La continuité bancaire à l’épreuve du Covid-19.

Finyear – le 23 mars 2020 :

Il est sans doute bien trop tôt pour tirer tous les enseignements possibles de la crise mondiale sur la façon dont les services bancaires ont pu assurer leur continuité mais plusieurs constats surgissent déjà, avec le plus souvent des motifs de satisfaction.

La gestion de la continuité d’activité constitue une exigence règlementaire pour l’activité bancaire depuis de nombreuses années ; elle est notamment formalisée dans l’arrêté du 3 novembre 2014 pour établir les grands principes de la pérennité du service bancaire au sens du financement de l’économie et notamment de l’accès aux opérations courantes pour les entreprises et les particuliers.

D’une segmentation statique à dynamique, une évolution nécessaire

Emarketing – 2 mars 2020

Les banques et les assurances ont un enjeu stratégique majeur: l’étude des comportements des consommateurs afin de perfectionner leur relation client. Cela entraîne l’évolution des segmentations selon Sandra Renaudeau et Alexandre Dupont, consultants pour Square, groupe de conseil international.

Les secteurs de la banque et de l’assurance ont pour enjeu stratégique, depuis de nombreuses années, l’étude des comportements des consommateurs au service d’une relation client toujours plus qualitative et personnalisée. Dans le cadre de ces travaux, l’évolution des critères de segmentation est identifiée comme un axe stratégique majeur à saisir pour ces entreprises. Les souhaits des clients ont fortement évolué ces dernières années, et le temps de la segmentation de masse est révolu, laissant place à un dialogue individualisé avec le consommateur. La segmentation se doit donc de suivre ces évolutions et d’opérer les changements nécessaires à sa transformation. D’une segmentation statique à une segmentation dynamique, comment les nouveaux paradigmes de la relation client influent sur la segmentation ?

Implémenter IFRS 17 en s’appuyant sur l’expérience d’implémentation d’IFRS 9

Riskassur – le 19 février 2020 :

L’exposé-sondage « amendements à la norme IFRS 17 » publié par l’IASB le 26 juin dernier était soumis à consultation jusqu’au 25 septembre 2019. Parmi les 10 amendements discutés, certains concernent également IFRS 9 sur les inadéquations comptables, la présentation des états financiers et la proposition de date de report au 1er janvier 2023. Ainsi, la norme IFRS 9, relative à la valorisation des actifs financiers, entrée en vigueur en janvier 2018, a été un projet complexe et structurant à mettre en œuvre pour les banques. Du côté des assurances, au vu de l’entrée en vigueur prochaine d’IFRS 17, relative à la valorisation des passifs d’assurance, et d’IFRS 9, par dérogation, dans quelle mesure peut-on capitaliser sur l’expérience d’implémentation de la norme IFRS 9 auprès des banques pour mener à bien le programme IFRS 9 et 17 ?

IFRS 9 chez les banques

Pour les banques, l’enjeu d’IFRS 9 a été la modélisation des dépréciations. En effet, la première application d’IFRS 9 s’est traduite par, en général, une baisse des capitaux propres comptables. L’impact sur les capitaux propres d’ouverture s’est expliqué principalement par la mise en œuvre de la phase II d’IFRS 9 (calcul des dépréciations selon la méthode des pertes attendues). La phase I d’IFRS 9 « Classement et Evaluation » s’est traduite quant à elle par des impacts organisationnels significatifs.

L’application d’IFRS 9 a été marquée également par des différences d’application entre établissements bancaires, notamment les mouvements et les tendances synthétisant tous les choix et les jugements impliquant par exemple l’allocation par stage ou le forward looking. Un autre paramètre impactant a été celui lié au pilotage du risque de crédit, notamment par exemple au mix d’activités ou à l’appétit au risque.

Dans ce contexte, les travaux menés dans le cadre de l’implémentation d’IFRS 9 ont porté aussi bien sur la phase I que la phase II, sur des analyses d’impact, la mise en place de la stratégie d’accompagnement, la formalisation de la documentation et l’animation de formation, et l’accompagnement au déploiement. Sur des aspects métiers, ils ont consisté à réaliser l’inventaire des traitements comptables sous IAS 39, identifier et prioriser l’ensemble des points normatifs requis sous IFRS 9, déterminer les schémas comptables correspondant, et d’élaborer les états financiers conformes à la norme. D’un point de vue informatique, des modèles cibles ont été définis et évalués selon des critères de performance, de qualité et de risques, et selon l’effort d’implémentation. Au niveau organisationnel, ce projet a été l’occasion également de faire évoluer le processus de provisionnement dans son ensemble.

L’API dans l’open banking, retour à la dure réalité

Economie matin – le 19 février 2020 :

L’API est au centre de l’Open Banking et c’est bel et bien la notion charnière qui va permettre, dans un cadre réglementé, le partage des données entre les banques traditionnelles et les TPP.
Techniquement une API (Application Programming Interface) est un moyen de communication qui permet de fournir des données de façon structurée. Cela permet à deux systèmes d’information complètement hétérogènes de pouvoir s’échanger simplement des données à l’instar du web scrapping qui est une méthode unilatérale où l’on récupère de l’information et qui est quant à elle éparpillée et non structurée.

Avant la mise en place de la feuille de route de la DSP2 du 13 janvier 2018, les banques refusaient toutes négociations avec les agrégateurs en ce qui concerne l’ouverture des données en prétextant la non sécurisation des méthodes de récupération du web scrapping.
Le gouvernement allait encore plus loin en souhaitant, au nom de la cybersécurité, que les Fintechs Françaises arrêtent le plus rapidement possible d’utiliser cette technique.
En mettant un cadre avec les APIs, le régulateur a voulu redonner aux banques la main sur leurs données tout en maintenant un environnement concurrentiel porté par les Fintechs.
Une fois ces APIs mises en place, elles doivent être mises à disposition des TPP (Third Party Providers). Ainsi, ils n’ont plus d’autres choix que de les utiliser et surtout de mettre fin aux méthodes de web scrapping.

Dématérialisation des processus bancaires, quand transformation numérique rime avec transition énergétique

Economie matin – le 28 janvier 2020 :

Définitions
La dématérialisation est un processus complet qui est pensé dès le départ comme numérique et non papier. La vocation de la dématérialisation est donc de tendre vers le « zéro papier », impliquant des signatures électroniques, mais aussi un workflow de traitement informatisé. Une organisation qui met en place ce type de démarche s’oriente vers une dimension digitale.
La transition énergétique désigne l’ensemble des transformations du système de production, de distribution et de consommation d’énergie effectuées, dans le but de le rendre plus écologique. Elle vise à transformer un système énergétique pour diminuer son impact environnemental.
Vers une transformation numérique à « marche forcée » du secteur financier
Dans un contexte concurrentiel tendu avec l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs tels que les Fintechs, néobanques et GAFA1, les banques ont entamé depuis les années 2000 une profonde mutation afin de repenser leurs activités sous le prisme des nouvelles technologies. Ainsi, les parcours client 100% digitalisés avec ouverture de compte en moins de 10 minutes, les offres de services accessibles via smartphone ou les parcours de crédits immobiliers intégrant la signature électronique, sont désormais largement répandus dans le milieu. C’est toute la partie front office du process bancaire qui a évolué afin de répondre aux besoins d’un client de plus en plus, voire exclusivement, connecté dans ses habitudes de consommation.
Alors que la première phase de transformation avait pour principal objectif la satisfaction client et la volonté de se différencier sur un marché saturé et mature, la seconde fait essentiellement écho à une problématique d’efficacité opérationnelle.
En effet, ces dernières années ont vu s’accroitre la volonté du régulateur de surveiller le rôle des banques dans différents domaines dits sensibles tels que la lutte contre le terrorisme, le blanchiment d’argent ou la fraude et l’évasion fiscale. La démultiplication des contrôles et traitements réglementaires imposés, programmes FATCA2 et TRACFIN3 pour ne citer qu’eux, ont eu pour conséquence directe une importante hausse de l’activité en middle et back office. La crainte des sanctions financières couplée à une incapacité structurelle à intégrer cette charge supplémentaire, ont conduit les banques à repenser globalement leurs fonctionnements internes. De nombreux chantiers « EDI » (Echange de Données Informatisés4) se sont mis en place avec pour objectif d’absorber plus de demandes et de raccourcir les délais de réponse, transformant radicalement les processus métier existant. Effet immédiat : aux gains de productivité escomptés s’ajouta une diminution drastique du volume de papier consommé, utilisé jusqu’alors comme vecteur principal d’information à chaque étape du traitement bancaire.

Banquiers en manque de rentabilité : le début de la fin ?

Point Banque – n° de décembre 2019 :

« Banking is necessary, banks are not ». En 1994, Bill Gates prévenait de ce qui pourrait advenir d’un système bancaire considéré, à l’époque, comme tout puissant, vertueux et inévitable. A l’époque, cette vision occultait le fait que pour prospérer, une industrie cherche systématiquement à s’adapter, quand elle ne doit pas se réinventer. Et c’est exactement ce que le secteur bancaire a su faire depuis, en devenant l’une des industries les plus prospères du début du 21ème siècle.

Néanmoins, la crise de 2008 a marqué un coup d’arrêt dans cette ascension. Et depuis, la réflexion de Bill Gates retrouve tout son sens. Notamment aujourd’hui où le secteur bancaire semble particulièrement menacé comme le prouve l’étude publiée récemment par le cabinet McKinsey, qui explique « qu’en cas de retournement de conjoncture, une banque sur trois pourrait mettre la clé sous la porte ». Ce qui nous amène à une question essentielle : le business model actuel des banques est-il encore viable ? Quels sont les leviers leur permettant de s’adapter ? Peuvent-elles encore se réinventer comme elles ont su le faire par le passé ?

Si comme dans les années 1990 elles veulent subsister, elles devront montrer une fois encore leur capacité d’adaptation et trouver de nouvelles sources d’innovations, posture essentielle pour continuer à répondre aux besoins changeants de l’économie et de leurs clients.

L’open banking, l’avenir de la personnalisation des offres pour les clients des banques

MoneyVox – le 13 décembre 2019 :

La banque est-elle déjà entrée dans une nouvelle ère ? Annoncé de longue date comme une révolution, l’« open banking » commence à être mis en œuvre par les établissements financiers. Elisabeth Chang, consultante pour le groupe Square, explique en quoi le « chamboulement » a débuté.
Bien que les banques traditionnelles semblent frileuses à l’idée d’ouvrir les données financières de leurs clients à des tiers comme les fintechs, elles ont conscience que l’open banking favorise l’émergence d’offres personnalisées au service des consommateurs. Un chamboulement dans le secteur bancaire, qui jusqu’alors était cloisonné.

L’open banking pour personnaliser les services bancaires

Véritable mine d’or jusqu’à présent peu utilisée dans le secteur bancaire, la donnée permet d’avoir une connaissance enrichie des besoins des utilisateurs afin de personnaliser les services et répondre à leurs attentes.

De surcroit, selon une étude menée par Accenture en 2017, plus de deux tiers des clients ont déclaré être prêts à ouvrir l’accès à leurs données bancaires pour bénéficier de services personnalisés.

Y a-t-il trop de néo-banques ?

L’Echo – le 21 novembre 2019 :

En Belgique, si vous avez un smartphone et que voulez ouvrir un compte en banque et obtenir une carte de débit internationale mais que vous souhaitez éviter la vingtaine d’enseignes traditionnelles déjà actives dans notre pays, vous avez le choix

Entre N26, Revolut, Bunq et Monese, l’offre de néo-banques est bien réelle. A ces 4 acteurs 100% mobiles, vous pouvez encore ajouter la banque digitale Keytrade et la Beta-Banque Hello, émanation digitalisée de la vénérable BNP Paribas Fortis.Nos voisins d’outre Quiévrain sont encore mieux servis avec pas moins de 18 néo-banques déjà actives dans l’hexagone auxquelles une demi-douzaine de concurrentes devrait s’ajouter dans les mois à venir.

Au niveau européen, si on additionne les 3 familles de néo-banques (banques 100% mobiles, banques exclusivement en ligne et les spin-off digitales des banques traditionnelles), ce ne sont pas moins de 40 challengers qui se disputent le privilège de faire de la banque  » autrement « .

Les GAFA veulent-elles vraiment devenir des banques ?

Finyear – le 19 novembre 2019 :

Google a officialisé mercredi 13 novembre son arrivée dans le monde bancaire en proposant des comptes courants en 2020 dans le cadre d’un partenariat avec Citigroup. 

La première question qui vient à l’esprit après cette annonce est de comprendre qu’est-ce que l’ogre américain, dont les résultats sont en constante croissance depuis sa création il y près de 20 ans, vient faire dans un marché en apparence si peu attractif.

L’industrie bancaire présente des valorisations boursières faibles ; elle détruit des emplois : près de 50.000 en Europe depuis le début de l’année 2019. La pression réglementaire augmente de manière considérable depuis 2007, les amendes s’abattent de manière répétée sur presque tous les acteurs (44 milliards pour la seule année 2016) et la concurrence se renforce avec l’arrivée quasi quotidienne de nouvelles fintechs. A ce tableau peu reluisant s’ajoute le contexte de taux bas qui rognent les marges d’intérêt sur les crédits et les dépôts et qui semble parti pour durer.

Deux stratégies d’open banking sont possibles pour les banques

Revue Banque n°837 – le 23 octobre 2019 :

La digitalisation de l’activité bancaire induit une attention particulière portée aux data que recueillent les banques et à l’optimisation de leur gestion ; elle questionne également l’évolution de leur modèle économique vers l’open banking. Un challenge difficile, dans un contexte de taux bas et de baisse des revenus.

Les banques pourraient-elles mieux tirer parti des datas qu’elles recueillent ?

Le principal sujet dans ce domaine, pour les banques, est de savoir comment optimiser le traitement des datas pour les besoins de l’établissement. À mon avis, les banques ne franchiront pas, à court terme, la porte de la commercialisation à des tiers des datas collectées. Franchir ce Rubicon signifierait détruire un de leurs principaux atouts : l’image qu’elles ont en termes de sécurité de la data et de confiance dans leur système d’information (SI). Le challenge data, pour les banques, me paraît ainsi porter aujourd’hui sur quatre points :

  • la data gouvernance ;
  • l’optimisation de la data analyse ;
  • l’adoption des nouvelles techniques de modélisation et d’intelligence artificielle ;
  • enfin, l’infrastructure IT, parce que ces nouvelles technologies tournent sur des systèmes qui ne sont pas ceux qu’emploient les banques aujourd’hui.