En filigrane de la crise sanitaire inédite, des certitudes idéologiques remises en cause.

Economie Matin – le 3 août 2020 :

S’il est certain que nos vies quotidiennes seront impactées durablement par cette crise, sur les plans politique et économique des changements sont également d’ores et déjà perceptibles. S’agit-il simplement d’effets de bord issus d’une gestion de crise inédite ou bien assistons-nous à une remise en cause de certains paradigmes perçus jusque-là comme inébranlables ? Comme en écho aux cours d’économie de première et de terminale, la crise du covid-19 vient nous interpeler sur le rôle de l’Etat en tant que garant de la sécurité et du bien-être de la Nation.

L’Etat en tant que « sauveur de la Nation » ?

Si plusieurs gouvernements ont vu leur gestion de la crise louée par les médias internationaux d’autres, au contraire ont subi un feu nourri de critiques dès les premières semaines. Largement médiatisées, les pénuries d’équipements médicaux et l’impréparation face à l’épidémie ont de fait placé l’Etat au centre de l’attention médiatique. Si après la crise financière de 2008 les Etats se sont démenés pour apporter des solutions économiques – voire politiques – a posteriori, la crise sanitaire de 2020 a, elle, propulsé les Etats comme acteurs en temps réel, au cœur de l’action. Des Etats dont on attend une forte réactivité, dans un contexte où la crise sanitaire de départ s’est rapidement muée en une crise protéiforme.

Covid-19 : Accélérateur du financement participatif ?

Next Finance – le 15 juin 2020 :

Si la crise économique se profilant pourrait constituer une menace pour le secteur du financement participatif, elle peut aussi être vecteur d’un changement de dimension et le rendre incontournable dans le paysage du financement de l’économie. L’analyse de Morgan Teisset et Matthieu Neige du groupe Square.

Dans la nuit du 22 au 23 avril, le Sénat a adopté un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2020 autorisant les intermédiaires en financement participatif (IFP) à distribuer des prêts garantis par l’état (PGE). Les 300 milliards d’euros, initialement réservés aux banques, pourront ainsi profiter aux PME via l’activité de crowdlending – mécanisme d’octroi de prêts financés par la foule – et ainsi compléter les dispositifs des banques, actuellement sous tension, comme l’atteste l’annonce du groupe BPCE qui vient tout juste de déclarer sa 100 000 ème demande de PGE en à peine un mois.

Prêter de l’argent contre rémunération est une activité « veille comme le monde », néanmoins cette manière de le faire est particulièrement novatrice dans la mesure où ce n’est plus une banque qui prête grâce aux dépôts de ses clients, mais bien les clients euxmêmes qui iront directement prêter à des PME en assumant en contrepartie la prise de risque portée classiquement par le prêt bancaire.

Le Nouvel Eurocroissance : l’avenir de l’assurance-vie ?

Riskassur – le 29 avril 2020 :

14,9% au troisième trimestre 2019 ? C’est le taux d’épargne des Français, l’un des plus élevés d’Europe. Parmi les produits d’épargne les plus plébiscités, l’assurance-vie reste le placement favori des Français avec 145 mds€ de cotisations versées en 2019, dont 73% sur les fonds Euros, offrant aux épargnants une garantie en capital. Pourtant, les rendements sur les fonds Euros s’érodent depuis des années : avec des rendements nets annuels passés de plus de 3% en 2011 à 1,8% en 2018, les fonds Euros sont de moins en moins attractifs.

Autrefois vache à lait des assureurs, l’assurance-vie en Euros représente aujourd’hui un coût pour ces mêmes assureurs. Ces fonds Euros sont investis majoritairement dans des obligations d’État qui ne rapportent plus autant qu’avant et ils doivent garantir aux assurés le capital, ce qui a un coût sur leur ratio de solvabilité.

Salle de sport, un modèle qui arrive à saturation et s’essouffle, quels vecteurs de croissance privilégier ?

Sport stratégie hebdo – Semaine du 21 octobre :

 

En France, comme dans beaucoup de pays développés, le bien être devient central pour la majorité des personnes. Celui-ci passe par différents aspects de la vie quotidienne comme avoir une meilleure alimentation, pratiquer une activité sportive ou bien s’assurer de maintenir un bon équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Cet attachement se traduit par des nouvelles habitudes de consommation qui serviront le but ultime d’être en bonne santé pour certains ou bien d’atteindre les critères de beautés à la mode : « fit is the new sexy ».
Ainsi donc les Français, et les Européens se rendent de plus en plus à la salle de sport et incluent la pratique du fitness dans leur quotidien.

Le marché du fitness

Cette demande de bien-être contribue à la croissance des salles de sports. Ainsi, depuis une décennie, le marché connait une croissance continue et représente 27,2 milliards d’Euros en Europe en 2018 dont 2,5 milliards pour la France. Des centaines de salles ouvrent chaque année en France. En 2018 nous avions 4 370 clubs de sports (+ 4 % vs 2017) et 5,96 millions d’adhérents, soit une augmentation de 4,4 % vs 2017.
Mais nous voyons aussi que le prix de l’abonnement mensuel moyen recule : 39€ en 2018, contre 40€ en 2017. Le marché n’est plus en forte croissance, et a atteint son pic selon certains experts du marché. En conséquence les salles devront adapter leur modèle pour garder leurs membres et maintenir ou bien augmenter leurs revenus car la consommation des Français pour leur bien être continue de présenter de belles opportunités. Avec un budget de 2 500 € par an, dont seuls 38 % sont alloués à la salle de sport, ces dernières peuvent espérer augmenter cette part. En conséquence elles ont un réel intérêt à être attentives aux critères de sélection de leurs cibles tels que : l’emplacement, les horaires, le nombre d’adhérents et le type de clientèle, les services disponibles, les matériels, l’hygiène de la salle et les extras qui y seront proposés.

BOURSE 2019 : L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS ?

Economie Matin – le 23 mai 2019 :

Après un mois de décembre très difficile sur les marchés, le début d’année 2019 a pris tout le monde à contrepied. Mais cette euphorie pourrait être de courte durée au vu de plusieurs évènements prévus dans le calendrier. Le premier politique, avec l’arrivée de plusieurs échéances dont les législatives européennes, municipales en Allemagne et régionales en Italie. Le second économique, avec un risque de baisse de la croissance au niveau mondial.

Une montée des populismes et des mouvements nationalistes en Europe

En mai 2019 les élections européennes présenteront un risque politique important. On assiste à travers l’Europe à une montée des populismes ainsi que des mouvements nationalistes : en Bavière où la CSU, alliée d’Angela Merkel, a essuyé un revers historique dans une élection régionale, en Italie le gouvernement actuel est composé d’une alliance improbable entre extrême gauche et extrême droite, en Hongrie avec la réélection de Viktor Orbán proche du Parti Populaire Européen, en France ou les sondages indiquent que le Rassemblement National, parti de Marine Le Pen, obtiendrait près de 24% des voix au premier tour du scrutin, contre 18% pour la majorité présidentielle.

The road to a greener finance?

Agefi – Mai 2019 :

After twenty years of building a legislative framework to enhance the stability of the financial sector, regulators are not willing to let go of the pressure. Now that the European and national authorities have been granted the necessary powers to shape the financial landscape, regulators are looking beyond crisis prevention:the next regulation aims to fuel change for a greener society.

The Action Plan for Financing Sustainable Growth

In March 2018, the European Commission published the Action Plan for financing sustainable growth. It details future legislative work to steer the financial sector towards the COP 21 goals set by the Paris Accords in 2015. To meet these targets in greenhouse gas emission cuts, renewable energy and energy savings, the financing gap is estimated to 270 Bln per year, in addition to current investment level(1). The plan aims to reorientate investment flows towards these sustainable development needs, improve sustainability in risk management, and increase transparency and long-termism in corporate governance.

First, the commission will introduce a taxonomy, labels and standards to help investors identify financial products that support sustainable targets. The plan also includes a list of amendments to current regulations: Benchmark and Credit Rating Agency regulations, IDD and MiFID II. This will impact benchmark and index providers, financial advisory, Credit rating agencies, institutional investors and asset managers, who will have to take into consideration ESG factors in their methodology and decision processes. Finally, the action plan aims to foster long-term strategies in corporate governance, by improving non-financial information in corporate reporting and including environmental considerations in the prudential framework. It will also take a critical approach to new accounting standards whether these have a positive or negative impact on environment.

Croissance économique : se garder de tout triomphalisme

Les Echos – 29 mars 2018 :

La croissance du PIB en 2017 atteint 2 %, selon l’Insee. Faut-il s’en réjouir ? Non, car elle repose sur des bases fragiles.

Depuis 2008, cela faisait quasiment une décennie que nous traversions un désert de croissance. Si on en croit notre gouvernement, plusieurs indicateurs conjoncturels sont au vert et nous nous dirigeons vers une période plus «faste». Avant de nous jeter à corps perdu dans ce sentiment d’optimisme, nous devons y regarder d’un peu plus près.

Les chiffres de l’Insee de la croissance 2017 (+2 %) allant même au-delà des prévisions s’expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, la croissance française est tirée par un dynamisme mondial de toutes les économies : zone euro, Etats-Unis, mais aussi Japon et pays émergents.