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Brexit : Préoccupation de taille pour les chambres de compensation

Economie Matin – 19 mars 2019 :

Le 24 juin 2016, toutes les places boursières clôturent en baisse : -8,04% à Paris, -12,35% à Madrid, -12,48% à Milan, -3,39% à New York et -2,76% à Londres. Le Brexit venait d’être réclamé par son peuple. C’est la première fois qu’un pays membre décide de quitter l’UE. Pratiquement un an plus tard, le 29 mars 2017, Theresa May active l’article 50 du traité de l’Union Européenne se laissant ainsi 2 ans pour mettre fin au partenariat. Le Brexit a désormais une date : le 29 mars 2019.

Les impacts sont larges : si Bruxelles doit renégocier ses accords avec le Royaume-Uni, la bataille a aussi lieu du côté des chambres de compensation.

Préoccupation de taille pour les chambres de compensation

La London Clearing House (LCH Limited), chambre de compensation anglaise qui jouit d’un quasi-monopole sur l’activité de compensation des produits dérivés en Euro, en serait fortement impactée.

En effet, le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne impliquerait un retrait de l’autorisation accordée par Bruxelles dans le cadre de la réglementation EMIR. De facto, les banques européennes ne pourront plus y compenser leurs instruments financiers en Euro.

Plusieurs choses peuvent alors arriver. Dans un premier temps, les sociétés de gestion soumises à la compensation britannique devront signer de nouveaux accords avec leurs clients et identifier aussi un nouveau partenaire non britannique. Cela demanderait un investissement temporel et financier conséquent pour chacune des parties. Ensuite, une part des portefeuilles britannique serait transférée vers des entités européennes qui deviendraient alors les nouvelles contreparties. Encore faudrait-il qu’elles aient la capacité à traiter le volume des transactions et flux rapatriés. A titre d’exemple, depuis février 2019, la filiale française de LCH Limited (LCH S.A.) centralise toutes les opérations de repo compensées en Euro. Il s’agissait d’un projet initié avant le vote du 26 juin 2016 mais qui aujourd’hui trouve tout son sens en permettant d’atténuer les risques en cas de Brexit sans accord.

Dans tous les cas, Eurex (la chambre de compensation de Francfort qui est l’un des plus grands marchés à terme du monde) et surtout CME, son compétiteur américain qui dispose déjà d’un régime d’équivalence avec le marché européen, mènent à ce jour une politique commerciale agressive pour attirer les clients partenaires des chambres britanniques. Par exemple, Eurex a lancé fin 2017, un programme de partenariat avec les grandes banques internationales illustré par un dispositif de partage des bénéfices concernant la compensation des swaps de taux d’intérêts.

Avec ou sans accord, le risque a été limité pour les chambres britanniques

A quelques jours de la date officielle du divorce, une incertitude plane quant à la nature du Brexit – avec ou sans accord ; Theresa May indique d’ailleurs que la date du 29 mars pourrait être reportée en l’absence d’accord, voire même, que le Brexit pourrait être annulé dans le cas d’un nouveau référendum dont aucune échéance n’est connue à ce jour. Un rapport publié à la fin février par le gouvernement britannique indique qu’il n’est pas favorable à une sortie sans accord. Néanmoins, bien que l’environnement politique et financier soit incertain, les instances de régulation et les Etats membres ont pris les devants pour éviter toute perturbation : même en cas de Hard Brexit, toutes les parties sont d’accord sur le fait qu’il faille s’accorder pour garantir la stabilité des marchés financiers. Le risque systémique est trop important et les milieux économiques détestent l’incertitude.

C’est pourquoi d’une part, un plan d’action d’urgence a été mis en œuvre par la commission européenne. Il consiste en l’adoption de deux décisions d’équivalences : une première limitée à douze mois permettant de garantir qu’il n’y aura pas de bouleversement dans l’exécution de la compensation centrale de produits dérivés. Une seconde, laissant vingt-quatre mois aux dépositaires des institutions financières de l’UE sollicitant actuellement les opérateurs du Royaume-Uni pour assurer la transition sans risque.

D’autre part, suite à différentes déclarations depuis fin 2018, il a été officialisé mi-février que trois contreparties centrales du Royaume-Uni (dont LCH Limited), seraient autorisées à fournir leurs services au sein de l’UE. Et ce, en conformité avec la réglementation EMIR qui définit les dispositions à la reconnaissance d’une contrepartie centrale d’un pays tiers.

Les chambres de compensation non-britanniques qui pouvaient entrapercevoir une formidable opportunité de croissance, voient avec les récentes décisions que le chemin restera long et difficile pour inquiéter le géant britannique LCH Limited.

Par Yann Balliet et Rémi Joffre, consultants du Groupe Square

 

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Brexit : convaincre les entreprises de choisir la France

Les Echos – 7 septembre 2018 :

Avec le Brexit, plusieurs entreprises basées au Royaume-Uni songent à quitter Londres. La France doit envoyer un signal fort aux multinationales en partance pour les convaincre de s’y installer.

Alors que les négociations sur le Brexit se présentent longues et difficiles, Michel Barnier a annoncé que le Royaume-Uni quittera définitivement l’Union européenne le 29 mars 2019. Dans ce contexte, des annonces de délocalisations d’entreprises basées à Londres vers d’autres pays européens ont déjà été faites. C’est le cas de la banque HSBC, qui a indiqué déplacer 1.000 emplois de Londres à Paris. Ces derniers éléments vont impacter le marché de l’immobilier d’entreprise en Europe et notamment en France où le Brexit peut apparaître profitable pour attirer les investisseurs.

En parallèle de l’annonce de la banque HSBC qui a choisi de renforcer sa présence en France, d’autres établissements financiers étudient sérieusement l’opportunité d’établir certaines de leurs activités à Paris. C’est le cas de la puissante banque d’affaire américaine Goldman Sachs , dont le CEO, Lloyd Blankfein, a indiqué dans un tweet en novembre dernier avoir été conquis par « l’énergie positive » de la ville. La capitale française a d’ailleurs été préférée à Dublin pour accueillir l’Autorité bancaire européenne, qui a dû quitter Londres pour cause de Brexit.

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A l’heure du brexit, l’élargissement continue

Le Royaume-Uni devrait initier prochainement les négociations de ses modalités de sortie de l’Union Européenne. La chef de l’état britannique a annoncé qu’elle souhaitait débuter le processus de sortie fin mars 2017.

Cette actualité et ses conséquences négatives sur l’image de l’UE feraient presque oublier que la construction européenne se poursuit au travers d’un élargissement potentiel.

En effet, à l’heure des négociations de sortie britanniques, 6 pays sont toujours officiellement candidats à l’entrée dans l’UE. Si l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, et la Macédoine n’ont pas commencé les négociations, la Turquie, le Monténégro et la Serbie négocient leurs conditions d’entrée depuis respectivement 2005, 2012 et 2014.

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Renforcer le lobbying européen

Les Echos – 27 avril 2017 :

À l’heure du Brexit et du Trumpisme, l’Europe et ses banques doivent protéger leurs intérêts dans les discussions avec le Comité de Bâle.

Depuis presque 10 ans, après une des plus grosses crises financières mondiales, les réformes réglementaires se succèdent à un rythme effréné et semblent commencer à porter leurs fruits. D’un revers de main, Monsieur Trump pense tout balayer. À l’heure où le cadre réglementaire de demain s’écrit, l’Europe se trouve face à ses responsabilités et doit apprendre à défendre ses intérêts.

Depuis novembre 2011, le FSB, Financial Stability Board, livre chaque année la liste des grandes banques systémiques. Il s’agit des célèbres banques « too big to fail », trop grosses pour tomber. Autrement dit, la faillite d’une de ses banques mettrait à mal le système bancaire international, mais également l’économie mondiale. Suite à la chute de Lehman Brothers et preuve à l’appui que leur taille n’est pas un rempart contre la faillite, elles doivent en réalité être d’autant plus surveillées. Dans la dernière liste publiée en novembre 2016 par le FSB, sur les 30 banques systémiques, dix sont américaines, 13 européennes et 7 asiatiques. À eux deux, l’Europe et les États-Unis représentent trois quarts du risque systémique mondial.

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Brexit : la guerre des places financières

Les Echos – 7 octobre 2016 :

Le constat unanime du Brexit est que la City de Londres va perdre en influence et en ressources. Paris et Francfort ont tout à gagner.

Le rapprochement entre les bourses de Londres et de Francfort tombe mal dans le contexte du vote britannique sur le Brexit . Voulue par les actionnaires, la fusion de Deutsch Börse et du London Stock Exchange poursuit son processus en dépit du vote britannique. Créer un leader mondial des opérations de marché est en ligne avec leur vision globalisée des marchés et l’état de la concurrence américaine et asiatique. Néanmoins, le contexte actuel renforce les opposants à cette fusion, qui y voient une concentration excessive des activités de courtage. Les autorités européennes n’ont pas encore validé l’opération .

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Le jour où l’Europe s’est libérée

Les Echos – 24 août 2016 :

La mythologie raconte qu’Europe avait été enlevée puis conduite sur une ile. Aujourd’hui, la Grande-Bretagne, qui a voté en faveur de la sortie de l’Union européenne, va-t-elle enfin la libérer ?

Le Royaume-Uni devrait-il rester membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne ? « Leave » ou « Remain » telle était la question adressée lors du referendum britannique du 23 juin dernier. Une question en apparence simple sur laquelle pourtant de nombreuses personnes, Britanniques en tête, ont longtemps hésité – les conséquences étant aussi lourdes qu’incertaines.

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Le Brexit ou l’art de faire comme avant

Les Echos – 23 août 2016 :

Aberrant, l’article 50 du Traité de Lisbonne abandonne le processus juridique de sortie de l’Union européenne au sortant. L’empressement n’est pas d’actualité : les haut-le-cœur politiques de la rupture étant passés, c’est maintenant l’heure de conserver patiemment les intérêts britanniques. L’Union européenne attendra : elle l’a voulu.

L’agenda de ces dames

Si les dirigeants des institutions européennes répètent en boucle combien le vote britannique est irréversible et le marché commun un tout non négociable, Londres et Berlin ont toutefois une lecture commune du contexte. Leurs économies sont très liées et leurs agendas politiques internes les poussent à une communauté d’intérêts. Theresa May va matérialiser le rêve des « Brexiters », mais elle hérite d’un Royaume-Uni en recomposition politique et dont la souveraineté économique est incertaine.

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Brexit ou le commencement de la fin de l’Europe ?

Les Echos – 21 août 2016 :

La date du 23 juin 2016 restera gravée dans l’histoire de la Grande-Bretagne qui va de nouveau voler de ses propres ailes. De bon ou de mauvais augure, il est vrai que cette nouvelle a fait bouger les marchés financiers durant les jours qui ont suivi : la bourse de Tokyo a fermé en baisse de 8 % et la bourse de Paris a ouvert en baisse de 7,5 %. Quid de la réaction des marchés américains ?

Cette nouvelle remet également en cause le modèle de l’Union européenne qui en est fragilisé. L’UE perd un de ses pays fondateurs, une puissance économique majeure.

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L’Union des marchés de capitaux n’a pas le vent en poupe

Les Echos – 22 juillet 2016 :

La sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni, acteur très influençant au sein de l’Europe en raison notamment de sa place financière dominante à la City, remet en question le projet d’Union des marchés de Capitaux (UMC), dont le porteur et ancien commissaire européen aux Services financiers, Jonathan Hill a donné sa démission en juin dernier.

Le projet, adopté à l’automne dernier, s’inscrit dans une démarche de déréglementation financière et affiche un objectif ferme : relancer la croissance et les créations d’emplois en manque de dynamisme depuis la dernière crise financière.

Pour atteindre ce but, la commission européenne prévoit de renforcer l’intégration financière et de favoriser l’investissement ainsi que la libre circulation des capitaux en formant un marché unique en Europe. Plus concrètement, par extension à l’Union bancaire européenne, il s’agit principalement de permettre aux PME de se financer par des canaux non bancaires et de relancer la titrisation dans un cadre européen réglementé et uniforme.

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Les nouveaux jeux de pouvoirs politiques et financiers aux lendemains du Brexit

Les Echos : le 30 juin 2016 :

Après des siècles passés à unifier les pays composant le Royaume-Uni, et des siècles passés à former des alliances politiques, commerciales et financières avec ses voisins directs, jusqu’à intégrer l’Union européenne (UE), une part du Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles) vient de décider de tourner la page.

Mais alors que le référendum est à peine sorti, et que les cendres de l’UE sont encore chaudes, de nouveaux accords commerciaux, économiques et financiers s’organisent déjà, pour prendre le pouvoir qui sera laissé derrière. Comment peuvent se décliner ces nouveaux jeux de pouvoir ?