de leur engagement total. Et l’enjeu est d’autant plus grand pour l’entreprise que si 15 % des gens seulement font confiance aux messages corporate publiés sur les réseaux sociaux, 70 % se fient aux opinions mises en ligne par leurs relations… On comprendra alors aisément à quel point il est primordial que les collaborateurs comprennent, intègrent et cautionnent une stratégie d’entreprise qui se voudra donc nécessairement transparente et cohérente en interne.

La marque sera donc authentique, ou ne sera pas.

En avril 2016, Cohn & Wolfe, agence de communication internationale, a lancé son premier classement « Authentic 100 » qui classe des marques mondialement connues en fonction de la perception que les consommateurs ont de leur authenticité. Parmi les principaux résultats de cette étude menée sur 12 000 consommateurs à travers 13 marchés, on retiendra notamment que seuls 7 % des personnes interrogées en France, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, et seulement 5 % en Suède, décrivent les marques comme « ouvertes et honnêtes »… Quel cynisme ! Quel incroyable potentiel de progression !

Les marques qui sortiront du lot dans le futur seront celles qui auront réussi à rétablir la relation de confiance avec les consommateurs en prônant une approche authentique, transparente et honnête de leur discours et de leurs comportements, intégrant les opinions qui la touchent dans toute leur diversité et s’intégrant elles-mêmes dans une stratégie et des valeurs d’entreprise cohérentes. La marque du futur sera authentique, ou ne sera pas.

Par Gwendoline Maillot consultante senior du cabinet Adway Conseil

Comment décliner une véritable culture organisationnelle mobile ?

Par Carolina Serrano Archimi, Maître de conférences en Sciences de Gestion à l’IAE d’Aix-en-Provence (Aix-Marseille Université)

La nomadisation croissante des outils de travail modifie en profondeur les relations managériales au sein des entreprises. Une perspective qui passe par l’adoption d’une nouvelle culture organisationnelle et l’instauration d’un véritable climat de confiance entre les dirigeants et les collaborateurs concernés.

De nombreuses études mettent en lumière le phénomène de ‘nomadisation’ croissante des entreprises : de plus en plus de salariés, notamment parmi les cadres, utilisent des outils nomades (smartphones, tablettes tactiles) dans le cadre de leur travail. Ce phénomène, loin d’être une mode passagère, induit une transformation organisationnelle bien au-delà de l’apparition des premiers outils nomades (PC portables, agendas électroniques, téléphones mobiles) dans les années 1990/2000. En ignorer les effets empêcherait les entreprises d’en tirer pleinement profit, ce mouvement étant particulièrement volontariste, tant de la part des dirigeants que de leurs collaborateurs, qui plus est dans un contexte de prolifération de ces nouveaux outils.