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Pourquoi les banques ferment de plus en plus leurs agences

Challenges – 22 mars 2017 :

Les annonces de fermeture d’agences se multiplient, de BNP Paribas à BPCE. Maïa Grangier (Vertuo Conseil) décrypte cette stratégie des banques.

Le jour même de l’annonce par BNP Paribas de son plan numérique à l’horizon 2020, ce 20 mars, Le Monde révélait que la banque de la rue d’Antin préparait la fermeture de 200 agences d’ici 2020, avec réduction d’effectifs de 2% à 4% par an à la clé. Pour Maïa Grangier, senior Manager de Vertuo Conseil (groupe Square), en charge de l’innovation, les banques n’ont d’autres choix que d’accélérer leurs restructurations.

Du Crédit Agricole aux Caisses d’Epargne, la puissance des banques de détail a longtemps reposé sur la taille du réseau d’agences. Il semble que l’on assiste à une rupture…

La révolution numérique est belle et bien en marche et le secteur bancaire n’en sortira pas indemne. Les plans de transformation à horizon 2020 s’enchaînent dans les principales banques françaises et les mesures sont radicales: partant du constat que les clients se rendent moins en agence, les banques «optimisent» leur réseau par la suppression de leurs points de ventes.

Fin 2015, c’est la Société Générale qui démarrait le mouvement en annonçant son intention de supprimer environ 400 de ses 2.221 agences d’ici à 2020. Suivi de près par le LCL, qui a annoncé en 2016, un programme de fermeture d’environ 250 agences, sur les 1 900 que compte son réseau. L’année 2017 a continué sur le même rythme avec BPCE qui a dévoilé le 21 février dernier, la suppression de 400 points de vente aujourd’hui au nombre de 8.000. C’est maintenant à BNP Paribas de dévoiler son plan stratégique à 2020 avec la fermeture de 50 agences par an sur toute la durée du plan.

Pourquoi cette accélération dans les annonces ?

Le secteur bancaire est en pleine mutation: l’arrivée d’Orange Bank sur le marché au printemps prochain qui intègre le digital et l’intelligence artificielle au cœur de ses processus et de son offre bouscule les établissements traditionnels. Associée à la loi Macron, qui facilite les démarches des particuliers pour changer de banque, la concurrence s’annonce acharnée. En conséquence, les banques traditionnelles misent sur le digital avec de nouveaux formats d’agence, la généralisation des ventes à distances, le développement des robots (chatbots), mais aussi sur l’optimisation du traitement des données encore peu exploité jusqu’à présent.

Autant que l’argent des déposants, vous estimez que les données des clients constituent la richesse des banques ?

La donnée devient un actif stratégique et un atout concurrentiel. La banque créée de la valeur via une gestion efficiente et en temps réel des données de son client. Elle va en effet pouvoir acquérir une meilleure connaissance de son client, des membres de sa famille, de ses comportements d’achat, de son évolution de vie et va ainsi pouvoir anticiper ses besoins et lui proposer le bon produit, au bon moment et par le bon canal: une offre pour la rentrée scolaire de ses enfants par SMS, un livret d’épargne pour le nouveau-né par notification Facebook… autrement dit une stratégie marketing plus ciblée et donc plus efficace. La mutation numérique du secteur bancaire est en marche et les banques traditionnelles n’ont pas dit leur dernier mot !

Par Maïa Grangier, Senior Manager du cabinet VERTUO conseil

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Transformation digitale de la banque privée, une nécessité et de multiples opportunités

La transformation digitale bouleverse largement les banques de détail, mais le phénomène ne semble pas percoler vers les Banques Privées.

Pour beaucoup la Banque Privée reste pour longtemps encore un domaine où l’importance du rendez-vous avec le conseiller financier allié à l’âge moyen respectable des clients préserve durablement de toute irruption de smartphones, réseaux sociaux et autres « disruption ».

Si la pratique démontre que le modèle traditionnel est encore dominant, surtout en Europe, l’analyse des usages et les évolutions sociétales démontrent cependant que la nécessité de repenser en profondeur le modèle se fait de plus en plus nécessaire, voire pressante.

L’impératif de transformation digitale pour la Banque Privée n’est pas fondé sur un effet de mode ou sur un quelconque mimétisme avec la banque de détail ; Pour la Banque Privée, la transformation digitale est une évolution nécessaire pour proposer une offre de offre de produits et services qui reste en adéquation avec les changements du cadre législatif, l’apparition de nouveaux concurrents et qui soit surtout aligné avec les attentes des clients et les usages induits par l’évolution des technologies et le glissement démographique.

Télécharger le Livre Blanc

 

Par Geoffrey Laloux, Senior Consultant du cabinet Initio Brussels

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Faillites bancaires…et à la fin, les particuliers payent

La Tribune – 28 Janvier 2016 :

La cacophonie actuelle autour des frais de tenue de comptes nous fait oublier l’entrée en vigueur du mécanisme de résolution unique au 1er janvier 2016, s’appliquant aux faillites bancaires. Simple coïncidence ou orchestration parfaite ? Au menu, la possible ponction des comptes des particuliers, qui sale l’addition autrement que la facturation des comptes courants, laquelle n’était finalement qu’une légère mise en bouche !

Est-il encore besoin de rappeler l’ampleur des politiques d’endettement public qui devaient tenter de sauver l’activité économique post crise des subprimes ? Ces tactiques court-termistes se sont traduites dans certains pays européens par une explosion des dépenses partiellement financée par le levier fiscal. Il n’est pas totalement infondé de considérer que les contribuables ont alors indirectement assumé le coût (et aujourd’hui le coup) de la crise pour le compte de certaines banques. Ils sont désormais mis plus directement en première ligne avec l’entrée en vigueur de la « Banking Recovery and Resolution Directive » (BRRD), complétée du règlement « Single Resolution Mechanism », dernières briques de l’Union Bancaire, après le mécanisme de supervision bancaire en place depuis fin 2014, voulue en réponse politique aux déficiences de l’encadrement des activités financières des années 2000.

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Comptes courants : la facturation en question

Les Echos – 15 janvier 2016 :

La généralisation de la facturation des comptes courants en France en 2016 suscite des interrogations. Pourquoi ces frais ? Sont-ils légitimes ?

Malgré une fin d’année 2015 et un début d’année 2016 largement et malheureusement marqués par des sujets de société, un sujet économique a refait surface une nouvelle fois : celui des frais bancaires, encore et toujours. En effet, différentes annonces de banques françaises autour de la facturation des comptes courants ont suscité interrogations et réactions, certaines associations comme l’AFUB (Association Française des Usagers des Banques) se positionnant même en faveur d’une intervention du ministre des Finances sur le sujet.

Une facturation qui se généralise

Cette facturation des comptes courants au sein des établissements bancaires français, certes amorcée il y a quelques années, prend dernièrement un nouveau virage. Après les sept fédérations du Crédit Mutuel en octobre dernier, BNP Paribas et la Société Générale facturent la tenue des comptes courants depuis le 1er janvier.

LCL suivra, courant 2016, ainsi que certaines caisses régionales des différents groupes mutualistes : à titre d’exemple la Caisse d’Épargne Île-de-France, dernière Caisse d’Épargne ne facturant pas la tenue de compte, fera désormais payer ce service.

Il s’agit d’un mouvement massif et visible qui entraîne par conséquent des réactions. Il est vrai que l’on peut se demander pourquoi cela intervient après que les différents gouvernements qui se sont succédé depuis des années ont par ailleurs œuvré pour la réduction des frais bancaires imposés aux Français, car, rappelons-le, la détention d’un compte courant est nécessaire pour percevoir son salaire.

Pourquoi une telle tendance aujourd’hui, à contre-courant et de manière relativement concomitante des établissements bancaires français : clients et associations de consommateurs s’interrogent.

Une décision mal expliquée

Si la décision de beaucoup d’établissements bancaires français de facturer la tenue des comptes courants apparaît comme une tendance relativement uniforme, on ne peut pas en dire autant des tarifs appliqués, ni même des raisons évoquées par chacune d’elles.

Certaines parlent de la gestion quotidienne de ces comptes et de la qualité de service, d’autres d’investissements dans la modernisation du réseau et dans le digital, voire de la lutte contre la fraude ou encore de la sauvegarde du réseau et des emplois : de quoi laisser les clients perplexes.

Certains établissements mettent en avant le fait que cette facturation, pour la tenue du compte courant, ne s’appliquera pas aux jeunes, ni aux clients dits fragiles, ni même aux clients titulaires d’une offre groupée de services (package). Concernant les packages, le sujet reste sensible, car certaines banques l’ont presque imposé à l’ouverture de compte avec un certain nombre de produits et services, peu voire pas utilisés par les clients.

Des sources de revenus de plus en plus faibles pour la banque de détail

En réalité, beaucoup de raisons ont conduit à la mise en place de ces frais et principalement la baisse du PNB sur deux types d’opérations. Tout d’abord, le crédit immobilier avec la faiblesse persistante des taux d’intérêt, voire leur renégociation, qui a entamé les marges.

Ensuite, la facturation des incidents liés au fonctionnement du compte, qui est de plus en plus encadrée et de moins en moins rémunératrice. En effet, après la gratuité instaurée pour les clients dits fragiles, la gratuité des virements et prélèvements, le plafonnement des commissions d’intervention suite à la loi bancaire de 2013, c’est récemment le plafonnement des frais pour compte inactif qui a été introduit par la loi Eckert.
Les banques se voient quasi contraintes de trouver d’autres sources de revenus récurrents. Enfin, il ne faut pas perdre de vue une autre réalité économique : le compte courant français est un compte chèque. Les banques fournissent donc un moyen de paiement gratuit à leurs clients et ce moyen de paiement entraîne un coût de traitement élevé et surtout, il résiste. On annonce sa disparition imminente depuis plus d’une décennie, mais le chèque demeure bel et bien là et ses coûts de traitement doivent être couverts, d’une manière ou d’une autre.

Rappelons d’ailleurs que, la facturation du chèque, sujet un moment mis sur la table en contrepartie d’une rémunération du compte courant, ne verra sans doute jamais le jour.

Un écart tarifaire qui se creuse

Les banques en ligne ne facturent pas la tenue du compte. La différence de facturation va donc encore s’accroître entre banques traditionnelles facturant désormais massivement ce service et banques en ligne ne le facturant pas et multipliant offres de bienvenue et gratuité.

Mais il ne faut pas s’y tromper : ces dernières sélectionnent en fait leurs clients qui doivent justifier d’un certain niveau de revenus et les domicilier afin de pouvoir ouvrir un compte dans une banque en ligne à des conditions avantageuses. Idem pour la carte bancaire qui est gratuite sous conditions de revenus ou d’épargne confiée.

Aujourd’hui, les revenus perçus ou les avoirs détenus par les clients déterminent donc le prix payé pour disposer d’un compte et d’une carte bancaire, certains clients restant « captifs » des banques traditionnelles.
Dans un écosystème mouvant, où beaucoup d’acteurs aux modèles disruptifs ont pour objectif de concurrencer les banques sur certaines de leurs activités, il est fort à parier que le « bruit ambiant » autour de ce sujet n’aura pas aidé nos banquiers à redorer leur blason.

Par ailleurs, au moment où Orange officialise son projet Orange Banque et annonce par la voix de son PDG, Stéphane Richard, vouloir devenir le « Free de la banque », le sujet des frais bancaires a encore de beaux jours devant lui…

Karim Terbeche, Project Manager du cabinet VERTUO Conseil

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Banque de détail : d’une logique de réseau à une logique de distribution

Les Echos – 11 novembre 2015 :

Les profonds changements intervenus depuis quelques années dans le secteur bancaire, portés par la transformation digitale, conduisent les grands acteurs à faire évoluer leur modèle historique de banque de réseau.

Avec une diversité de profils clients allant du digital natif entièrement autonome au non- initié attaché au modèle relationnel traditionnel, les banques sont confrontées à la nécessité de repenser leur organisation pour s’adapter. Comment l’offre des banques doit évoluer pour intégrer ses changements et réussir une approche omnicanal pertinente ? Quelles inspirations peuvent-ils puiser dans d’autres secteurs confrontés à des problématiques similaires ?