Risque de crédit : la gestion du Covid-19, un paramètre de plus.

Le Courrier Financier – le 23 juillet 2020 :

La crise sanitaire du coronavirus a ébranlé l’économie mondiale. Quel impact pour le risque de crédit ? Comment les banques doivent-elles adapter leur gestion ? Les explications de Coralie Nicollet, Project Manager pour le cabinet Square.

La crise du Covid-19 met le risque de crédit sous surveillance alors que toute la filière était déjà dans le collimateur du régulateur. En effet, le Covid-19 plonge de nombreux particuliers ou entreprises dans des situations de risque d’impayés que les organismes de crédit devront gérer.

L’augmentation du nombre d’impayés arrive à un moment délicat. Depuis 2008 et la crise des subprimes, les demandes prudentielles et réglementaires de la European Banking Authority (EBA) se sont renforcées autour de la gestion du risque de crédit, et un certain nombre d’entre elles arrivent à échéance entre 2020 et 2021.

Covid-19 : le bouleversement des plans de continuité d’activité.

Economie matin – le 26 juin 2020 :

L’annonce du confinement a chamboulé le fonctionnement des entreprises du secteur bancaire du jour en lendemain. Même si celles-ci ont pour obligation de disposer d’un plan d’urgence et de poursuite des activités (PUPA)1 , il est clair que ces derniers ne prévoyaient pas une crise sanitaire d’une telle ampleur.

En effet, la distanciation sociale, le degré de contagiosité du virus, le confinement, les salariés devant s’occuper de leurs enfants, les services durement touchés par le virus, sont des situations qui ne semblaient pas prises en compte par les PUPA déjà établis. Des mesures d’urgence distinctes des PUPA ont donc dû être prises rapidement pour faire face à cette crise. Il ne fait nul doute que les prochains PUPA s’enrichiront des leçons tirées de cette situation inédite.

COVID-19 : Les habitudes de consommation des français bousculées par la crise.

LSA – le 25 juin 2020 :

Pendant les huit semaines de confinement, les Français se sont constitué une épargne de précaution de près de 55 milliards d’euros, selon OFCE. Cette épargne de précaution met ainsi en lumière leurs inquiétudes face à cette crise sanitaire inédite du Covid-19. Explications d’Aurélie Lopez, consultante chez Square.

Un retour attendu de la consommation française ralentie par des mesures sanitaires contraignantes.

Le confinement imposé par le Gouvernement afin d’endiguer cette pandémie a considérablement impacté l’économie française. Le déficit envisagé à la date du 11 mai, début du déconfinement, est en effet estimé à 5 points du PIB annuel en France. Dans l’hypothèse où le montant de cette épargne de précaution accumulée serait dépensé à la sortie de ce déconfinement, la perte annuelle d’activité ne serait alors plus que de 2 points de PIB, au lieu de 5 points.

Même si cette dernière pourrait représenter un levier de réduction du coût de cette crise sur l’économie française, « l’épargne accumulée pourrait ne pas être consommée complètement et rapidement », toujours selon l’OFCE.

Covid-19 : Accélérateur du financement participatif ?

Next Finance – le 15 juin 2020 :

Si la crise économique se profilant pourrait constituer une menace pour le secteur du financement participatif, elle peut aussi être vecteur d’un changement de dimension et le rendre incontournable dans le paysage du financement de l’économie. L’analyse de Morgan Teisset et Matthieu Neige du groupe Square.

Dans la nuit du 22 au 23 avril, le Sénat a adopté un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2020 autorisant les intermédiaires en financement participatif (IFP) à distribuer des prêts garantis par l’état (PGE). Les 300 milliards d’euros, initialement réservés aux banques, pourront ainsi profiter aux PME via l’activité de crowdlending – mécanisme d’octroi de prêts financés par la foule – et ainsi compléter les dispositifs des banques, actuellement sous tension, comme l’atteste l’annonce du groupe BPCE qui vient tout juste de déclarer sa 100 000 ème demande de PGE en à peine un mois.

Prêter de l’argent contre rémunération est une activité « veille comme le monde », néanmoins cette manière de le faire est particulièrement novatrice dans la mesure où ce n’est plus une banque qui prête grâce aux dépôts de ses clients, mais bien les clients euxmêmes qui iront directement prêter à des PME en assumant en contrepartie la prise de risque portée classiquement par le prêt bancaire.

Coronavirus : la théorie des graphes pour organiser le retour dans les salles de classe.

Economie Matin – le 02 juin 2020 :

Comme indiqué par le Premier Ministre, Edouard Philippe, lors de son allocution du 28 avril, la réouverture des classes se fera progressivement pour les quelques 12 millions d’élèves français, et ce à partir du 12 mai prochain. Ces mesures, bien que nécessaires, demanderont une organisation conséquente et très complexe, afin d’assurer à la fois la santé des protagonistes, mais également un suivi optimal des enseignements.
Le gouvernement a d’ailleurs fait parvenir aux directeurs d’établissement 63 pages d’un protocole sanitaire à suivre, et ce uniquement sur des aspects sanitaires, il n’y est pas fait mention de la réalité d’occuper ou de laisser jouer les enfants dans les cours de récréation, ni du suivi ou rattrapage du programme scolaire avant fin juin.

Afin de croiser toutes ces informations, les directeurs d’établissements se transforment à leur tour en vrais Data Scientist ! L’usage de la data est de plus en plus fréquent durant cette période de crise, et peut s’avérer très utile au travers de nombreuses applications. Pour répondre au défi d’organisation des établissements scolaires, la théorie des graphes pourrait-elle leur venir en aide ?

Lutte contre la fraude et protection des données : un dilemme pour l’Etat ?

Journal du Net – le 15 mai 2020 :

L’article 154 du projet de loi de finances de 2020 autorise les administrations fiscales et douanières à collecter nos données personnelles disponibles sur internet, et à les exploiter dans le but d’identifier des fraudes. Promulguée en décembre 2019, c’est une première pour la France, où la sécurité des données a toujours été une priorité.

Cette lutte est un sujet sur lequel investit l’Etat depuis 2014, notamment avec l’embauche de data scientists, pour croiser de nouvelles sources de données, mieux exploiter les informations mises à disposition et de mieux appréhender des données toujours plus volumineuses. L’an dernier, dix milliards d’euros ont été récupérés par l’Etat grâce à ces équipes, l’enjeu est donc considérable. On peut donc se demander si la priorisation de cette lutte se fera-t-elle au détriment de notre vie privée sur les réseaux sociaux ? Que ce soit la montre que l’on vend sur Leboncoin, la photo de notre bolide sur Instagram… Devrons-nous justifier toutes ces publications auprès de l’Etat pour ne pas être perçu comme un fraudeur ?

Données massives et réglementation actuelle

Après les multiples scandales qui ont éclatés au sujet de l’exploitation de nos données personnelles, à l’instar de l’affaire Cambridge Analytica, nous savons que de grands acteurs les utilisent. Et ce avec notre accord qu’ils obtiennent par les conditions d’utilisation : ils peuvent ainsi conserver certaines de nos données personnelles et tout ce que nous communiquons chaque jour. En effet, chaque “Like” ou “Partage” d’une publication de nos influenceurs préférés est une source d’informations sur nous-même, récupérée et analysée par les sites pour nous cibler.

La nécessité d’un « après » mondialisé.

Les Echos – le 14 mai 2020 :

En 1996 l’économiste américain prix Nobel d’économie Paul Krugman publiait un ouvrage intitulé «La mondialisation n’est pas coupable : vertus et limites du libre-échange». Déjà, à cette époque, l’économiste affirmait que le libre-échange n’était pas responsable de tous les maux des économies occidentales, à savoir le chômage de masse et la désindustrialisation.

Vingt-quatre ans plus tard, l’émergence de la crise sanitaire actuelle fait de la mondialisation le bouc émissaire idéal. Pour l’historien Franck Snowden, la Covid-19 est «la grande maladie de la mondialisation. Un virus peut être à Jakarta le matin et le soir avec vous à Paris».

Le ralentissement des échanges mondiaux aura des impacts pour tous les pays. Nous voyons déjà apparaître des risques de pénurie alimentaires pour les pays en voie de développement. De même la chute des échanges commerciaux entraînera le déclassement social de millions de travailleurs issus de la classe moyenne dans le monde. Et contrairement aux idées reçues, la Chine, symbole de la mondialisation, subira au même titre que les puissances occidentales, les répercussions de la crise due au nouveau coronavirus.

Crise du Covid 19 : une aubaine pour les financiers ?

Le Courrier Financer – le 12 mai 2020 :

La pandémie de coronavirus provoque secousses et volatilité en bourse. Quelles répercutions cet épisode va-t-il avoir sur les investissements à moyen terme ? Comment saisir les opportunités à venir ? Plus d’explications avec Delphine Citré, consultante senior chez Groupe Square.

De l’essor de l’épidémie de Covid-19 en Chine, aux dates fatidiques d’annonces de confinement, ou de mesures sanitaires exceptionnelles des gouvernements ayant entraîné un arrêt brutal des économies du monde entier, les bourses internationales se sont brusquement effondrées les unes après les autres.

Or c’est bien souvent dans ces épisodes de secousses et de volatilités boursières que nous assistons à une multiplication des mouvements sur les marchés. Un intérêt croissant est né, notamment chez les particuliers, qui veulent profiter d’un effet d’aubaine et spéculent sur une prochaine reprise de la bourse.

COVID-19 : DSK livre son analyse !

Economie matin – le 12 mai 2020 :

Crise économique, conséquences politiques, géopolitique et défi climatique, Dominique Strauss-Kahn rompt le silence et livre aux colonnes de Politique Internationale sa longue analyse des enjeux présents et à venir de la crise COVID-19.

« Cette récession ne ressemble que très partiellement à celles que nous avons connues parce qu’elle mêle un choc sur l’offre et un autre sur la demande ». Récession : le terme est posé. Dès les premières lignes, l’ancien patron du FMI esquisse les traits d’une situation selon lui « exceptionnelle et si dangereuse ». L’exceptionnelle dangerosité de la situation prend essor dans la « simultanéité des chocs d’offre et de demande », engendrant des millions de pertes d’emplois d’Américains et d’Européens.

La solidité des banques à l’épreuve de la solidarité bancaire.

Finyear – le 07 mai 2020 :

Contrairement à la crise économique de 2008, où les banques avaient bénéficié d’un plan de sauvetage de la part des États et des aides de la BCE, elles sont à leur tour pleinement mobilisées pour soutenir les entreprises face à la crise sanitaire du Covid-19. Ce qui n’est pas sans risque pour leur solvabilité et leur rentabilité. Pour accompagner cette mobilisation, plusieurs assouplissements réglementaires ont été accordés par la BCE. En échange, cette dernière a demandé aux banques de suspendre le versement de leurs dividendes « au moins jusqu’en octobre 2020 ».

Le 2 Avril 2020, toutes les grandes banques françaises acceptaient cette condition, alors que nous nous dirigions vers une année record de versement de dividendes. Si les banques ont souhaité répondre favorablement à cet appel, c’est pour jouer leur rôle d’intermédiation financière en soutenant dans un premier temps la trésorerie des acteurs économiques et éviter ainsi un effet domino entrainant tour à tour défaillances d’entreprises, licenciements et chômage massif. C’est aussi l’occasion pour elles de redorer leur blason auprès du grand public, blason terni par les précédentes crises financières et cible systématique de la vox populi lors des débordements de manifestations des Gilets Jaunes.