Les banques à l’épreuve du Covid-19 : un test grandeur nature pour la norme IFRS 9

Riskassur – le 03 avril 2020 :

Le volet dépréciation de la norme IFRS 9 recommande un provisionnement précoce de capital afin de faire face au risque de crédit. Le régulateur impose ainsi d’estimer ce provisionnement en prenant en compte, entre autres, des données économiques prospectives (le fameux forward looking) reflétant la réalité du cycle économique. Néanmoins, depuis décembre 2019, nous faisons tous face, à commencer par la Chine, à une pandémie sans précédent dont nous constatons chaque jour les impacts néfastes sur des vies humaines, l’économie et le système financier mondial. Le cycle économique en pâtit déjà et les analystes économiques affirment que la sortie de cette crise sanitaire s’accompagnera d’une récession économique. Au regard de ces faits, peut-on légitimement s’interroger sur d’éventuels impacts du volet « dépréciation » de cette norme de nature qui serait à affaiblir les banques ?

Implémenter IFRS 17 en s’appuyant sur l’expérience d’implémentation d’IFRS 9

Riskassur – le 19 février 2020 :

L’exposé-sondage « amendements à la norme IFRS 17 » publié par l’IASB le 26 juin dernier était soumis à consultation jusqu’au 25 septembre 2019. Parmi les 10 amendements discutés, certains concernent également IFRS 9 sur les inadéquations comptables, la présentation des états financiers et la proposition de date de report au 1er janvier 2023. Ainsi, la norme IFRS 9, relative à la valorisation des actifs financiers, entrée en vigueur en janvier 2018, a été un projet complexe et structurant à mettre en œuvre pour les banques. Du côté des assurances, au vu de l’entrée en vigueur prochaine d’IFRS 17, relative à la valorisation des passifs d’assurance, et d’IFRS 9, par dérogation, dans quelle mesure peut-on capitaliser sur l’expérience d’implémentation de la norme IFRS 9 auprès des banques pour mener à bien le programme IFRS 9 et 17 ?

IFRS 9 chez les banques

Pour les banques, l’enjeu d’IFRS 9 a été la modélisation des dépréciations. En effet, la première application d’IFRS 9 s’est traduite par, en général, une baisse des capitaux propres comptables. L’impact sur les capitaux propres d’ouverture s’est expliqué principalement par la mise en œuvre de la phase II d’IFRS 9 (calcul des dépréciations selon la méthode des pertes attendues). La phase I d’IFRS 9 « Classement et Evaluation » s’est traduite quant à elle par des impacts organisationnels significatifs.

L’application d’IFRS 9 a été marquée également par des différences d’application entre établissements bancaires, notamment les mouvements et les tendances synthétisant tous les choix et les jugements impliquant par exemple l’allocation par stage ou le forward looking. Un autre paramètre impactant a été celui lié au pilotage du risque de crédit, notamment par exemple au mix d’activités ou à l’appétit au risque.

Dans ce contexte, les travaux menés dans le cadre de l’implémentation d’IFRS 9 ont porté aussi bien sur la phase I que la phase II, sur des analyses d’impact, la mise en place de la stratégie d’accompagnement, la formalisation de la documentation et l’animation de formation, et l’accompagnement au déploiement. Sur des aspects métiers, ils ont consisté à réaliser l’inventaire des traitements comptables sous IAS 39, identifier et prioriser l’ensemble des points normatifs requis sous IFRS 9, déterminer les schémas comptables correspondant, et d’élaborer les états financiers conformes à la norme. D’un point de vue informatique, des modèles cibles ont été définis et évalués selon des critères de performance, de qualité et de risques, et selon l’effort d’implémentation. Au niveau organisationnel, ce projet a été l’occasion également de faire évoluer le processus de provisionnement dans son ensemble.