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Demain, la banque sera ecology centric

Les Echos – le 30 septembre 2019 :

LE CERCLE – Face au dérèglement climatique, les acteurs bancaires prennent progressivement leurs responsabilités en adaptant leur activité. Cependant, l’atteinte de l’objectif 1,5°C en 2050 ne sera possible que par la pérennisation d’une activité bancaire durable nécessitant une transformation majeure de leur business model.

Ce renouvellement se traduira par un nouveau paradigme consistant à placer l’écologie et le développement durable en priorité de chaque pan de l’écosystème bancaire. À l’instar des approches « Data Centric » ou « Customer Centric », les acteurs bancaires de demain doivent se réinventer en Banques Ecology Centric Intégrer le développement durable au coeur d’un business model bancaire et financier innovant.

Le coeur de métier de la banque ecology-centric consiste à maximiser la performance écologique des actifs qu’elle gère, sous contrainte de maintenir un niveau de rentabilité acceptable. À cette fin, elle doit adapter son business model pour insérer la performance écologique dans le calcul du risque et des taux directeurs et elle doit catalyser l’offre d’épargne court terme vers une demande de financement long terme destinée à des investissements dont l’impact écologique est positif. La banque joue en effet un rôle clé dans le financement de l’écologie, car elle permet de collecter de l’épargne principalement à court terme, pour l’injecter dans des financements écologiques et durables, principalement à long terme.

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Bankin’, Linxo… Les agrégateurs ont-ils encore un avenir ?

Cbanque.com – le 06 septembre 2019 :

Les agrégateurs de compte permettent de visualiser dans une seule application l’ensemble de ses comptes bancaires et mouvements associés. Depuis quelques mois, ces services s’enrichissent de nouvelles fonctionnalités qui les transforment en véritables coachs financiers. Quel futur se dessine pour ces acteurs ?
Un seul geste pour une vue globale de tous vos comptes et la catégorisation parfaite de vos flux, le tout dans une application à l’expérience utilisateur optimale : telle était l’offre initiale des agrégateurs de comptes.

Un service initial prometteur…

Cette promesse a permis aux leaders du marché, Bankin’ et Linxo, de séduire respectivement 3,3 millions et 2,8 millions d’utilisateurs, ainsi qu’à d’autre acteurs notables tels que Budget Insight, Fiduceo, Wishizz, LaFinBox, de s’imposer sur le marché de l’agrégation. Pour profiter du service, l’utilisateur sélectionne ses banques dans la liste d’établissements proposés et renseigne ses identifiants. L’agrégateur prend alors le relais et récolte les informations bancaires grâce à la technique dite du « web scrapping » (comprenez l’extraction des données d’un site web, en l’occurrence l’espace client de la banque).

L’adoption des agrégateurs est en grande partie portée par l’amélioration de l’expérience utilisateur permise par un parcours fluide, des fonctionnalités bien pensées et une interface attractive. Ce modèle a rapidement attiré les grandes banques de détail (rachat de Fiduceo par Boursorama, entrée au capital de Linxo par le Crédit Agricole). Les agrégateurs se sont également orientés vers la proposition aux grands groupes bancaires de leurs solutions en « marque blanche », c’est-à-dire que leur technologie est utilisée par la banque sans mention affichée du fournisseur. D’avantage concurrentielle, l’agrégation de compte est alors devenue une fonctionnalité courante, proposée par la plupart des acteurs financiers.

Si la nouvelle directive européenne sur les paiements (DSP2), entrée en vigueur le 13 Janvier 2018, a pour objectif de favoriser l’accès des données bancaires aux acteurs tiers, elle s’avère en pratique moins intéressante que prévu pour les agrégateurs. En effet, la DSP2 rend obligatoire pour les banques d’ouvrir leurs « API » (les interfaces qui permettent à un acteur de rendre disponibles des données à d’autres acteurs) ou bien d’en créer. L’objectif est de mettre fin au recours obligé au scrapping, trop peu sécurisé. S’il s’agit d’une bonne nouvelle pour les utilisateurs, rassurés sur leurs données, cette évolution prive les agrégateurs de leur principal axe de différenciation à savoir la capacité à identifier et exploiter, dans l’intérêt du client, la bonne donnée. Pour séduire un éventail d’utilisateurs plus large encore, un nouvel effort d’innovation conduit donc les agrégateurs à se positionner sur une extension de leur créneau : le coaching financier.

…Et une montée en valeur prévisible

Pour la majorité des acteurs du marché, l’agrégation de comptes n’est pas la seule offre proposée. Elle a été un premier « pied dans la porte » chez l’utilisateur, toujours avec l’ambition de proposer une gamme plus large de services. Cela a commencé par l’assistance à la gestion budgétaire, permettant de toucher une cible large. Catégorisation des postes de dépenses, représentation graphique actuelle et passée, évolution, solde prédictif pour la fin du mois, notifications en cas de transaction élevée ou de solde dangereusement bas. Le modèle « Freemium » permet à Linxo, par exemple, de proposer ses fonctionnalités de base gratuitement et de faire payer les plus avancées.

La suite logique est bien sûr d’aller encore plus loin dans ce modèle de conseil au quotidien en devenant un vrai coach financier. Alertes, articles contextualisés, simulateurs, propositions de renégociation de crédits, d’assurance, montants épargnables, conseil de souscription à de nouveaux produits, les fonctionnalités proposées ont désormais une portée éducationnelle et commerciale. Basées sur les moments de vie de l’utilisateur avec une personnalisation toujours plus fine, elles éclairent l’utilisateur sur ses choix financiers futurs.

De fait les agrégateurs proposent peu à peu des services financiers proches des néobanques. Linxo et Bankin’ proposent par exemple une fonctionnalité de virements vers certaines grandes banques de la place. Un pas de plus a été franchi par Linxo en juin lorsque la fintech a annoncé pour 2020 la possibilité pour ses utilisateurs d’ouvrir un compte de paiement associé à une carte Visa, entièrement paramétrable depuis l’application. Deux tendances se dessinent donc pour les agrégateurs qui s’orientent soit vers un positionnement de coach financier, soit de néobanque.

Quelle perspective à long terme ?

On peut alors s’interroger ; quelle sera la stratégie adoptée par les concurrents de Linxo ? Le modèle plateforme de services financiers type néobanque est-il la finalité vers laquelle tous les acteurs du secteur vont se diriger ? Ou bien choisiront-ils d’asseoir leur positionnement de coach budgétaire et financier ?

Diagnostiquer les besoins des utilisateurs et proposer des recommandations personnalisées en temps réel répond certes à une attente désormais établie. Cependant, ce sont là des projets complexes à mener techniquement (il faut bâtir des algorithmes de recommandation les plus fins possibles) et dont la qualité en termes d’expérience utilisateur est crucial.

A l’inverse, les acteurs qui choisiront de basculer vers un modèle de néobanque se heurteront aux mêmes problématiques de confiance, mais également à un marché saturé par la concurrence de tous les acteurs émergents ou déjà établis. Dans ce contexte comment trouver une rentabilité sur une modèle aussi concurrentiel ?

Le point commun entre tous les agrégateurs est que chacun a cherché à augmenter sa taille rapidement et à acquérir un maximum d’utilisateurs. Certains ont été rachetés, d’autres gardent leur indépendance en proposant de nouveaux modèles de tarifications et en élargissant leurs catalogues de fonctionnalités pour innover en continu sur le service rendu.

In fine, pérenne ou non, les agrégateurs suivent le même chemin que la majorité des fintechs (rachat ou passage à un modèle de plateforme de services) et poussent les banques à aller plus loin dans leur réponse aux besoins des utilisateurs via la valorisation intelligente des données bancaires dont elles disposent.

Par Albane Even, consultante du Groupe Square

 

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Un monde sans banques, c’est possible ?

Point banque – Juillet 2019 :

Un monde sans banques est-il possible ? L’annonce spectaculaire de Facebook de lancement d’une nouvelle monnaie, le Libra, a relancé le débat et remis sur le devant de la scène la prophétie de Bill Gates qui disait en 1990 que « la banque est nécessaire, les banques ne le sont pas ». Outre le lancement du Libra, les cas d’usage de banque sans les banques se développent : consultation du solde bancaire via des assistants vocaux (Amazon & Capital One), réalisation de virement depuis une application de messagerie (Messenger de Facebook). De même, le retrait d’argent liquide sera possible fin 2019 chez certains commerçants, suite au déploiement de la directive européenne DSP2.

La question qui est posée par le développement de ces expériences n’est pas tant la disparition des banques mais plutôt leur effacement aux yeux du client final ; d’acteurs majeurs de BtoC, dotées de marques à forte notoriété, les banques deviendraient à terme des fournisseurs de services bancaires qui seraient consommés à l’occasion de parcours clients maîtrisés par d’autres acteurs : leurs produits deviendraient des « commodités» .
Tout d’abord, il convient de nuancer les affirmations qui annoncent l’imminence de la disparition des banques comme acteurs de BtoC.
D’une part, le phénomène consistant à fournir un service bancaire dans le cadre d’un autre parcours client n’est pas une nouveauté : la fourniture de crédit dans le cadre d’un achat dans un magasin est ancienne : en France, elle a été industrialisée par le Cetelem dès les années 1950 pour le financement des biens de consommation ; elle est également très répandue dans le financement automobile pour lequel le financement dans les concessions est plus important que le financement via la banque du client.
D’autre part, le succès de ces initiatives de « banque sans les banques » est assez variable. Si certains usages se développent de manière significative sur des applications dédiées (la consultation de comptes agrégées, le paiement Peer-to-Peer, …), d’autres semblent plus lents à décoller. Tel semble être ainsi le cas des virements depuis les messageries mais aussi de tous les actes bancaires dans lesquels le client perçoit sa banque comme un tiers de confiance nécessaire, qu’il ne souhaite pas désintermédier, comme l’acte d’épargne où le rôle de la banque et du conseiller sont encore perçus comme fondamentaux.

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Le Mème Marketing, outil de conquête des jeunes actifs par les banques ?

Marketing-professionnel.fr – le 12 juillet 2019 :

Dans un environnement fortement chamboulé par de nouveaux acteurs, les banques traditionnelles ont besoin de renouveler leur discours auprès des générations Y et Z. Nées après les années 80, elles correspondent à une cible stratégique pour ces derniers. En effet, cette génération a l’intention de faire des grandes études, de s’acheter une voiture, de voyager, d’avoir un bel appartement ou encore de se marier et fonder une famille. Tous ces grands moments de la vie représentent autant de contrats pour les banques. C’est pourquoi ce marché est fortement concurrentiel, surtout avec l’arrivée des néobanques qui portent un discours très percutant envers cette catégorie de la population. Alors comment vont faire les banques traditionnelles pour regagner l’attention des jeunes ?

Terminés les éléments de langage traditionnels, pour séduire papa et maman. Il faut leur parler avec leurs mots et leurs codes. Comme on peut le constater dans un rapport des tendances pour 2019 de l’agence WeAreSocial, 43% des utilisateurs des réseaux sociaux sont à la recherche de contenus divertissants. On peut le constater avec l’apparition d’une nouvelle forme de marketing viral apparu sur Internet, le “mème”; un effet boule de neige qui favorise les partages.

Provenant du grec ancien, “mimesis” qui signifiait “imitation”, le “mème” d’aujourd’hui pourrait se définir comme un contenu qui sera copié, déformé, partagé rapidement à travers le web peu importe la plateforme ou le format. Tout d’abord apparu sur des réseaux de niche tels que “4chan”, puis vers un public plus large avec les réseaux sociaux Reddit, Twitter, Facebook, Instagram… il a façonné une nouvelle manière de communiquer. Par exemple, le premier youtubeur mondial, sous le pseudo Pewdiepie, en a même fait sa marque de fabrique avec l’émission “meme Review” décryptant chaque jour les meilleurs contenus disponibles sur le web. Reconnu comme un influenceur important, Pewdiepie s’est vu proposer une collaboration en 2019 avec Elon Musk le patron de Tesla et Space X, lui-même étant un grand fervent de la culture du “mème”.

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L’intelligence artificielle : un robot empathique en guise de conseiller bancaire ?

JDN – le 17 juin 2019 :

L’IA commence à bouleverser les modèles de relation existants. Dans le monde bancaire, pourrait-on envisager un robot en guide de conseiller bancaire : mythe ou une réalité ?

Pour une sphère aussi intime que celle de l’argent, il est indispensable pour les clients d’avoir une relation de confiance avec leurs conseillers financiers. En 2018, 64% des français affirment avoir confiance en leur banque selon une étude menée par le cabinet Deloitte. L’intelligence artificielle commence à bouleverser les modèles de relation existants. Dans le monde bancaire, pourrait-on envisager un robot en guide de conseiller bancaire : mythe ou une réalité ?

Les IA d’aujourd’hui

Aujourd’hui, les banques adoptent de plus en plus l’intelligence artificielle pour accompagner leur force de vente sur différentes tâches : prise de contact, analyse des risques, réglementation, détection de fraude etc. Conçus à partir du machine learning*, ces robots intelligents évoluent de façon autonome dans notre environnement et se montrent de plus en plus performants au fil du temps. Outils de traduction, de recherche et d’analyse, assistants virtuels, chatbots : ces différentes formes d’IA permettent aux conseillers de libérer du temps sur des tâches répétitives au profit d’opérations plus complexes et permettent une première prise en charge plus rapide des consommateurs. Les conseillers bancaires peuvent alors se concentrer sur la connaissance de leurs clients, proposer des offres personnalisées et ainsi mieux les satisfaire.

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Un an après le lancement de la DSP2, où en est l’open banking en Europe ?

Un an après le lancement de la DSP2, où en est l’open banking en Europe

JDN – 16 Avril 2019 :

L’entrée en vigueur de directive européenne sur les services de paiement oblige les banques à partager les données de leurs clients à des entreprises tierces. Face au bouleversement des douze derniers mois, où en est le secteur ?

La DSP2 est entrée en application officiellement depuis un an. Les banques européennes doivent désormais ouvrir les données de paiement de leurs clients à des tiers. A condition qu’un client donne son accord, une entreprise pourra accéder à ses comptes et faire des opérations de paiement à sa place. Dans ce contexte, les banques peuvent se retrouver désintermédiées, c’est à dire ne plus être en contact avec leurs clients. Pour faire face, celles-ci ont commencé à redéfinir leurs organisations autour du concept d’open banking. Qu’en est-il réellement ?

Pour le moment, les principaux acteurs de la place se montrent frileux dans l’ouverture de leurs données. Ces dernières sont le moteur de la production de valeur financière. De surcroît, les initiatives des précurseurs, comme le Crédit Agricole avec son store ou plus récemment Arkéa avec son assistant financier virtuel Max s’appuyant sur une librairie d’applications, rencontrent pour le moment un succès mitigé.

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A l’heure du « America First », l’Union Bancaire à la croisée des chemins

Le Courrier Financier – 14 février 2019 :

En ce début d’année 2019, encore chargée sur le plan réglementaire pour les banques européennes, on assiste aux Etats-Unis à un mouvement inverse avec une déréglementation unilatérale. Plus de dix ans après la crise financière, Européens et Américains s’opposent sur la régulation bancaire, au risque de mettre en danger la stabilité financière mondiale.

En Europe, une Union Bancaire applique les accords de Bâle

En instaurant une Union Bancaire au lendemain de la crise de 2008 et de la crise de la dette souveraine qui a suivi, les Européens ont fait un pas en avant vers une véritable Union économique et monétaire. Elle permet aujourd’hui de superviser de façon unique l’activité des principales banques via la BCE. Le corpus réglementaire et le mécanisme de résolution sont eux aussi unifiés à l’échelle du continent. Le régulateur européen supervisera ainsi l’application des deux réglementations les plus impactantes pour l’industrie bancaire cette année : le FRTB et le MREL.

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Mobilité bancaire : Y a-t-il déjà des impacts de la loi Macron ?

La loi du 6 Août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite « loi Macron » permet à chaque client de changer de banque sans réaliser les démarches administratives, ces dernières étant prises en charge par la nouvelle banque. Cette loi apporte ainsi plus de simplicité dans les démarches comme celles prévues dans la loi Châtel pour le changement d’opérateur. Plus d’un semestre après son entrée en vigueur, y a –t-il des effets notables pour les différents acteurs ? Est-elle vraiment connue du grand public ?

L’ouverture d’un compte bancaire est souvent accompagnée d’une prime pour le client, et parfois d’une prime offerte au parrain si parrainage il y a eu. Axa Banque propose par exemple jusqu’à 250 € offerts. Certains particuliers pourraient constamment changer de banque tout en profitant de ces offres. Evidemment, il n’est pas à exclure que certaines banques prennent des mesures contractuelles pour éviter ce type de situation, de peur de ne pas obtenir le retour sur investissement escompté. Dès lors, il leur convient de trouver des moyens de fidéliser leurs clients.

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2017, une année charnière pour l’avenir des acteurs bancaires

Les Echos – 5 octobre 2017 :

Le secteur bancaire joue un rôle actif et déterminant dans le financement de l’économie et dans les transactions entre les agents économiques. Après une longue période de stabilité avant les années 2000, le monde des paiements doit aujourd’hui s’adapter aux nouveaux modes de consommation dans un contexte d’innovation et de renforcement de la concurrence.

Les banques sont en premières lignes de ces évolutions. Dans un environnement déjà peu favorable du marché en raison de taux bas voire parfois négatifs, de la pression persistante de la réglementation depuis la crise de 2008, du plafonnement des commissions d’interchange et de l’augmentation des investissements pour se conformer aux contraintes réglementaires, la DSP2 fragilise encore davantage les acteurs bancaires.

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Ce que mijote BNP Paribas avec Compte-Nickel, l’arme anti-Orange Bank

Les Echos – 25 avril 2017 :

En rachetant Compte-Nickel, BNP Paribas montre ses muscles quelques jours avant le lancement d’Orange Bank.

BNP Paribas et Compte-Nickel ont annoncé le 4 avril 2017 avoir signé un accord en vue du rachat par la Banque de la rue d’Antin de 95% de Financières des Paiements Électroniques, la société qui porte Compte-Nickel. Fintech très en vue, Compte-Nickel a su attirer plus d’un demi-million de clients depuis le lancement en février de son produit phare : le « compte sans banque ».

Si ce rachat est dans la continuité de l’intérêt des grandes banques pour de nouveaux entrants innovants – Fidor par BPCE ou encore Leetchi par Crédit Mutuel Arkea – il est surtout une amorce de la transformation de la banque de détail en France et le premier coup de canon dans la guerre que vont se livrer les grands acteurs d’aujourd’hui, mais surtout de demain, avec l’arrivée d’Orange Bank mi-mai.

On peut imaginer qu’avec cette acquisition, les dirigeants de « la banque d’un monde qui change » ont souhaité prendre de l’avance sur l’arrivée de l’opérateur télécom et font trois paris sur ce que sera la banque de demain : universelle, simple et innovante.

Un réseau de distribution élargi pour etoffer sa clientèle

En restant actionnaire aux côtés de la confédération des buralistes, BNP Paribas complète intelligemment son réseau de distribution et réinvente le réseau bancaire traditionnel.

Dans une période où les agences classiques connaissent une désaffection grandissante due à la poussée du digital et des « selfcare » qui permettent de réaliser des actions quotidiennes sans passer par son conseiller, les grandes institutions bancaires ont en tête de multiplier les points de contacts physiques tout en allégeant le coût de ces derniers.

Ce partenariat, potentiellement étendu à des segments de la clientèle BNP Paribas, pourrait permettre de rester présent dans des zones rurales, peu denses en population et en fréquentation d’agences, tout en continuant le plan de décroissance annoncée du réseau traditionnel.

En parallèle de cette évolution de la distribution, il est intéressant de constater qu’une banque rachète une fintech créée à l’origine pour des clients qui étaient hors du système bancaire de par leurs revenus ou leurs âges.

BNP Paribas, en complétant son offre et en captant des clients qu’elle ne pouvait adresser jusqu’alors, se positionne comme un acteur incontournable, universel par sa proposition d’être la banque de tous, pour tous les besoins, mais également pour tous les usages.

Des RIB vendus comme des « paquets de chewing-gum »

Car c’est bien le deuxième pilier de ce rachat. C’est la capacité d’une institution bancaire à intégrer en son sein de nouveaux usages plus en ligne avec les attentes de ses clients.

Basée à l’origine sur l’idée de « vendre des RIB comme des paquets de chewing-gum », Compte-Nickel apporte une rapidité dans l’ouverture d’un compte, une simplicité dans le processus et une continuité dans la relation client par le biais du digital et particulièrement du mobile.

En cela elle répond à la fois aux nouvelles attentes des clients existants, mais également à une « génération z » qui commence à se bancariser et approche les services financiers avec une vision consumériste et décomplexée.

À plus long terme, il est à parier qu’une utilisation fine de la data permettra à cette dernière d’avancer vers la vente de produits issus du réseau historique vers les clients de Compte-Nickel et qu’à l’inverse, elle deviendra capable de capter une partie des utilisateurs pour les rebasculer vers ses autres marques innovantes à l’instar d’Hello Bank en simplifiant toujours plus les usages associés.

Multiplier ses offres de services

Avec cette acquisition, plus que subissant un effet de mode, BNP Paribas réaffirme un alignement de sa communication et de sa stratégie en étant « la banque d’un monde qui change » et montre au marché sa conviction que l’innovation est au coeur du débat.

Trente ans après la création de l’Atelier BNP Paribas, outil de veille industriel, puis le lancement d’Hello Bank ou de Paylib, la mise en place du partenariat avec crédit.fr autour du crowdlending ou celui avec Carrefour dans le cadre du projet Wa !, la banque de la rue d’Antin multiplie les offensives innovantes lui permettant d’adresser tous les sujets financiers du marché.

En plaçant ses produits chez les buralistes, là où Orange sera dans ses boutiques, en s’adressant à toujours plus de segments de clientèle là où Orange a une base d’abonnés France de près de 25 millions de personnes, en simplifiant ses usages là où l’opérateur compte 20 millions d’utilisateurs africains d’Orange Money – sa solution de transfert d’argent – la banque de la rue d’Antin montre à celui qu’elle considère déjà comme un concurrent sérieux qu’elle saura faire évoluer son modèle et ses usages et rendre coup pour coup dans cette lutte dont peu de réseaux bancaires se remettront.

Par Julien Borderie directeur associé du cabinet VIATYS conseil