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Areva : l’État sans courage

L’Express  – 25 mai 2016 :

Croissance incontrôlée, scandale UraMin, diversifications hasardeuses… Tout s’est passé comme si l’actionnaire de référence du groupe nucléaire n’avait jamais réussi à faire entendre sa voix auprès de ses dirigeants.

Et dire qu’en 2005, lorsqu’il est arrivé à la tête du groupe nucléaire russe Rosatom, Sergueï Kirienko rêvait de ressembler au leader incontesté du secteur, un certain Areva… Aujourd’hui, Rosatom rayonne sur la planète nucléaire. Ses réacteurs n’ont rien à envier à ses homologues occidentaux, il en construit même une trentaine dans le monde. A l’inverse, le fabricant français vit les heures les plus sombres de son histoire : pertes abyssales, projet industriel à la dérive (Finlande), scandales financiers (UraMin)…

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Projet d’EPR au Royaume-Uni: Pourquoi le gouvernement pousse-t-il autant EDF ?

20 minutes – 30 mars 2016 :

Le gouvernement a annoncé que la décision finale d’EDF concernant la construction de deux EPR en Angleterre serait prise début mai…

EDF réunit ce mercredi son conseil d’administration et la rencontre s’annonce électrique. Les administrateurs doivent discuter investissements alors que l’entreprise est au plus mal : en 2015, son bénéfice net a été divisé par trois, son endettement a pulvérisé des records et elle s’est même fait éjecter du CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris.

2016 ne commence pas mieux : Thomas Piquemal, le directeur financier du groupe,a claqué la porte début mars. Pour une raison simple : la santé d’EDF est, selon lui, trop fragile pour qu’elle se lance dans le projet d’Hinkley Point, c’est-à-dire dans la construction de deux réacteurs EPR en Angleterre. Piquemal aurait à tout le moins souhaité que l’Etat, qui détient près de 85 % d’EDF, renforce son soutien financier alors que ce chantier est évalué à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros).

« Ces EPR créeront des emplois en France »

Cet engagement lui paraissait d’autant plus légitime que l’exécutif pousse EDF à réaliser ce projet. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, ne cesse de vanter « la qualité de cet investissement », tout comme le président François Hollande.

Pourquoi une telle ferveur ? « Le gouvernement pense déjà aux retombées de ce futur contrat en termes de prestige et de communication : il pourra se targuer de pérenniser la filière électronucléaire française en lui trouvant de nouveaux débouchés à l’export », répond Eric Bonnel, directeur associé du groupe de conseil en stratégie Square. « Même si ces EPR seront construits en Angleterre, ils créeront des emplois en France », renchérit François Lévêque, professeur d’économie à Mines ParisTech et auteur de Nucléaire On/Off – Analyse économique d’un pari (éditions Dunod).

Pour Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières à l’Université Paris Dauphine, « le projet britannique est celui qui est censé rétablir la crédibilité de l’EPR alors que ce type de réacteur a été mis à mal par les chantiers de Flamanville et de Finlande ».

Mais l’expert prévient : « L’État doit bien apprécier le risque qu’EDF se trouve déstabilisé par ce projet et garder à l’esprit que nous ne sommes plus au XXe siècle : les Etats européens disposent d’une capacité limitée à soutenir leurs champions nationaux face à des difficultés sérieuses. »

Pour l’instant, si le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait recapitaliser EDF, il a pris un seul engagement véritable, celui de percevoir ses dividendes 2015 sous forme d’actions plutôt qu’en cash. Ce qui est loin d’être suffisant d’après Eric Bonnel : « Il faut voir à quel point l’Etat pompe habituellement les dividendes d’EDF – même les fonds d’investissement n’en prélèveraient pas autant ! Le gouvernement met vraiment l’entreprise en péril, d’autant plus qu’il l’empêche d’augmenter ses tarifs réglementés ».

Et si le projet coulait EDF ?

Dans ces conditions, EDF devrait-elle renoncer au projet d’Hinkley Point ? « Si elle construit ces EPR en respectant le calendrier et le budget, l’investissement sera rentable puisque les Anglais se sont engagés à acheter l’électricité produite au même prix pendant 35 ans, et ceci même lorsque le prix sur la bourse de l’électricité serait deux ou trois fois inférieur », répond François Lévêque. Mais « si le chantier prend deux ou trois ans de retard, la rentabilité sera tuée », complète Eric Bonnel.

Le passé est pour l’instant peu éclairant : seuls trois projets d’EPR ont été menés dans le monde. « A Flamanville et en Finlande, les délais et les coûts ont été explosés, mais pas en Chine », résume Eric Bonnel, avant d’ajouter : « En Angleterre, EDF est censée installer 1.600 MWh en 72 mois. Le délai est court, mais souvenons-nous du réacteur de 1.200 MWh que l’entreprise était parvenue à construire en 48 mois seulement. Le problème, c’est que c’était en 1990 et qu’une génération de salariés est depuis partie à la retraite… EDF a perdu en compétences ».

Et les investisseurs doutent. EDF a réussi à convaincre un seul partenaire – le Chinois CGN – et elle se retrouve à devoir financer seule les deux tiers du projet. Les syndicats s’inquiètent : et si le projet d’Hinkley Point finissait par tuer EDF comme les EPR finlandais ont eu la peau d’Areva ?

Les experts plaident pour un statut quo d’au moins six mois, le temps de retravailler le financement et de laisser passer le référendum britannique sur le « Brexit », prévu le 23 juin. « Si le Royaume-Uni venait à sortir de l’UE et à dévaluer sa monnaie, le projet se transformerait en gouffre financier pour EDF », avertit Eric Bonnel.

Mais du temps, EDF n’en aura pas : le projet d’Hinkley Point est au menu du conseil d’administration de ce mercredi et le gouvernement assure que la décision finale sera prise début mai. « J’ai l’impression qu’il veut aller vite pour avoir une belle publicité à nous vendre avant la présidentielle », se désole Eric Bonnel.

— Céline Boff

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Quel avenir la France doit-elle donner à son industrie nucléaire ?

20 minutes – 3 juin 2015 :

C’est un nouveau casse-tête pour l’exécutif. Mercredi, le président François Hollande et plusieurs de ses ministres se sont réunis à l’Elysée pour discuter de l’avenir d’Areva. Et du devenir de l’ensemble de la filière nucléaire française. Car les déboires rencontrés par Areva, détenue à 87 % par l’Etat, ne sont pas le propre de cet ex-fleuron.

Certes, les mauvais investissements et les rachats hasardeux, à commencer par celui de la société Uramin, pèsent lourds dans les résultats du groupe, qui a perdu l’an dernier plus de 4,8 milliards d’euros. Mais Areva est surtout plombée par la construction qui n’en finit plus de son EPR en Finlande. Et elle n’est pas la seule. EDF, l’autre spécialiste tricolore de la conception de réacteurs nucléaires, ne parvient pas non plus à boucler son EPR à Flamanville (Manche).

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Quelle place pour Areva dans le nouveau paradigme énergétique mondial ?

L’USINE NOUVELLE – 6 mai 2015 :

Eric BonnelEric Bonnel, directeur associé de Square, juge qu’Areva n’est pas la seule société du secteur énergétique à avoir mal anticipé les grandes évolutions du secteur. Dans cette tribune il explique pourquoi, selon lui, la société a une place à prendre en matière de formation et d’optimisation du parc existant.

Le marché de l’énergie a absorbé ces dernières années un immense choc de demande, qui a mis sous très forte pression les producteurs d’énergie d’une part, en les contraignant à réaliser des investissements importants, et les consommateurs d’autre part en augmentant les prix de l’énergie de manière substantielle.

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Areva: céder les réacteurs, une solution ou le début de la fin ?

L’OBS – 4 avril 2015 :

Areva envisage de céder son activité réacteurs à EDF, une option radicale à la mesure des défis financiers du groupe français, mais qui amputerait d’un de ses piliers majeurs le seul acteur intégré dans l’ensemble du cycle de l’énergie nucléaire.

Ce serait « la première étape d’un démantèlement complet » du groupe, estime même Matthieu Courtecuisse, DG du cabinet de conseil Sia Partners, tandis que d’autres jugent au contraire qu’un Areva ainsi recentré sur le « cycle énergétique » (extraction du minerai d’uranium, enrichissement et commercialisation du combustible et traitement des déchets) serait plus efficace.

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Areva : comment en est-on arrivé là ?

La Tribune – 13 mars 2015 :

La chute d’Areva s’explique largement par l’aveuglement de ses anciens dirigeants -Anne Lauvergeon- qui ont voulu investir à tout prix dans la construction de réacteurs nucléaires, alors que l’entreprise était leader dans les services. Par Eric Bonnel, associé au sein de Square.

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Areva a les cartes en main pour s’en sortir

Décideurs – 16 mars 2015 :

Après les pertes considérables enregistrées en 2014, le pronostic vital du spécialiste du nucléaire est engagé. Quatre difficultés majeures émergent… qui sont autant d’opportunités.

Avec 4,8 milliards d’euros de pertes nettes et un chiffre d’affaires en baisse de 7,2 %, Areva est dos au mur. Contraint de déprécier ses chantiers et ses mines, sa rentabilité est en chute libre. Comment le fleuron français du nucléaire en est-il arrivé là ? Le contexte post-Fukushima, le marché déclinant de l’uranium, des décisions stratégiques hasardeuses tout comme le rôle ambigu de l’État actionnaire expliquent en partie la délicate situation dans la quelle se trouve le géant. Pourtant, une lueur d’espoir subsiste. Si Areva s’emploie prochainement à proposer les bonnes solutions, chacune de ses difficultés pourraient tourner à son avantage. Explications.

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« Il y a un acteur de trop dans la construction nucléaire »

Économie et société –  12 mars 2015 :

Suite à une perte record de 4,8 milliards d’euros en 2014, Areva a annoncé un programme d’économies d’un milliard d’euros à l’horizon 2017, d’importantes cessions et un recentrage de ses activités. Le groupe nucléaire n’a cependant prévu de répondre qu’à partir de fin juillet à la question de ses besoins en fonds propres, qui pourraient imposer des opérations financières avec EDF et d’autres partenaires. Dans ce contexte délicat, le groupe Areva se voit contraint à revoir son organisation. Entretien avec Éric Bonnel, directeur associé chez Square, société de conseil en stratégie.